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DÉPLACEMENTS DE L'UTÉRUS

Au point de vue étiologique David Berry Hart (1) dit que le prolapsus utérin est une véritable hernie sacro-pubienne se produisant sous rinfluence de la laxité du plancher pelvien et sous l'impulsion de la pression des intestins par la contraction du diaphragme : pour cet auteur, l'engorgement et la congestion de l'utérus accompagnant l'hypertrophie de cet organe, au lieu d'être invoqués comme cause de la urocidence, ne seraient que secondaires.

Gaillard Thomas réunit toutes ces causes occasionnelles ou déterminantes en les quatre groupes suivants :

a. Causes augmentant le poids de l'utérus.

b. Causes affaiblissant les moyens de fixité de l'utérus. -,

c. Causes tendant à abaisser l'utérus par pression provenant d'en haut.

d. Causes de tractions provenant d'en bas.

Diagnostic. — L'abaissement de l'utérus est facile à reconnaître par le toucher vaginal et l'examen des parties génitales. Néanmoins on a pu le confondre avec l'hypertrophie du col, les cotys fibreux^ le renverse- 7nent de l'utérus.

Dans Vhypertrophie du col utérin, qui coexiste souvent du reste avec le prolapsus, le doigt, introduit entre le col et la paroi vaginale, doit plonger à une assez grande profondeur pour atteindre le corps de l'utérus, tandis que dans le cas d'abaissement on rencontre le corps immédiatement ; les autres signes différentiels seront signalés en parlant de l'hypertrophie sus- et sous-vaginale du col.

Dans les corps fibreux, la portion la plus volumineuse de la masse est en bas, et la tumeur est beaucoup plus mobile que lorsqu'on a affaire à un utérus abaissé; on ne trouve au sommet rien qui puisse simuler l'orifice du col utérin, ses deux lèvres et sa cavité.

Les caractères différentiels de l'abaissement et du renversement seront exposés plus loin.

Pronostic. — L'abaissement au premier degré n'est pas grave, il est même d'une innocuité absolue loi^sque l'utérus est sain (Després) mais, abandonnée à elle-même, celte affection tend sans cesse à augmenter. Cependant certains praticiens ont signalé la guérison spontanée de ce premier degré à la suite d'une grossesse intercurrente, et d'un repos très prolongé après l'accouchement, destiné à favoriser la rétraction des ligaments utérins, et par suite le maintien de Tutérus dans sa position normale. — Au deuxième ou au troisième degré, elle devient plus sérieuse par les troubles qu'elle détermine du côté de l'utérus, de la vessie et du rectum, par l'inflammation et les ulcérations qu'elle provoque.

(1)D. Berry Hart, Edinb. Med. Journ., p. 102, août 1880.

Traitement. — Le traitement palliatif comprend deux temps : 1° la réduction, 2" la contention à l'aide de moyens mécaniques. — Au premier degré, on prescrira le repos, les douches froides, et tous les moyens propres à combattre la phlegmasie utérine. Mais, dans ce cas, il faut se garder d'avoir trop facilement recours aux pessaires, qui ont des inconvénients sérieux, constituent un désagrément et une incommodité fatigante pour la femme et irritent le col utérin sans grande utilité. Si l'abaissement était dû à une affection organique de l'utérus et surtout à la pression exercée par une tumeur, on devra conseiller l'usage d'une ceinture, dite abdominale, avec pelote périnéale ou hypogaslrique.

Au second et au troisième degré, il faut réduire la matrice avec une extrême douceur (souvent l'organe rentre en partie sous l'influence du décubitus dorsal), et la maintenir réduite à l'aide d'une éponge introduite dans le vagin ou d'un pessaire. — Sans insister sur leurs différentes variétés, nous dirons seulement que ce mode de contention peut rendre service dans certains cas, et nous ne saurions généraliser, comme Ta fait Després à la Société de chirurgie (1), en affirmant que tout pessaire est impuissant contre cette infirmité. — Nous avons vu, dans le prolapsus utérin, réussir le pessaire à réservoir d'air de Gariel, le pessaire en gimblette, celui de Hodge en aluminium, l'anneau de Dumontpallicr (anneau de caoutchouc recouvrant un ressort de montre). Dans des castrés accentués, le releveur Bosquet peut rendre des services qu'il ne faut pas non plus exagérer; -- mais ce qui est surtout d'un grand secours, principalement lorsque le périnée n'est pas résistant (Courty), c'est le coussin périnéal ou la pelote périnéale, de bois, ivoire,gutta-percha, caoutchouc (avec sous-cuisses), qui procure presque constamment aux malades un soulagement notable et constitue un moyen palliatif des plus efficaces.

Roser, Scanzoni, Becquerel (2), Cutter, Grandcollot, ont préconisé des appareils dits hystérophores, constitués par une tige recourbée maintenant le pessaire en place et prenant son point d'appui en avant ou en arrière. Ces appareils doivent rester appliqués pendant un temps toujours long, qui varie avec la cause de l'abaissement et doivent être surveillés avec le plus grand soin, de peur qu'ils ne déterminent des accidents phlegmasiques du côté de l'utérus. — Signoret, dans sa thèse inaugurale (1881), a passé en revue les di-

(1) Després, séance du 8 juin 1881 ; et Després, Chute de l'utérus, xxx° leçon de la Chirurgie journalière (leçons de clinique chirurgicale professées à l'hôpital Cochin), 1877, p. 469.

(2) Becquerel, Traité clinique des maladies de l'utérus et de ses annexes, t. II, p. 301. Paris, 1859.

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