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DE LA LITH0LAPAX1E OU LITHOTRITIE RAPIDE

Sous ce nom, M. Bigelow (de Boston) a fait connaître une méthode qui diffère complètement de la lithotritie que nous venons de décrire.

108 affections De l'appareil urinai».

Se basant sur les accidents que l'on voit se développer après une séance de lithotritie dans laquelle on a brisé un calcul en plusieurs fragments, qui irritent la vessie et souvent l'enflamment, le chirurgien américain a proposé, en 1875, de pratiquer, en une seule séance, le broiement d'un calcul, quel que soit son volume, el d'extraire immédiatement les fragments.

Pour y parvenir, M, Bigelow ne recule pas devant des séances de deux heures, aussi a-t-il soin d'employer le chloroforme.

Voici quels sont les instruments dont se serl M. Bigelow: Un brise-pierre d'un plus fort calibre que les brise-pierres ordinaires, dont les dents de la branche

Fis. îî. — Brife- pierre de Bijeluw.

Fie Î3. — Aipinlw de Bigelou

mâle présentent des entailles triangulaires alternant avec celles de la branche femelle qui est munie a son talon d'une vaste fenêtre.

Un tube évacuateur droit, très légèrement courbé, a le calibre correspondant au 30 ou au 32 de la filière Charrière.

Il est en argent, mais ses parois sont minces pour obtenir le plus fort

CALCULS DE LA VgSSIB. 109

calibre. Son ouverture a à peu près la même dimension que le calibre do tube évacuateur, et la paroi du tube commence au niveau de l'orifice pour ne pas permettre au gravier de s'accumuler dans un nid de pigeon.

Ce tube évacuateur est réuni, par un tuyau en caoutchouc, avec l'aspirateur qui se compose d'une grosse pomme en caoutchouc, dont

l'une des extrémités est en rapport avec le tuyau qui la réunit au tube évacuateur et l'autre extrémité est montée sur un cylindre en verre.

Pour remplir cette poche, il suffit de plonger le tube dans un vase rempli d'eau et par la pression de la poche répétée plusieurs fois, le liquide vient occuper tout l'appareil. La capacité complète est d'environ 400 grammes, et lorsqu'on presse la poche assez fortement pour faire toucher les parois on chasse environ 60 grammes.

Le malade est d'abord endormi ; le chirurgien, après avoir injecté de l'huile dans l'urètbre, introduit le brise-pierre avec lequel il fait deux ou trois prises, puis il le retire et le remplace par la sonde évacoatrice mise en communication avec l'aspirateur rempli d'eau.

La pression rapide de la poche envoie dans la vessie une colonne de liquide qui disperse les fragments et les entraîne dans le tube lorsqu'elle rentre dans la poche qui a repris son volume; après unedouzaine d'aspirations, on retrouve dans le réservoir en verre tous les fragments capables de passer dans le tuyau en caoutchouc. On retire la sonde alors et une nouvelle réintroduction du brise-pierre permet de poursuivre la destruction du calcul, et ainsi de suite jusqu'à ce que l'on ne rencontre plus rien dans la vessie.

Les résultats obtenus jusqu'ici par ce procédé sont vraiment très remarquables, puisque sur 120 opérations il n'y aurait eu que 6 morts.

Un des inconvénients sérieux de l'aspirateur de Bigelow est de faire passer le courant d'eau aspirée directement dans le ballon au-dessous du récipient et d'entraîner des fragments qui peuvent être renvoyés dans la vessie, aussi M. Thompson a-t-il modifié l'appareil en plaçant le récipient entre la sonde et le ballon. Cet aspirateur est déjà plus perfectionné, mais la sonde y est assujettie d'une manière fixe, et pour l'incliner il faut mouvoir tout l'appareil (fig. 24).

L'opération de Bigelow a été accueillie avec une certaine réserve en France, mais comme elle repose, cependant, sur des considérations exacte? et judicieuses, on a pu, sans l'adopter complètement, modifier on peu la pratique ordinaire de la lithotritie.

M. le professeur Guyon a publié plusieurs observations de lithotritie rapide avec le chloroforme qui sont intéressantes à connaître. M. Guyon a d'abord modifié l'aspirateur de la façon suivante : A l'union du ballon en caoutchouc et de l'armature qui supporte le récipient, il y a une toile métallique interdisant le passage des

fragments dans le ballon ; la pièce qui s'articule avec la sonde est formée d'un tube en verre et de deux pièces en caoutchouc qui permettent les mouvements de la sonde sans bouger l'appareil.

M. Guyou a beaucoup réduit la durée des séances qui dépassent rarement vingt-cinq minutes; il yen a eu d'une heure, mais tout à fait exceptionnellement. Après avoir extrait tous les fragments, l'habile opérateur ne fait pas de suite la vérification de la vessie, il attend huit à dix jours. L'habile chirurgien consacre environ treize à quatorze minutes pour le broiement et les dix dernières minutes à l'évacuation.

Cio. ï-l. — Aspirateur de H. Thompson. Pic 25. — Afpiraleur du prof. Ciijon

Il ne commence l'évacuation que lorsqu'il considère le broiement comme terminé, tandis que H. Bigelow alterne le broiement et l'évacuation. Dans une observation, M. Guy on a fait jusqu'à cent cinquante prises de fragments avant de commencer à évacuer la vessie, qu'il ne cherche pas obtenir avec l'aspirateur seul, mais aussi avec la sonde ordinaire, et il change cinq ou six fois le procédé d'évacuation au cours d'une séance, passant alternativement des lavages à l'aspiration, suivant la contractilité du muscle vésical. — (Desnos, Th. Litbotritie & séances prolongées). Pour passer à la vérification il attend en général une semaine. Quant a l'anesthésîe, M. Guyon a adoplé comme règle générale, l'emploi du chloroforme à la première séance de lithotrilie ; pour la deuxième séance dite de vérification, il est moins absolu, mais il y a recours pour les vessies anfractueuses.

La méthode suivie par M. Guyon ralliera certainement un grand nombre de chirurgiens, car elle fait profiler les malades des bénéfice»

du nouveau procédé, tout en conservant les préceptes de prudence et de douceur qui sont la base de la bonne chirurgie.

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