HÉMÀTOCÈLE PÉRI-UTÉRINE. TOI
y faire aisément des lavages aussi antiseptiques que possible ; pour obtenir ce double résultat, on a deux voies : le vagin, l'abdomen. Nous préférons, en France, la voie vaginale.
Voici comment il faut procéder pour opérer. La malade est convenablement placée sur le bord du lit, comme dans l'examen au spéculum.
S'il s'agit de la ponction simple, on met à nu la saillie vaginale au moyen du spéculum, ou bien, se guidant simplement avec le doigt, on y plonge le trocart par un coup sec et brusque. Si l'on incise largement le foyer, on introduit deux doigts de la main gauche dans le vagin, au-dessus de la tumeur; ils protègent les parties voisines, repoussent la tumeur vers la vulve, et servent de conducteur à un bistouri droit ordinaire. La ponction faite, l'ouverture donne issue à une partie du contenu; on l'agrandit avec le bistouri boutonné, et l'on retire alors la plus grande quantité possible du contenu de la poche. Nélaton se servait de curettes de différents modèles, ou même d'une cuiller à bouche. Puis on soumet la cavité à un lavage complet antiseptique, soit à l'aide d'un drain, soit mieux en se servant d'une grosse sonde molle de caoutchouc rouge.
Il importe en effet de ne laisser dans ce vaste foyer que le moins possible de matériaux susceptibles de se putréfier et de produire par suite la septicémie, accident le plus à craindre après l'incision ; aussi faut-il surveiller avec attention l'état de la malade, la maintenir dans un état de propreté extrême, et soumettre à un lavage complet, une fois et souvent deux fois par jour, les parois du foyer. Les liquides que nous recommandons sont l'eau chlorurée, la teinture d'iode, et surtout les solutions phéniquées au 1/100 et au 1/50, l'acide borique, l'acide salicylique, le permanganate de potasse, etc.
Lawson Tait (1) donne actuellement la préférence à la voie abdominale, en pratiquant une incision, soit celle de rovariotomie, soit au-dessus du ligament de Fallope. La cavité est nettoyée avec soin ; on suture les bords du foyer avec les parois abdominales, en laissant un tube à drainage (tube de verre de Kœberlé) de cinq pouces de long. Il diminue peu à peu la longueur du tube et Unit par le remplacer par un tube de caoutchouc. L. Tait cite six cas traités avec succès par cette méthode qu'il considère comme facile et peu dangereuse. — Nous ne pouvons souscrire à cette manière de voir, et nous préférons de beaucoup, à moins d'indication spéciale, la voie vaginale. — Sous l'influence de ces moyens, on voit la suppuration s'établir sans réaction inflammatoire bien vive; elle reste toujours de bonne nature et assez
(1) Lawson Tait, in Med.-chir. Transactions, vol LXIII,p.307, et Revue des se. met. rie G. Bayem, 15 ocU 1881, t. XVIII, * fuse., n. M8.
peu abondante ; le foyer, revenant peu à peu sur lui-môme, finit par s'oblitérer complètement[au bout d'un mois ou six semaines.
La hernie de l'ovaire a déjà été ailleurs l'objet d'une description spéciale, nous n'avons pas à y revenir.
Les autres affections de l'ovaire, telles que la névralgie (ovaralgié), le cancer ', t inflammation (pvarùe), sont presque exclusivement du ressort de la médecine ; aussi ne les traiterons-nous pas ici. — Un seul point ayant trait exclusivement à la chirurgie, tout au moins en ce qui concerne le manuel opératoire, est cette nouvelle opération à laquelle Robert Battey a voulu attacher son nom, et qui consiste dans Y ablation des ovaires sains (Oophorectohie), pour remédier, soit à certaines douleurs névralgiques persistantes, soit à l'hystérie ou à l'épilepsie ovarique, soit aux accidents graves de métrorrhagie. Bien que plusieurs chirurgiens de Paris aient imité tout récemment les praticiens étrangers, nous ne pouvons accorder à cette opération qu'une assez médiocre confiance : nous en décrirons cependant, en quelques mots, les indications posées par Battey et le manuel opératoire dans le chapitre des fibromes utérins.
ARTICLE IL