Procédé par échange de Denonvilliers
de celte dernière, est située au-dessous du bord libre de la paupière inférieure, lui est parallèle el comprend le lissu de cicatrice. De l'extrémité interne de l'incision supérieure, au niveau du sourcil, part une troisième incision légèrement courbe qui descend sur la tempe en circonscrivant un second triangle accolé au premier mais dirigé en sens inverse et ayant, par conséquent, son sommet opposé au précédent. Ces deux lambeaux triangulaires sont disséqués ; on soulève le lambeau supérieur et l'on pousse à sa place le lambeau inférieur.
L'espace laissé libre par l'élévation de ce dernier est comblé par le lambeau supérieur. L'angle palpébral se trouve ainsi relevé d'une façon notable (voy. fig. 75).
3° Procédé en fourche. — Ce procédé est surtout destiné à réparer la partie interne des deuxpaupières détruites. On taille sur la partie moyenne du front, audessus de la racine du nez, un
lambeau à deux pointes dont l'une, très-petite, est destinée à compléter la paupière inférieure, tandis que l'autre doit compléter .la paupière supérieure. On met des épingles, on fait une suture entortillée pour faire adhérer les parties el l'on rapproche les bords de la plaie frontale.
Ce procédé est applicable aussi pour réparer un seul des deux bords palpébraux; le lambeau est simple au lieu d'être bifurqué à son extrémité. Dans ces deux derniers procédés, la blépharorhaphie est inutile.
Nous avons, avec M. Denonvilliers, pratiqué un grand nombre d'opérations de ce genre et les résultats obtenus étaient en général trèssatisfaisants; quelques-unes de ces observations ont été publiées dans les thèses de MM. Cazelles (Paris, 1860) et E. Cruveilhier (Paris, 1866).
La plupart des procédés que nous venons de décrire ne donnent de bons résultats qu'à la condition d'obtenir la réunion immédiate, sans quoi les lambeaux se déplacent, et l'ectropion se reproduit; c'est pour éviter ces inconvénients que Mirault (d'Angers) et Maisonneuve ont imaginé la blépharorhaphie.
Blépharorhaphie. — Cette opération consiste à suturer entre elles les deux paupières, après ou avant la blépharoplastie, dans le but d'éviter la rétraction consécutive du tissu cicatriciel. Mirault (d'Angers) le premier, en 1842, pratiqua cette opération, mais il ne publia l'observation qu'en 1851. Or, Maisonneuve, en 18â6, et Huguier, en 1849, avaient déjà publié des faits semblables; à la même époque, Denonvilliers et
Nélaton avaient beaucoup vulgarisé cette méthode et en avaient décrit avec soin le manuel opératoire.
La blépharorhaphîe comprend deux temps : 1° l'avivement du bord palpébral; 2° la suture.
L'avivement doit porter sur le bord libre de la paupière, dans toute sa longueur, y compris l'angle externe, mais il ne doit intéresser que la lèvre interne. On le pratique avec le bistouri ou avec des ciseaux. Il est bon de ne pas le faire d'un seul coup, mais de n'inciser chaque fois que 2 ou 3 millimètres en laissant des intervalles de temps assez longs pour surveiller l'état des paupières.
La suture se fait à points séparés, avec un fil très-fin. Quatre ou cinq points suffisent en général. Il faut avoir soin de ménager, au grand angle de l'œil, une issue aux larmes et aux produits de sécrétion de la conjonctive. Les fils peuvent être retirés après trente-six ou quarante-huit heures.