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PHLEGMON ET ABCÈS PÉRI-UTÉRIN

Lié à l'accouchement, à l'avortement ou à une inflammation quelconque de l'appareil génital.

Tumeur médiocre, ne déplaçant pas le col, souvent sur le côté.

Tumeur se formant après le début des accidents.

Tumeur dure d'abord, très sensible, se ramollissant peu à peu et devenant fluctuante.

Phénomènes généraux persistant jusqu'à l'époque où le pus se fraye une voie au dehors.

HÉMATOCÈLE.

Ne se lie à aucune de ces cire et se montre à des époques a celles des couches.

Tumeur volumineuse refoulai derrière lequel elle est située.

Tumeur formée dès le débat < ladie.

Tumeur molle d'abord, peu * durcissant avec le temps et J caractère de la fluctuation.

Phénomènes généraux s'smc au bout de quelques jours, avant lu terminaison de la mai*

De plus, la thermométrie utérine peut rendre service dan gnostic de cette affection. Ainsi la Gazette médicale de Paris, < rapporte, d'après le Movimento medico-chirurgico de Naples, que ï

HÉMÀTOCÈLE PÉRI-UTÉRINK. 699

cèle péri-utérine se distingue de la cellulite pelvienne par la différence de température accusée par le thermomètre. Dans le premier cas, la température est notablement abaissée et arrive à 37°,5t 37°, 2 ; dans la cellulite au contraire, elle ne descend jamais au-dessous de 38°,2. L'hématocèle qui se complique de pelvi-péritonite n'atteint pas plus de 38% 1. Dans la métrite parenchymateuse, la température est de 39°,5.

Quant au diagnostic différentiel des deux variétés intra- etextrapéritonéale, il présente le plus souvent les plus grandes difficultés. Courty, J. Besnier, Bernutz, indiquent pour la variété intrapéritonéale une élévation plus grande de la tumeur, avec proéminence sur les côtés et en arrière de l'utérus; tandis que pour l'extra la tumeur descend jusque dans la cloison recto-vaginale. L'utérus serait pour l'intra plus incliné dans des directions assez variables et ne pourrait être soulevé. Au contraire dans l'extra il est repoussé en haut et en avant, et il est plus distinct de la tumeur. Enfin la teinte violacée du cul-de-sac vaginal serait propre h la variété extrapéritonéale. Tous ces symptômes sont bons à noter ; mais le plus souvent, au lit du malade, il est impossible d'établir ce diagnostic sur des bases solides.

Pronostic. — L'hématocèle péri-utérine est une affection sérieuse à plusieurs titres : 1° par les symptômes si inquiétants du début, l'état de prostration et de faiblesse dans lequel les malades se trouvent jetées après la période aiguë ; 2° par le temps souvent si long que met la tumeur à se résorber et les récidives possibles et même fréquentes : L. Vacher (1) a eu occasion d'observer une hématocèle péri-utérine dont la marche singulière Ta engagea lui donner la dénomination d'hématocèle à répétition; 3° surtout par les complications et les accidents graves auxquels expose l'ouverture artificielle, c'est-à-dire l'inflammation d'une vaste poche anfractueuse communiquant avec l'air extérieur, et les phénomènes septicémiques dus [à la décomposition du sang et du pus qui en sont le résultat ; 4° par les conséquences fâcheuses qu'elle entraîne après la guéri son, adhérences ovariques, oblitération tubaire, déviations utérines, qui sont fort préjudiciables pour la conception à venir. Le pronostic, par conséquent, doit être très réservé.

Teaitsiiknt. — Dans la période aiguë, on se bornera à l'expectation, si les accidents ne sont pas trop intenses ; sinon, on emploiera un traitement antiphlogistique en rapport avec la gravité des symptômes : saignées générales et locales, applications émollientes, glace sur le ventre, calomel à doses fractionnées; les bains doivent être proscrits au moins pendant cette période. Opiacés, boissons froides et gazeuses contre les vomissements ; lavements simples et laxatifs contre la consti-

(1) L. Vacher, in Lyon médic, 22 sept. 1878.

pation. On a aussi conseillé à l'intérieur les préparations anti-hémorrhagiques, le ratanhia, l'ergot en poudre ou l'ergotine en injections sous-cutanées, le perchlorure de fer à la dose de 10 à 12 gouttes dans une potion de 150 grammes ; enfin, le repos le plus absolu.

Dans la période chronique, il faut encore attendre dans la majorité des cas. La résorption, en effet, a de grandes chances de réussite, et peut être secondée par certains moyens résolutifs, tels quevésicatoires volants, badigeonnages de teinture d'iode, injections vaginales chaudes. Cette diminution et disparition spontanée est annoncée par un changement dans la consistance de la tumeur, qui devient un peu plus dense.

Vexpectation seule est préconisée aujourd'hui avec une confiance peut-être un peu exagérée, mais nous n'en affirmons pas moins qu'elle est de beaucoup préférable à une intervention trop active et surtout trop hâtive. Liouville(l) a vu disparaître en moins de deux mois, par la seule application de la glace sur la région hypogastrique, une hématocèle utérine intrapéritonéale d'origine cataméniale : ce qui l'a engagé à suivre ce traitement, c'est qu'il était préoccupé tout d'abord des accidents péritonitiques du début.

Mais si la tumeur restait douloureuse et prenait un accroissement continu avec tension considérable ; si les phénomènes généraux persistaient, si la malade présentait des symptômes qui missent sa vie en danger, si le développement excessif de la tumeur faisait craindre son ouverture dans le péritoine, le chirurgien devrait agir.

Il fait alors une simple ponction, en ayant soin, autant que possible, d'éviter l'entrée de l'air dans le foyer sanguin : il est préférable de se servir à cet effet du trocart moyen des aspirateurs Potain ou Dieulafoy. Cette ponction, en donnant issue aux matériaux liquides de la tumeur, diminue la tension des parois du foyer, et suffit souvent à enrayer les phénomènes inquiétants. Si, après une première ponction, les accidents ne cèdent pas, avant de recourir à une opération plus grave, il faut en pratiquer une deuxième, qui peut-être produira un effet plus heureux. — Dans un mémoire (2) R. Barnes s'est attaché, à l'aide de 24 observations, à démontrer l'utilité de la ponction aspi* ratrice répétée. Selon lui, son emploi est sans danger, et même, quand il n'y a issue ni de pus ni d'autre liquide, elle tendrait à provoquer incontestablement la résorption. Toutefois les ponctions aspiratrices simples sont souvent insuffisantes : elles ne servent tout au plus qu'à compléter le diagnostic. Il est nécessaire alors de pratiquer une ouverture assez large pour donner issue au contenu de la poche et pour

(1) Liouville, in Ga*. des hôpit., 16 oct. 1875.

(t) R. Barnes, in S.-George Uospit. Reports, 1874-76, t. VIII, p. 57-98.

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