PHLEGMONS ET ABCÈS DE LA MAIN
A. — Phlegmons et abcès de la face dorsale de la main.
Beaucoup plus rares que les abcès de la face palmaire, les abcès de la face dorsale prennent souvent la forme furonculaire.
On observe quelquefois sur le dos de la main des phlegmons sous* aponévrotiques, lesquels sont spontanés ou consécutifs aux phlegmons de la paume de la main ; nous reviendrons plus loin sur cette variété.
Les abcès du dos de la main ont peu de tendance à s'étendre aux tissus voisins ; quel que soit leur siège, ils traversent facilement la peau et même l'aponévrose, et s'ouvrent à l'extérieur.
Le traitement de ce phlegmon ne présente rien de particulier : on ouvrira le foyer aussitôt que Ton pourra constater la présence du pus,
on évitera ainsi le décollement des téguments dans une trop grande étendue. Mais il ne faut jamais inciser directement sur le trajet d'un tendon.
Il n'est pas très rare de voir le dos de la main envahi par un phlegmon diffus. Celui-ci sera traité exactement comme dans les autres parties du corps.
B. — Phlegmons et abcès de la paume de la main.
L'inflammation delà paume de la main se présente sous trois formes distinctes: 1° abcès superficiels ou sous-épidermiques ; 2° abcès sous* cutanés ; 3° abcès profonds ou sous-aponévrotiques.
I. Abcès superficiels. — Dans un travail très intéressant sur ce sujet (1), Bauchet distingue trois variétés d'abcès superficiels, savoir: 1° inflammation superficielle proprement dite; 2° inflammation phlycténoïde; 3° inflammation anthracoide.
La première variété n'est autre chose que la suite de l'érythème ou l'érysipèle de la main : c'est ce que j'appelle abcès angioleucitique. Elle est quelquefois spontanée, souvent elle succède au panaris superficiel ; il est fréquent de la voir s'étendre au poignet ou à l'avant-bras. Cette affection n'offre le plus souvent aucune gravité, elle ne présente d'accidents généraux que lorsqu'elle est un peu étendue; au bout de quatre ou cinq jours, elle se termine par résolution, à moins qu'il ne se forme des vésicules remplies de sérosité, ce qui constitue la variété phlycténoîde.
V inflammation phlycténoîde se développe aussi assez souvent à la suite de travaux manuels un peu rudes, principalement chez les individus qui n'y sont pas accoutumés. Cette affection est peu sérieuse; on n'observe aucune espèce de réaction générale; on trouve autour de la phlyctène une légère inflammation qui disparaît rapidement. Nous devons faire remarquer que ces phlyctènes sont souvent très douloureuses lorsqu'elles sont remplies de liquide. Les souffrances se manifestent lorsqu'on exerce une pression sur la partie malade ; mais lorsque la sérosité a été évacuée, la compression cesse d'être pénible. Il est facile de se rendre compte de ce phénomène quand on sait que derrière un liquide incompressible on trouve les papilles de la peau à nu et enflammées; dès que le liquide est évacué, toute douleur cesse même à la pression. Si cependant la phlyctène venait à être déchirée, les papilles exposées à l'influence des agents extérieurs seraient irritées davantage, la douleur serait très vive, et l'on pourrait
(1) Bauchet, Du panaris et du phlegmon de la main, in-8*. Paris, 1858.