I. — Antéversion
On désigne sous ce nom la déviation utérine caractérisée par l'inclinaison du col en arrière, et du corps de l'utérus en avant ; la face postérieure regarde en haut et la face antérieure en bas. Elle n'est que l'exagération de Vinclinaison naturelle que présente l'utérus à l'état normal.
Symptômes. — Nous n'avons que bien peu de chose à ajouter à ce que nous avons dit dans le paragraphe précédent : la menstruation est peu ou très abondante, souvent difficile et douloureuse; les troubles de la miction sont très fréquents. Les deux conséquences les plus fâcheuses de cette affection sont la dysménorrhée et la stérilité. Sims a rencontré, sur 250 femmes mariées qui n'avaient jamais eu d'enfants, 103 atteintes d'antéversion.
Par le toucher vaginal, on trouve le corps de l'utérus situé en avant derrière le pubis ; le col est en arrière, correspond à l'excavation sacrée, et s'appuie sur le rectum ; il est difficile d'atteindre avec le doigt la face postérieure de la matrice. Le déplacement est beaucoup plus accentué dans la position debout, aussi doit-on pratiquer également le toucher dans la station verticale. — Le toucher rectal permet de sentir le col en arrière. — L'examen au spéculum montre au fond la face antérieure de l'utérus, et pour trouver le col, il est nécessaire de porter en avant le manche de l'instrument ; si dans cette situation on introduit préalablement une sonde dans la cavité utérine, on sent basculer cet organe, et la tumeur, qui occupait la région hypogastrique, se porte en arrière. Cette affection tend toujours à faire des progrès; il est excessivement rare qu'elle disparaisse spontanément. Cette heureuse terminaison a cependant été observée au moment de l'époque critique. Étiologie. — Les causes de l'antéversion sont celles énumérées plus haut : accouchements, avortements, efforts, constipation opiniâtre, adhérences du col utérin avec le rectum, excès de coït, etc.
L'antéversion s'observe, en général, à un âge moins avancé que la rétroversion. Très commune, elle est assez fréquente chez la jeune fille et la nuUipare. Nonat, sur 339 cas de déplacements, l'a rencontrée 135 fois.
Le repos et le décubitus dorsal longtemps prolongé, les purgatifs, les alcalins et notamment les bains de Vichy, l'hydrothérapie, et l'usage d'une ceinture hypogastrique pour empêcher les intestins de presser sur la face postérieure de l'utérus devenue supérieure, sont les principales indications du traitement à suivre.
DÉPLACEMENTS DE l'uTÉRUS. 727