TUMEURS DIVERSES
terstitiel (Blachez et Planteau). On l'a vue coïncider avec dos manifestations syphilitiques (Taylor).
Les causes de celte singulière affection sont peu connues: plusieurs auteurs l'attribuent à la compression ou à la déchirure de quelques libres du muscle pendant l'accouchement.
Cette induration disparaît complètement dans l'espace de deux à trois mois sans laisser de traces dans le muscle et sans qu'il soit besoin de recourir à aucun traitement.
Les tumeurs vasculaires du cou sont anévrysmales, érectiles et lymphatiques. Les anévrysmes seront étudiés plus loin (voy. Région caroticlienne).
Les tumeurs érectiles artérielles ou veineuses sont faciles à distinguer des kystes ou des lipomes.
Contre les tumeurs érectiles veineuses sous-cutanées et étendues, on a proposé les injections de perchlorure de fer avec la seringue de Pravaz, procédé qui a été plusieurs fois suivi de mort par embolie; la cautérisation ignée avec le cautère actuel ou le thermo-cautère, pratiquée en plusieurs séances par M. Tillaux, a permis de transformer la tumeur érectile en tissu fibreux.
Enfin l'ablation avec le bistouri ne laisse pas de difformité, et nous y avons eu recours plusieurs fois sans danger, sans perte de sang, grâce à nos pinces hémostatiques (voy. De la forcipressure, p. 20).
L'angiome du cou est très-rare. Le docteur Brunelli a rapporté une observation d'angiome lobule du cou, chez une petite fille de onze mois, qui siégeait à la partie antérieure, avait la largeur d'une pièce de cinq centimes, était bien limitée . et paraissait constituée par des vaisseaux sanguins de nouvelle formation. Il l'opéra à faide du galvanocaustique thermique; trois mois après, la guérison était complète.
Les tumeurs variqueuses des vaisseaux et des ganglionslymphatiques, ou lymphangiomes , sont également rares; Penières, Th, Anger, Delens, en ont rapporté des exemples. Elles se forment par le bourgeonnement des lymphatiques sous-cutanés ou ganglionnaires; elles se rencontrent isolément au cou ou concurremment avec des tumeurs semblables des ganglions inguinaux.
Les névromes multiples sont ordinairement caractérisés, comme dans les autres régions, par des hypertrophies des tubes nerveux. Chez un malade qui portait à la partie postérieure du cou une tumeur étendue et qui offrait les caractères extérieurs d'un éléphantiasis partiel, M. Verneuil, après avoir fait l'ablation, trouva que le tissu morbide était constitué par une hypertrophie des glandes sébacées et par une variété hyperplasique des extrémités des nerfs qui s'y rendaient. Pour mieux caractériser cet état d'hypertrophie des tubes nerveux, il lui a donné le nom de névrome plexiforme. La tumeur, formée en appa-
rence par un repli des téguments de la nuque, avait le volume du poing, était recouverte de bulbes pileux et de poils plus volumineux qu'à l'état normal. C'est à la base de cette tumeur que l'on trouva un névrome formant une petite masse dure, inégale, bosselée, du volume d'un petit œuf.
Chez un autre malade âgé de soixante-cinq ans, le même chirurgien trouva à la nuque une tumeur transversale séparée par un sillon sur la ligne médiane, et sous le menton, deux tumeurs placées sur les côtés de la ligne médiane. Elles avaient les caractères des lipomes symétriques; dans leur épaisseur, on sentait de pelits noyaux de consislance fibroïde. Margerin cite également une observation de tumeur située au niveau des dernières vertèbres cervicales, d'aspect lipomateux, dans l'épaisseur de laquelle on trouvait de petits noyaux de volume variable. M. Verneuil pense que dans ces deux cas le microscope aurait trouvé dans ces noyaux de petites masses de névromes plexiformes; il va même plus loin, et admet que tous les lipomes symétriques, dont les exemples sont loin d'être rares, reconnaîtraient la même structure. C'est une opinion que n'ont pas encore partagée les autres chirurgiens.
Les névromes uniques doivent être enlevés comme dans les autres régions; mais on comprend que s'ils étaient situés sur le tronc d'un nerf indispensable à la vie, l'incision, la dissection et surtout l'excision seraient périlleuses. A plus forte raison, le danger d'une semblable opération serait à redouter s'il s'agissait de névromes multiples qui, comme nous l'avons vu, siègent de préférence sur les principaux troncs de la région.
Les névromes isolés du cou sont aussi d'une extrême rareté. Sibley, Dehler et Forster en ont rapporté des exemples. 11 s'agissait, dans ces cas, de femmes âgées, portant depuis plusieurs années sur l'un des côtés du cou une tumeur de la grosseur d'un œuf de poule, ovalaire, lisse, mobile, élastique et si douloureuse, que, chez l'une d'elles, le toucher occasionnait des syncopes.
Les névromes multiples sont plus fréquents; ils siègent dans le grand sympathique, sur le cordon qui unit les ganglions cervicaux, sur l'un de ces ganglions eux-mêmes, sur les pneumogastriques ou sur les nerfs phréniques. Ils sont caractérisés par l'hypertrophie des tubes nerveux. Margerin rapporte l'observation d'un jeune homme de dixneuf ans qui portait à la région cervicale une tumeur constituée par une hypertrophie des glandes sébacées, des follicules pileux, et en grande partie par l'hyperplasie des extrémités des nerfs (Thèse de Paris, 1867). C'est à cette variété de tumeurs que Verneuil a donné le nom de névromes plexiformes. Ce jeune homme se plaignait d'une gène que lui causait un repli volumineux de la peau de la nuque, retombant sur le cou, non douloureux même à la pression, mais devenant de