CORPS ÉTRANGERS DU CONDUIT AUDITIF EXTERNE
est irrégulière , souvent intermittente : ainsi dans un cas rapporté par Yvan, un jeune homme portait depuis vingt ans un noyau de cerise dans l'oreille; l'inflammation qui en était résultée offrait, tous les mois, une recrudescence, après laquelle l'ouïe reparaissait et la suppuration s'arrêtait. Enfin, quelques-uns de ces accidents, comme nous l'avons vu, peuvent entraîner la mort.
Traitement. — De nombreux moyens ont été proposés pour extraire les corps étrangers du conduit auditif.
S'il s'agit d'un animal vivant, la fumée de tabac lancée en plusieurs bouffées dans le conduit peut en déterminer la sortie. Bérard dit avoir extrait un ver provenant de la mouche carnassière, en plaçant un morceau de viande à l'entrée de ce conduit.
S'il s'agit d'un corps inerte , l'injection d'eau tiède est le premier moyen auquel le chirurgien doit recourir. La force de ces injections doit pouvoir être graduée à volonté; il suffît habituellement d'un jet équivalent à celui que donne la pression d'une colonne d'eau de U à 5 mètres de hauteur. L'instrument dont nous donnons le dessin ci-contre remplit cette indication (voy. fig. 29). Il se compose d'une poire de caoutchouc en communication avec deux tubes dont l'un, A, est introduit dans le liquide que l'on veut injecter, et l'autre, B, dans le conduit auditif. Le jet doit être intermittent et dirigé obliquement vers la paroi supérieure du conduit.
Il est bon, après avoir poussé deux ou trois injections, d'examiner l'oreille à l'otoscope, afin de se rendre compte des déplacements opérés par le corps étranger. Si, en effet, il a été ramené à l'entrée du méat, on peut le saisir avec une petite pince.
Si les injections échouent, si le corps étranger est trop résistant, on l'extrait à l'aide de curettes, de tire-fond, de crochets, de pinces à griffes, ou mieux de la pince articulée de M. Gusco(voy. fig. 30}. Lorsqu'il s'agit d'un corps susceptible d'être gonflé par l'eau, tel qu'un haricot sec, il vaut mieux ne pas pratiquer d'injections et avoir recours simplement à une épingle recourbée en crochet et maintenue sur une pince à artères, suivant le conseil donné par M. A. Des
Fig. 29. — Injecteur de M. G. Desarènes pour l'extraction des corps étrangers.
prés. Toutefois on doit apporter, dans le maniement de ces instruments, les plus grandes précautions, et lorsqu'on y a recours, il faut
éclairer le conduit pendant les manœuvres et anestbésier le malade pour épargner la douleur et prévenir les mouvements involontaires qui pourraient gêner l'opérateur.
Enfin, si ces moyens n'amènent aucun résultat , on peut, comme le conseille Paul d'Égine, pratiquer une incision courbe derrière le pavillon de l'oreille et pénétrer par cette voie dans le conduit auditif.
Si le corps étranger est tombé dans la caisse, il suf fît encore de recourir à l'injection d'eau en débridant préalablement la membrane tympanique vers la partie postérieure. Ce moyen est préférable à celui qui consiste à pousser l'injection par la trompe d'Eustacbe, suivant le conseil donné par certains auteurs.
FiG. 30. — Pince à griffes articulée pour l'extraction des corps étrangers du conduit auditif externe.
7° Accumulation de cérumen dans le conduit auditif externe.
Étiologie. — La peau qui tapisse le conduit auditif contient dans la coucbe sous-épidermique, au milieu d'un tissu fibreux mélangé de globules de graisse, des follicules pileux, des glandes sébacées et des glandes spéciales qui sécrètent une substance mollasse, jaunâtre, comparable à de la cire brute, et que, pour cette raison, on a désignée sous le nom de cérumen (voy. fig. 31).
Celte substance, qui a été de la part de M. Pétrequin l'objet d'une étude particulière [Acad. des sciences, 1869, et Gazette médicale, 1872;, contient, à l'état normal, de l'eau (un dixième environ), un corps gras composé d'oléine et de stéarine, deux savons de potasse, dont l'un, soluble dans l'eau et l'alcool, est insoluble dans l'éther, dont l'autre, insoluble dans l'alcool et soluble dans l'eau, est formé de deux sub-