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DÉGÉNÉRESCENCES DE LA MEMBRANE DU TYMPAN

cuivre ou mieux au sulfate d'alumine, en attouchements avec un pinceau imbibé de teinture d'iode, d'acide acétique, de perchlorure de fer ou même de nitrate d'argent. Pour ce dernier, il vaut mieux avoir recours à l'un de ces petits crayons spéciaux imaginés par M. Bonnafont, ou au porte-caustique que M. Fauvel emploie pour le larynx. On aura recours aussi aux fumigations par la trompe d'Eustache, dans le but de prévenir la propagation de la maladie à l'oreille moyenne. Les injections devront être poussées avec précaution, afin d'éviter la rupture dé la membrane. S'il existe depuis longtemps une perforation, le chirurgien doit chercher à tarir l'écoulement qui en résulte par l'introduction de liquides astringents dans l'oreille, et recommande au malade de pencher la tête du côté opposé et en lui faisant exécuter le procédé de Valsalva; de cette façon quelques bulles d'air s'échappent à travers la perforation et entraînent les produits de sécrétion, qui finiraient par remplir la caisse.

Lorsque la myringite chronique est d'origine syphilitique, on doit, suivant le conseil de M. G. Desarènes, avoir recours à des fumigations composées de chlorure de mercure, d'esprit de Mindererus et d'éther acétique.

3° Dégénérescences diverses de la membrane du tympan,

Les dégénérescences que peut subir la membrane du tympan sont l'épaississement et la dégénérescence calcaire ou crétacée.

L'épaississement succède ordinairement à la myringite. 11 est partiel ou général ; il occupe tantôt la couche externe, tantôt la couche interne. Dans le premier cas, la couche cutanée vue à l'otoscope devient blanchâtre, perd son éclat , sa transparence, sa forme concave et ne permet pas de découvrir le manche du marteau. Lorsque l'épaississement porte sur la couche muqueuse, la couche externe a également perdu sa transparence ; cependant le manche du marteau reste visible, attendu que l'épaississement est habituellement consécutif à une otite interne et atteint la circonférence de la membrane avant de se porter vers le centre.

Les dégénérescences calcaires s'observent généralement sur la couche fibreuse, quelquefois sur la couche muqueuse, rarement sur la couche cutanée. Dans certains cas elles atteignent les trois couches.

Elles sont spontanées, surtout chez les goutteux ou succèdent à une otite ou à une perforation du tympan. Elles coïncident toujours avec un certain degré d'épaississement ou d'ossification (Politzer).

Moos en a décrit plusieurs variétés, suivant que la dégénérescence calcaire se présente sous la forme d'un cercle ou d'un croissant;

qu'elle siège entre les bords et le manche du marteau, dans la couche des fibres annulaires; qu'elle offre une forme rayonnée, correspondant aux fibres radiées de la membrane, ou qu'elle est constituée par des dépôts discoïdes, en forme de fer à cheval.

Les symptômes et le pronostic varient selon qu'il existe ou non des lésions concomitantes des parties profondes. En effet, cette affection en elle-même ne donne lieu à aucun trouble fonctionnel; à peine observe-t-on une légère surdité.

On ne connaît aucun moyen de traitement propre à faire disparaître ces états morbides.

Il" Vices de conformation de la membrane du tympan.

La membrane du tympan peut être absente ou être le siège de perforations congénitales (Trôltsch) ou d'altérations de forme, de couleur qui ne méritent point une description spéciale.

Elle présente quelquefois une inclinaison exagérée qui résulte de la persistance de son état fœtal. Cette anomalie paraît avoir été observée surtout chez des sourds-muets et des crétins. On a cru remarquer qu'elle coïncidait aussi avec un défaut de développement de la base du crâne.

5° Perforation artificielle de la membrane du tympan.

La perforation artificielle de la membrane du tympan, ou myringotomie, d'abord essayée sur des chiens par Cheselden, fut pratiquée sur l'homme, pour la première fois en 1760, par Eli. Elle fut trèspeu en faveur auprès des chirurgiens jusqu'à l'époque où Asti. Cooper en Angleterre, et Himly en Allemagne, en firent une opération réglée. Depuis elle fut souvent mise en pratique, et surtout préconisée par Buchanam, Saissy, Itard, Deleau, etc. Mais bientôt on s'aperçut qu'elle ne donnait pas toujours des résultats favorables, et elle semblait de nouveau devoir être abandonnée, lorsque les récents travaux de Bonnafont, de Schwartze, de Gruber, de Hinton et de G. Desarènes sont venus préciser nettement ses indications et perfectionner les moyens de l'exécuter.

Les indications sont : le rétrécissement ou l'oblitération complète de la trompe d'Eustache, l'obstruction, l'épaississement, la tension exagérée ou les adhérences de la membrane, la myringite, le catarrhe purulent aigu ou chronique de l'oreille moyenne, un épanchement de sang dans la caisse. On pratique aussi cette opération lorsqu'on veut faire la section du tendon du muscle interne du marteau.

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