FHLE&MONS ET ABCÈS DE LÀ MAIN
voir survenir une inflammation sous-cutanée. On observe à la plante du pied, sur les parties latérales de cet organe, au talon, une inflammation analogue due à la pression des chaussures, à des marches forcées, etc.
L'inflammation anthracoïde, ou anthrax de la main, se développe principalement sur le dos de la main, cependant on la rencontre sur la face palmaire. Bauchet en a observé un cas; j'en ai observé un bon nombre : la maladie occupait l'éminence thénar; l'abcès s'ouvrit par trois petits trous. Le lendemain, l'ulcération avait détruit les parties restées saines entre les ouvertures, et au fond de la solution de continuité on apercevait le bourbillon. Il est inutile d'inciser, à moins que le pus ne sorte pas et qu'il n'y ait un véritable abcès.
11. Abcès sous-cutanés , durillons forcés. — Cette affection est très fréquente; on l'observe le plus souvent chez les individus qui se livrent à des travaux manuels très pénibles. Presque toujours elle a pour point de départ une inflammation du derme autour d'un durillon. La pression exercée par les instruments de travail sur la saillie cornée qui constitue le durillon détermine une exhalation de sérosité avec inflammation congestive du derme. Si l'ouvrier cesse son travail, l'inflammation superficielle phlyeténoïde disparaît au bout de vingtquatre ou trente-six heures; mais t si la douleur n'est pas très vive, le malade continue son travail : c'est alors que les frottements, les pressions incessantes, déterminent l'inflammation sous-cutanée du tissu cellulaire. Dolbeau rattachait ces abcès à des angioleucites. Dans d'autres cas l'inflammation sous-cutanée succède à une écorchure ou à une piqûre, quelquefois à un panaris qui s'est propagé au tissu cellulaire de la paume de la main.
A son début, cette affection est caractérisée par une douleur vive, augmentant par la pression, siégeant dans la paume de la main et s'irradiant à i'avant-bras et même au bras ; il existe une rougeur quelquefois très limitée, d'autres fois s'étendantà toute la face palmaire de la main; le gonflement est généralement peu considérable, l'extension des doigts assez pénible. Bientôt l'inflammation envahit le tissu cellulaire compris entre la peau et l'aponévrose; mais la phlegmasie gagne plus souvent les espaces interdigitaux et la face dorsale de la main, où elle se propage et s'étend avec une grande rapidité à partir du quatrième iour.
A cette période, la douleur devient plus vive, elle est lancinante, s'exaspère parla pression; la rougeur et le gonflement sont plus prononcés, les mouvements des doigts sont pénibles. Le pus finit par se réunir en foyer, perfore le derme; mais, rencontrant une couche épidermique dure, résistante, il ne peut se faire jour au dehors qu'avec une grande difficulté, aussi trouve-t-on dans la paume de la main une
vaste phlyctène remplie de pus. C'est alors que l'on voit ces abcès désignés par Velpeau sous le nom d'abcès en bouton de chemise, H existe deux collections purulentes communiquant par un canal plus ou moins étroit. La longueur de ce canal est mesurée par l'épaisseur du derme, et des deux collections de pus, l'une est entre le derme et l'aponévrose, l'autre entre la face superficielle du derme et l'épi derme. Quelquefois le derme résiste ; alors le pus décolle la face profonde de la peau et va se faire jour dans les points où elle offre moins de résistance, dans les espaces interdigitaux, par exemple. Enfin dans des cas plus fâcheux l'inflammation gagne les tissus situés plus profondément, et envahit le tissu cellulaire sous-aponévrotique ; la maladie se présente alors avec des caractères spéciaux que nous allons étudier tout à l'heure : mais cela est rare.
On comprend combien il est important de reconnatlre de bonne heure ces abcès et d'ouvrir un libre passage à la suppuration. On doit redouter en effet plusieurs espèces de désordres qui sont : le décollement de Tépiderme; d'ailleurs il est nécessaire qu'il se fasse une nouvelle couche d'épiderme, et celle-ci sera encore assez longtemps avant d'acquérir la solidité et la résistance nécessaires pour que les malades puissent reprendre leurs travaux. L'inconvénient qui résulterait d'avoir laissé le pus s'accumuler sous Tépiderme serait donc pour le moins de prolonger inutilement la convalescence ;
Le décollement de la peau; l'inflammation de la face dorsale de la main; enfin la propagation de l'inflammation aux doigts.
Traitement. — On pourra au début avoir recours aux antiphlogistiques, surtout si le sujet est vigoureux ; des bains locaux seront prescrits avec avantage. Des cataplasmes émollients seront appliqués sur la partie malade, qui devra être tenue dans une position telle qu'elle soit beaucoup plus élevée que le coude. Mais dès que la présence du pus aura été constatée, c'est-à-dire le troisième jour, il faut inciser le foyer. Si, appelé trop tard, le chirurgien trouve un abcès en bouton de chemise, il ne se bornera pas à ouvrir le foyer sous-épidermique : après avoir fait évacuer le pus qui soulève l'épiderme, il devra couper avec des ciseaux les lambeaux épidermiques décollés, ramollis, et, en élargissant le pertuis qui traverse le derme, ouvrir une large issue au foyer sous-cutané. Il ne faut jamais inciser sur le dos de la main, là ou il y a de la rougeur.
III. Abcès profonds ou sous-aponévrotîques. — Cette affection peut se développer dans plusieurs conditions. Tantôt elle r>e montre spontanément sous l'influence d'une plaie, d'une piqûre, d'une contusion de la paume de la main; tantôt elle est consécutive à une inflammation du tissu cellulaire sous-cutané, à un panaris profond, à l'inflammation d'une tumeur synoviale de la paume de la main. Dans quelques cas,