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AFFECTIONS DE LA MAIN

Malformations de la main. — Main bot* — A. Malformations congénitales. — Les malformations congénitales de la main, dont il a été déjà question (voy. t. III), sont dues à des vices de conformation décrits

dans les livres de tératologie (4); ils consistent en une absence d'an ou de plusieurs métacarpiens, du carpe en entier ou d'un de ses os seulement. Presque toujours, dans ces cas, des doigts manquent ou sont fusionnés. Les monstres phocomèles, ectromèles et hémimèle* présentent ces lésions, qui sont toutes au-dessus des ressources de l'art. On fait porter aux malades des appareils articulés, tels que ceux de Mellet, ou les appareils à courroies élastiques de Duchenne, de Boulogne. Dans quelques cas, lorsqu'il y a dans la main imparfaite quelques mouvements, on peut, à l'exemple de Debout, faire porter aux malades des membres artificiels munis à l'intérieur d'une poignée manœuvrée par la petite main incomplète du malade (2).

B. Main bot paralytique ou acquise. — La main bot paralytique est étudiée dans les livres de médecine sous le nom de paralysie infantile. Ce sont des paralysies médullaires avec atrophie musculaire qui causent la déformation et l'impotence de la main.

Contre ces maladies l'électrisation a quelquefois prise lorsque le mal est soigné à temps; les courants continus et la faradisation ont une puissance égale. Mais il est des cas où l'une et l'autre échouent. Alors il n'y a qu'à appliquer la prothèse musculaire, ainsi que l't établi Duchenne, de Boulogne (3). On applique sur le membre un appareil à muscles artificiels.

Il y a une considération particulière à signaler ici. Les membres paralysés des enfants ne croissent pas à l'égale des membres sains; les os sont fragiles et exposés à des fractures répétées.

§ I. — Affections traumatiques et hémorrhagies de la main.

Notre but n'est pas, dans cet article, d'étudier toutes les formes de lésions de la main, d'énumérer les divers agents qui peuvent blesser cet organe ; nous n'indiquerons ici que les lésions et les accidents qui empruntent un caractère spécial à la région.

4° Plaies delà main. — La main est peut-être la partie du corps la plus exposée à l'action des agents vulnérants. La multiplicité et l'importance des éléments qui la composent en rendent les plaies souvent très dangereuses. Toutes choses égales d'ailleurs, les plaies de la paume de la main sont plus graves que celles de la face dorsale.

Les piqûres, les plaies par instruments tranchants, lorsqu'elles sont

(1) Consultez Bouvier, Main bot, in Die t. encycl. des sciences méd., t. IV. 2* térie. et les Traités de pathologie interne et infantile.

(2) Debout, Builet. de thérapeutique, 1864. — Voy. aussi Luxations congénitales.v III de cet ouvrage.

(3) Duchenne de Boulogne. Eleclr'uation localisée, & édit. Paris, 1831.

UÉM0RRHAG1ES DE LA MAI». 100!

superficielles, ne présentent aucun danger ; il n'en est pas de même des plaies profondes. Si l'instrument a traversé les couches aponévrotiqu<?£, l'inflammation peut devenir extrêmement sérieuse, par le fait de l'étranglement qui sera la conséquence presque inévitable de l'inexteusibililé et de la résistance de l'aponévrose palmaire. La lésion présente en outre un caractère de gravité tout spécial, ù cause de l'importance des organes qui peuvent être intéressés. C'est ainsi que la division d'un tendon amène souvent la perte du doigt auquel il est destiné, celle d'une arlère une hémorrhagie, celle des nerfs la paralysie. Dans quelques cas on a vu le tétanos survenir à la suite d'une blessure, même légère en apparence. Cela a lieu surtout pour le pouce et le petit doigt. L'accident que l'on observe le plus souvent est une inflammation profonde, bornée quelquefois au tissu cellulaire de la paume de la main ; mais qui souvent se propage au loin, envahit la face antérieure du carpe, l'avant-bras, etc. Ces désordres s'observent principalement lorsque les gaines synoviales ont été ouvertes : cellesci s'enflamment, du pus se forme dans les gaines des tendons, et fuse, s'il n'est évacué de bonne heure, sous le ligament annulaire du carpe, vers le poignet, et même jusqu'à l'avant-bras. L'ouverture de la synovia e des articulations des os du carpe entraîne avec elle tous les accidents des plaies articulaires, accidents rendus plus graves par l'anfractuosité de la membrane séreuse.

