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III. DE LA PONCTUATION DANS LES DIPLÔMES

« Les intervalles en blanc sont très-rares dans le texte des chartes de Ra- «venne du vr siècle, disent les Bénédictins , et ceux qu'on y rencontre sont peu «sensibles. Nos diplômes mérovingiens laissent ordinairement un espace blanc centre lesmots ou les syllabes de la premiéreligne, des dates et de la souscrip- «tion du Roi. Il y a plus : ces espaces y paraissent quelquefois dans les endroits «où la phrase finit et après les abréviations. L'usage de laisser des vides pour «tenir lieu de points durait encore en 814, comme nous l'avons observé dans «la date d'un diplôme de Louis le Débonnaire. Hors ces cas, le texte des « diplômes mérovingiens est écrit tout de suite et presque sans nulle distinction «de mots. Mais, dans les chartes de Pépin le Bref, le plus souvent ils sont sépa- «rés par des vides considérables. C'est donc par pure inadvertance que «D. Mabillon a dit qu'il n'y a presque aucune distinction de mots dans l'écri- «ture des notaires jusqu'à Charlemagne. Il ne faut pas pourtant croire que « depuis cette époque tous les mots aient été distingués. Dans les diplômes de «Pépin, roi d'Aquitaine, de Charles le Simple et du roi Eudes, ils ne le sont “pas encore tous, mais plusieurs sont coupés à contre-temps. En 931, on ne «yoit encore qu'une demi-distinction de mots dans l'écriture allongée des «chartes; mais alors la distinction parfaite se montre dans la minuscule. Elle «devient constante partout en 940 !. Ces observations sont appuyées sur un

«grand nombre de pièces originales que nous avons examinées.

«D.Mabillon prétend que la ponctuation des diplômes a été plus tardive que «celle des manuscrits. En effet, nous n'aperceyons aucun point dans les chartes «mérovingiennes, si ce n'est quelquefois après les chiffres”. Dans les plus «anciennes, on voit quelquefois des points noirs après chaque mot, mais la «couleur de l'encre prouve qu'ils ont été ajoutés postérieurement pour faciliter «la lecture du texte. Les points qui suivent les mots dans deux pièces originales,

! Cette assertion des Bénédictins ne doit pas planche XI; mais il ya également des points dans

être prise dans un sens trop absolu : les écrivains quelques-unes des souscriptions, notamment à la

voulaient en effet séparer tous les mots, mais ils

se trompaient quelquefois, ou par oubli ou par ignorance. (Voyez, par exemple, les mots anuli mei inpressione, dans le 2° fac-simile de la planche XIII, et les mots opere precium dans le 3° fac-simile de la planche suivante.)

? Le chiffre X est suivi d’un point dans la date du diplôme qui a fourni le fac-simile n° 2 de la

fin de celle d’Aectherius. Le fac-simile suivant prouve aussi que la règle posée par les Bénédictins admet quelques exceptions; en effet, plusieurs mots de la troisième ligne sont suivis de points. Il n’y a rien d’extraordinaire , d’ailleurs, à ce qu'on aitimité dans quelques actes un usage qui était depuis longtemps suivi dans un grand nombre d'inscriptions et de manuscrits.

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