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DES GOITRES SUFFOCANTS

trouvait pas sérieusement menacée : mais l'accès survint, Ions les soins donnés a la mère furent vains et il ne put que sauver l'enfant par l'opération césarienne. Tarnier a observé deux cas semblables chez des femmes récemment accouchées : dans les deux cas, la tumeur était à peine appréciable.

Traitement. — Tandis que le chirurgien devant un goitre ordinaire peut se contenter d'une thérapeutique peu active consistant, par exemple, en moyens hygiéniques, iode à l'intérieur, au contraire clans le goitre suffocant il doit intervenir d'une manière efficace et prompte, et la vie d'un individu dépend souvent du traitement qu'il va instituer.

Si le goitre n'a pas encore déterminé d'accès de suffocation et amène seulement du cornage, un peu de dyspnée, il peut avoir encore le temps d'agir comme dans les goitres simples, par l'injection iodée, les douches, les courants continus, le régime lacté, la diète, les sétons, etc. Lennox Bronne recommande surtout les injections iodées et les sétons, et il a publié (dans le British médical Journal, de 1876, 31 décembre) six cas de goitres suffocants dont les accidents ont disparu par ces moyens.

Mais si les accès de suffocation ont paru, le malade est sous l'imminence de la mort subite, et la temporisation n'est plus possible.

S'il s'agit d'un kyste, d'un abcès, une simple ponction suffit à faire disparaître les accidents, au moins temporairement.

Dans le cas de goitres constricteurs, des chirurgiens anglais ont pu triompher de la suffocation en faisant l'excision partielle de l'isthme. On fait une incision à la peau de. 5 centimètres environ ; une double ligature est placée sur l'isthme, l'incision, grâce à cette précaution, peut se faire sans hémorrhagie.

M. Bonnet a démontré que la suffocation déterminée par une tumeur rétro-sternale disparaît si on la soulève à l'aide d'un fil qui la traverse et dont on noue les chefs sur la tête ou derrière la nuque. On peut aussi la maintenir par des épingles ou par une sorte de pique audessus de la fourchette sternale. Bonnet, sur neuf cas, a eu par ce procédé huit succès.

La section sous-cutanée des muscles et des aponévroses qui ont amené le développement du goitre à l'intérieur est le moyen auquel Gross donne la préférence. Toutefois c'est un moyen infidèle, il a échoué entre les mains de Billroth et de Gosselin.

Le seul procédé général est la trachéotomie, mais cette opération présente de grandes difficultés. Dans la thèse de Chaboureau, plusieurs cas sont rapportés dans lesquels l'hémorrhagie amène la mort ou force le chirurgien à suspendre l'opération. Les succès ne comptent guère que pour la moitié des cas, et l'extirpation du corps thyroïde,

si l'on s'en rapportait à cette proportion, serait une opération plus bénigne dans ses résultats. Grâce aux moyens hémostatiques que nous avons en notre possession (thermo ou galvano-cautère, pinces à pression), on peut maintenant aborder la trachéotomie dans les cas de goitres avec plus de chances de succès Au lieu de faire l'incision de la trachée, il faudra de préférence recourir à la crico-trachéotomie, ainsi que le fît Bœkel (Thèse de Chaboureau. Strasbourg, 1869). Gomme la tumeur comprime quelquefois la trachée sur une étendue considérable, il faudra se munir de canules très-longues. Celle qu'employait Bœkel avait 12 centimètres. Rose est partisan de cette opération, mais comme moyen préparatoire à l'extirpation de la tumeur et aussi comme précaution afin d'éviter l'aplatissement de la trachée et son rétrécissement consécutif.

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