Les plaies contuses provoquent aussi des accidents de la plus haute gravité. Mais les plaies par balle de revolver, même si les tendons et les articulations sont intéressés, sont beaucoup moins graves* On les guérit toujours sans amputation (1). Quelquefois elles sont déterminées par l'action d'un projectile lancé par la poudre à canon. Une balle a-Uelle traversé la main d'avant en arrière, sans briser d'os, la plaie guérit en général assez facilement ; a-t-elle au contraire labouré obliquement les tissus, la lésion est plus étendue, le désordre des parties molles est beaucoup plus grand : les tendons sont déchirés, les artères ouvertes, les nerfs coupés, les os brisés. On comprend toute «la gravité d'une semblable lésion, dont le traitement nécessite des débridements considérables, soit pour lier les artères qui fournissent du sang, soit pour extraire les esquilles, etc. 11 est rare que le blessé, si l'on n'est pas obligé de pratiquer l'amputation, puisse conserver toutes les fonctions de sa main, après avoir eu sa vie souvent compromise par intensité de l'inflammation et la violence des accidents : la section des tendons, les adhérences des parties molles, expliquent plus que suffisamment de pareils résultats. Si la plaie est produite par l'explosion d'une arme à feu dans la main, les lésions sont encore plus éten-

(1) Desprrs, Bulle t. et Blém. de la Soc. de Mr.. 1881

dues, les tissus sont déchirés et en même temps écartés, les articulations sont ouvertes, les os luxés, et la guérison, dans la plupart des cas, ne peut être obtenue qu'au prix d'une ou de plusieurs amputations de doigts, de métacarpiens.

On a souvent encore l'occasion d'observer des plaies faites par Faction des machines. Tantôt ce sont des déchirures très étendues, accompagnées d'arrachement des doigts; les tendons adhérents aux phalanges sont entraînés avec elles après s'être séparés des fibres musculaires qui s'implantent sur eux : de là des abcès très profonds qui se montrent jusque dans la partie centrale des muscles de l'avantbras.

Toutes ces plaies doivent être traitées avec l'excellent pansement par occlusion, avec les bandelettes de diachylon de Ghassaignac. On laisse le pansement vingt jours en place; s'il doit tomber une portion du doigt ou de la main, elle 1ombe sous le pansement et sans danger.

2° Contusions de la main. — La main est quelquefois fortement contuse par une compression violente et la chute d'un corps très pesant; les tissus sont broyés, il y a épanchement considérable de sang, décollements étendus de la peau, fracture et dénudation des os, ouverture des articulations. Des suppurations très étendues, non seulement à la main, mais encore à l'avant-bras, sont le résultat de semblables blessures, qui font souvent succomber les malades, si, à l'aide de l'amputation ou du traitement le plus énergique, on n'a pu enrayer la marche des accidents inflammatoires.

Dans le cas où l'on ne jugera pas l'amputation nécessaire, et lorsque, par suite de la volonté du malade, celle-ci ne pourra être pratiquée, l'irrigation continue devra être employée : elle empêchera le développement d'une inflammation trop violente. Mais si les tissus sont déjà désorganisés, ou si, par suite de la contusion, leur désorganisation est prochaine, l'irrigation ne sera plus utile : on se contentera de faire les débridements nécessaires, d'extraire les esquilles, et d'envelopper le membre de cataplasmes émollients, ou d'appliquer, ce qui est mieux, l'excellent pansement par occlusion de Ghassaignac.

3° Hémorrhagies de la paume de la main. — Une complication des plaies de la main, sur laquelle nous croyons devoir fixer l'attention, est Vhémorrhagie : elle est due à la lésion de l'arcade palmaire superficielle ou de l'arcade profonde, à la blessure de l'artère radiale dans le premier espace intermétacarpien, ou de la cubitale, au-dessous de l'aponévrose. Le principal caractère de ces hémorrhagies est d'être extrêmement rebelles au traitement, en raison des anastomoses nombreuses des artères radiale et cubitale entre elles.

Pour les combattre, le premier moyen qui se présente à l'esprit est la compression. Nélaton conseillait l'appareil suivant, qui a ravin-

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