ACCUMULATION DE CÉRUMEN DANS LE CONDUIT AUDITIF EXTERNE
stances particulières, l'une soluble seulement dans l'alcool, l'autre seulement dans l'eau, et enfin une matière sèche insoluble dans l'eau, l'alcool et l'éther, renfermant de la potasse, de la chaux et une très-petite quantité de soude. La proportion de ces éléments constituants est très-variable suivant l'âge des individus : la matière soluble dans l'alcool, et qui présente toujours une certaine viscosité, peut être moindre de moitié ; en même temps la matière soluble dans l'eau peut être augmentée, et dès lors cette substance se dessèche et durcit facilement.
D'autre part, la matière sèche et insoluble peut se trouver en excès, ce qui augmente encore la consistance du cérumen.
Ces variations dans la composition des produits sécrétés et l'hypersécrétion des glandes cérumineuses sont les causes les plus fréquentes de l'accumulation du cérumen dans le conduit auditif. Cette accumulation peut aussi être favorisée par le manque de soins de propreté, par une inflammation , par une étroitesse anormale et une courbure exagérée du conduit, ou par la présence d'un corps étranger. C'est chez des personnes âgées qu'on l'observe le plus souvent.
ANATOMIE PATHOLOGIQUE. — Les
dépôts de cérumen, ou bouchons cérumineux, ne sont donc pas constitués uniquement par les produits des glandes côrumineuses ; on y trouve aussi ceux des glandes sébacées, des lambeaux épidermiques et même des poils (voy.
fig. 31). Or, la consistance, la coloration et l'aspect de ces bouchons varient suivant que prédomine tel ou tel de ces éléments. Tantôt ils sont amorphes, noirâtres et presque exclusivement composés de matières cérumineuses et sébacées; tantôt ils sont jaunâtres et formés en grande partie de lambeaux épidermiques mélangés à quelques poils. Parfois même, entre ces lamelles épidermiques, se trouve une grande quantité de cholestérine qui leur donne un aspect blanchâtre.
Fig. 31. — Couche sous-épidermique de la peau du conduit auditif.
On y voit, au milieu d'un tissu fibreux mélangé à la partie inférieure de quelques globules de graisse, l'origine de follicules pileux, des glandes sébacées et deux glandes cérumineuses. (D'après la pièce déposée par nous, en 1859, sous le n° 122, au musée Orfila.)
bk AFFECTIONS DE i/APPAREIL DE L'OUÏE.
Leur consistance est d'autant plus dure qu'ils sont plus anciens. Chez les vieillards, on les voit acquérir la dureté de la pierre. Chez les enfants, au contraire, ils ont une consistance mollasse.
Leur forme est cylindrique. Leur volume varie ; il peut être assez considérable pour obturer complètement le conduit auditif, rarement assez pour entraîner de graves désordres anatomiques, tels que la perforation du tympan, la dilatation du conduit osseux et la résorption d'une partie de ses parois.
On trouve souvent au centre de ces bouchons un corps étranger qui a déterminé une hypersécrétion des glandes cérumineuses.
Sïmptomatologie. — L'amas de cérumen, tant qu'il n'obstrue pas complètement le canal, ne détermine que des troubles peu marqués, un léger bruissement ou quelques bourdonnements dans l'oreille. Souvent même l'ouïe s'affaiblit peu à peu et finit par disparaître. Lorsque les bouchons cérumineux ont acquis un grand développement, ils peuvent donner lieu à un sentiment de plénitude dans toute l'oreille, à des sensations anormales de bruits divers, à de la dysécée, à des bourdonnements, des frottements, à une pesanteur de tête, de la céphalalgie, aux phénomènes nerveux que nous avons déjà, mentionnés ; en un mot, à tous les accidents dont nous avons parlé à propos des corps étrangers.
Diagnostic. — Les amas de cérumen se distinguent des corps étrangers par leur aspect extérieur, par les commémoratifs, l'âge avancé du malade, non moins que parce qu'ils donnent plus rarement lieu à des douleurs et à de l'inflammation.
Pronostic. — Bien que le pronostic n'offre généralement aucune gravité, il est des cas assez nombreux dans lesquels, après l'extraction du bouchon cérumineux, on n'obtient qu'une amélioration peu sensible de l'ouïe. Cela tient à ce que sa présence a déterminé une lésion des parties profondes.
Traitement. — Le traitement doit être à la fois local et général.
Le traitement local consiste en lavages et en injections faites avec l'eau tiède. Avant que MM. Pétrequin et Chevallier eussent décrit la composition exacte du cérumen, beaucoup d'auteurs avaient déjà remarqué les bons effets de l'eau tiède en injections. Toutefois un certain nombre d'entre eux conseillaient divers traitements dont la plupart ont été démontrés inefficaces et quelques-uns même dangereux. C'est ainsi qu'on a tour à tour préconisé, comme dissolvants des bouchons cérumineux, l'huile d'amandes douces, la glycérine, un mélange de ces deux substances, l'alcool, l'éther, les injections alcalines, la térébenthine, la teinture d'iode, le fiel de bœuf, etc. Les expériences de M. Pétrequin démontrent qu'aucune de ces substances n'est capable de dissoudre le cérumen. Le chloroforme et le sulfure de