KYSTES SYNOVIAUX DU POIGNET ET DE LA MAIN
Les tumeurs que nous nous proposons d'étudier dans ce paragraphe sont constituées par des kystes formés par l'accumulation de synovie dans l'intérieur des gaines tendineuses des muscles de l'avant-brasqni se rendent au poignet et à la main. Ce n'est pas à dire pour cela qn? cette affection ne se rencontre que dans la région qui nous occupe. Ces tumeurs sont assez fréquentes dans les gaines des muscles du pied, dans les extenseurs des orteils, dans les péroniers latéraux ; on t'a vue encore dans la coulisse fibro-séreuse qui donne passage au tendon aV la longue portion du biceps humerai.
Dupuytren est un des chirurgiens qui parait avoir le premier appelé l'attention sur cette espèce d'affection ; il insistait principalement sur cette variété qui est caractérisée par la présence de petits corps filiformes, bordéiformes, que l'on trouve fort souvent dans l'intérieur df ces tumeurs ; il les a décrits sous le nom de kystes séreux ht/datiqu^ du poignet. Velpeau les a désignées sous le nom de kyste* tendtnevxri en décrit deux variétés : !• tumeurs hi/dati formes ; 2° tumeurs sérosymviales ou glaireuses et gélatini formes. M. Gosselin leur a donné la désignation de kystes hydropiques. Michon a conservé la dénomination de Velpeau. Bauchet adopte le nom de kystes tendineux et les divise en quatre classes : 1° tumeurs limitées dans une gaine tendineuse; 2* étendues dans une gaine tendineuse ; 3° occupant une gaine commune à plusieurs tendons; 4° kystes situés dans une giine tendineuse et communiquant ou non avec elle (1).
Pour bien comprendre la disposition de ces tumeurs synoviales " est indispensable de donner une description succiuctedes gaines svrnv viales dans lesquelles se montrent ces tumeurs. Ce point d'anatomie a été l'objet de travaux importants, de Maslieurat-Lagemard, la thè*' de M. Leguey (2) et le mémoire de M. Gosselin (3). Les recherches de ces analomistes ont été vérifiées par Michon et M. Legouesl.
(1) Lcguuesr, De% kystes synoviaux du poignet et fie ta main, thèse de conçu urs p«» i' 'agrégation. Paris, 1857.
(t) Lrjrtiey. litote de Paris, M37.
<3) r.rmcliu. Mémoire sur les tojstet synoviaux de la main et du poignet {Mtm if lAcad. de mê>t.t 1851).
KYSTES SYNOVIAUX. 981
Les gaines synoviales de la face dorsale de l'avant- bras ne donnent lieu à aucune espèce de contestation. Les tendons qui de la face dorsale de l'avant- bras se rendent à la main passent dans six coulisses parfaitement distinctes qui, en allant de dedans en dehors, sont: 1° une coulisse pour le muscle cubital postérieur; 2* une pour l'extenseur propre du petit doigt; 3° une pour l'extenseur commun des doigts et l'extenseur propre de l'index ; 4° une pour le long extenseur du pouce ; 5e une pour les deux radiaux ; 6° une pour le long abducteur et le court extenseur du pouce.
A la partie antérieure, nous trouvons d'abord quelques gaines synoviales très peu marquées, qui existent à la terminaison de quelques muscles de l'avanl-bras : telles sont celles du grand et du petit palmaire, celle du cubital antérieur très développée, surtout dans le point, où ce muscle s'insère à l'os pisiforme. Mais nous devons surtout nous arrêter sur les synoviales des muscles fléchisseurs; c'est là qu'on trouve une grande dissidence dans l'opinion des anatomistes. D'après Michon, toutes ces différences peuvent être rapportées à trois types. Suivant les uns, il n'existe qu'une gaine commune au niveau du carpe; selon d'autres, on trouve deux gaines spéciales : l'une pour le fléchisseur commun des doigts, l'autre pour le fléchisseur propre du pouce. C'est à cette opinion que se rangent M. Gosselin et Michon. D'autres enfin admettent un nombre beaucoup plus considérable de gaines. Dans quelques cas exceptionnels, dans la gaine commune, on trouve deux bourses. Tune superficielle, l'autre profonde; cette dernière est placée entre les tendons fléchisseurs et les os du carpe. La gaine externe se prolonge jusqu'à l'extrémité du tendon fléchisseur du pouce. Michon (1) a donné une très bonne description de la bourse interne : c La bourse présente la forme d'un bissac étranglé au niveau du ligament annulaire. Son extrémité supérieure, arrondie, nettement limitée, dépasse en haut le ligament annulaire de 3 centimètres environ chez l'adulte. On voit d'abord cette extrémité entre le cubital antérieur et le nerf médian ; elle recouvre en partie le faisceau des fléchisseurs que l'on aperçoit par transparence. En écartant le cubital et le fléchisseur sublime, on voit que la bourse s'enfonce dans l'interstice, qu'elle contourne les deux faisceaux du fléchisseur sublime et du fléchisseur profond, et s'enfonce sous celui-ci. Au niveau du ligament annulaire, le collet du bissac est étranglé entre le crochet de l'unciforme et le nerf médian ; le ligament est adhérent, surtout à sa partie externe. Au-dessous du ligament annulaire, en soulevant l'aponévrose palmaire, on retrouve le renflement inférieur du bissac dirigé un peu en dedans, dans le sens des deux métacarpiens, se séparant du ren-
(1) Michon, thèse citée, p. 16.
quand on a appliqué deux ou trois fois des pointes de feu, le mal guérit sans cela. La compression ouatée peut être employée, mais elle guérit le mal moins vite.
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