MALADIES DES POINTS ET CONDUITS LACRYMAUX
lésions traumntiques.
Les points et les conduits lacrymaux sont quelquefois intéressés dans les blessures des paupières et, par suite, se trouvent déviés, rétrécis ou oblitérés; il en résulte un larmoiement souvent très-rebelle.
La blessure du conduit lacrymal entraîne quelquefois après elle une fistule cutanée par laquelle s'écoulent les larmes.
Le traitement consiste surtout à obtenir une coaptation aussi exacte que possible des bords de la solution de continuité. Quelques chirurgiens ont même soin d'introduire et de laisser à demeure dans le conduit oblitéré un fil jusqu'à ce que la cicatrisation soit complète.
Nous verrons plus loin le traitement qu'il faut appliquer contre les fistules. (Voy. Fistule lacrymale).
Inflammation.
L'inflammation des conduits lacrymaux, signalée par quelques auteurs, entre autres par J. L. Petit, Mackenzie, Guérin, Yoillemier, comme une maladie spéciale, est rarement limitée aux conduits euxmêmes. Elle se relie ordinairement à la conjonctivite ou à l'inflammation de la muqueuse du sac lacrymal ou du canal nasal.
Quelquefois un abcès se forme au-dedans ou autour du conduit. La présence du pus dans l'intérieur du canal forme une petite tumeur allongée. 11 suffit de presser avec le doigt pour faire sortir ce pus par le- point lacrymal. Lorsqu'il s'ouvre au dehors, il détermine une fistule cutanée.
Le traitement consiste dans l'emploi des émollients, si la maladie est aiguë, des caustiques si elle est chronique. S'il se forme un abcès, on doit l'ouvrir en incisant le conduit lacrymal et passer ensuite sur la muqueuse le crayon de nitrate d'argent.
Déviation. — Rétrécissement. — Obstruction.
La déviation des points lacrymaux se fait en dedans (inversion) ou en dehors (éversion).
L'inversion se rencontre chez les vieillards, chez les individus présentant une atrophie du globe oculaire, ou dans quelques cas d'entropion.
L'éversion, beaucoup plus fréquente, s'observe surtout à la paupière inférieure. Elle succède le plus ordinairement à l'ectropion, à la blé-
pliarite ciliaire, à la conjonctivite chronique, à la rétraction cicatricielle et à i'eczéma des paupières, à des tumeurs de leur face interne, plus rarement à la paralysie de l'orbiculaire chez les vieillards ou chez les convalescents de fièvres graves (Sœlberg Wells).
Le symptôme caractéristique de la déviation des points lacrymaux est le larmoiement.
Le rétrécissement est relatif, car les ouvertures des points lacrymaux sont très-variables suivant les individus. Il n'offre d'intérêt que dans les cas où ces points deviennent insuffisants pour l'écoulement des larme.s et où, par conséquent, il y a larmoiement. On a accordé au sexe féminin, au lymphatisme, à l'anémie, à l'hérédité elle-même une certaine influence sur la formation du rétrécissement des points lacrymaux. Souvent il succède aux coryzas, aux conjonctivites chroniques, aux érysipèles des paupières, à l'ectropion, etc. Il est inflammatoire ou cicatriciel, aigu ou chronique.
Le signe pathognomonique de cette affection, est une photophobie souvent excessive, surtout exagérée le soir à la lumière artificielle. Cette photophobie s'accompagne d'une cuisson et d'une sensation de brûlure au niveau de l'angle externe des yeux (Galezowski). On constate parfois à la suite de cette maladie des troubles de la vue, tels que des mouches volantes, qui peuvent faire croire à une affection profonde de l'oeil. Enfin elle entraîne presque toujours après elle une forme de conjonctivite à laquelle on a donné le nom de lacrymale.
On reconnaît un rétrécissement des points et des conduits lacrymaux au moyen du stylet ou de l'injection d'eau tiède avec la seringue d'Anel. L'emploi seul de ce moyen répété pendant plusieurs jours a souvent suffi pour amener la guérison quand le rétrécissement était lié à un spasme ou à un état inflammatoire passager.
\J obstruction complète des points lacrymaux est parfois congénitale, mais le plus souvent elle reconnaît les mêmes causes que la déviation ou le rétrécissement trop prolongés auxquels elle succède.
Desmarres père a démontré que l'oblitération des points lacrymaux pouvait être causée par une production épidermique.
Les symptômes sont les mêmes que ceux du rétrécissement : larmoiement, gêne, photophobie. Cependant ils n'apparaissent que trèstard et même font souvent défaut.
Le traitement de la déviation, comme celui du rétrécissement et de l'oblitération des conduits lacrymaux, consiste à ouvrir une voie aussi large que possible pour l'écoulement des larmes. Dans ce but, on a recours soit à Y excision simple des points lacrymaux, soit à l'excision suivie de l'incision des canaux, soit à la dilatation simple ou précédée de l'incision.