‹ Eléments de pathologie chirurgicale (volume 5)Chapitre 36 sur 218 · JEH · texte numérisé non relu

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bientôt il se loge dans les tissus. Si ce calcul perd sa communication avec l'arèthre, il conserve le môme volume et ne se manifeste par aucun symptôme sérieux; mais, si la solution de continuité reste béante, il augmente rapidement par l'addition de nouvelles couchesapportées avec l'urine. C'est par le même mécanisme que se forment le» calculs dans les cavernes de la prostate, l'urine afflue constamment dans la cavité nouvelle, y séjourne et laisse déposer des sédiments calcaires qui ne tarderont pas à devenir des noyaux de calculs.

Telle est la classification qui a été proposée pour les calculs de la prostate, eu égard à leur origine ; il est une autre classification proposée par Vidal, dans laquelle ce chirurgien a tenu compte surtout de révolution des calculs. A part les calculs prostatiques proprement dits c'est-à-dire qui se développent dans le tissu même de la prostate, ce chirurgien divise les concrétions calculeuses de la prostate en : 1' calculs vésteo- prostatiques; 2° calculs prostato-vésicaux. Dans la première forme, le calcul de la vessie est situé au voisinage du col, augmente de volume, bientôt envoie un prolongement du côté de la prostate, s'engage même dans l'épaisseur de celte glande, et se développe à la fois du côté de la vessie et du côté de la prostate; il présente deux lobes inégaux en volume, mais le lobe vésical est plus contidérable. Si l'on veut extraire la pierre dans ces conditions, on aura kaocoup de peine à la dégager, tandis qu'elle rentrera facilement ins la vessie. Dans la seconde espèce, le calcul, quelle que soit son rigine, se développe beaucoup plus du côté^le la prostate, de sorte £e le calcul ne peut être repoussé dans la vessie ; et, si on veut le Morceler par la lithotritie, il faut pratiquer l'opération dans le canal il l'arèthre et dans la cavité constituée par la prostate. Koos avons exposé un peu longuement l'histoire anatomique des tirais de la prostate. Nous avons cru devoir nous étendre sur ce Jrint, à cause des faits nouveaux et encore peu connus qui se trou- Vent consignés dans le remarquable travail de M. Béraud. Il nous tete, pour terminer l'histoire de l'anatomie pathologique, à signaler k altérations que les calculs de la prostate font subir à celte glande, iforèthreet à la vessie.

Lorsque le calcul est volumineux, la portion prostatique de l'urè-

%re se dilate au point d'acquérir une capacité qui rappelle celle de

)t vessie; ce réservoir, au contraire, diminue de capacité; ses parois

fhjpertrophient, tandis que les parois de la poche prostatique dimi-

fcaent d'épaisseur en augmentant de dimension. Mais, en même temps

91e la concrétion calculeuse fait des progrès et qu'elle refoule le tissu

de la prostate, on voit cette glande se détruire par un travail d'ulcé-

talion progressif, et le calcul finit par proéminer du côté du rectum

et s 'échappe quelquefois par cet intestin.

Symptomatologie. — Les petits calculs de la prostate annoncent leur présence par les signes suivants: douleur et pesanteur au périnée, envies plus fréquentes d'uriner. Une sonde introduite dans l'urèlhre donne une sensation toute particulière, produite par le frottement de la sonde sur le calcul ; cette sensation se fait sentir moins profondément que dans le cas de calcul de la vessie ; une grosse bougie de cire molle, laissée quelques minutes dans Turèthre, ramène quelquefois des empreintes caractéristiques.

Quand ils sont plus volumineux, on observe, outre une dysurie plus ou moins complète, de la gêne dans l'émission du sperme; et Blandin, dans un cas, a constaté une demi-érection continuelle de la verge.

Lorsque la tumeur présente un volume considérable, elle détermine une sensation de gène et de pesanteur au périnée. Le doigt introduit dans le rectum sent la prostate bosselée, inégale, plus dure qu'à l'état normal. La pression détermine dans cette région de la douleur et une sensation rappelant celle d'une piqûre. S'il existe plusieurs calculs assez volumineux, on sent une espèce de crépitation produite par la collision des pierres qui frottent les unes contre les autres. Ajoutons que les calculs de la prostate, même d'un certain volume, échappent quelquefois à l'examen le plus attentif. Vidal cite un cas de calcul gros comme un œuf qui n'avait pas été reconnu.

Pronostic. — L'affection calculeuse de la prostate est fort grave, à cause des symptômes c^'elle provoque, des accidents qu'elle détermine. Abandonnés ft eux-mêmes, les calculs prostatiques se font quelquefois jour spontanément, soit par l'urèlhre préalablement ulcéré, soit par le périnée, soit par le rectum.

Traitement. — Lorsque les calculs de la prostate sont peu volumineux, il faut les extraire par l'urèlhre : on se sert alors de la pince de Hunier ou d'un instrument analogue, ainsi qu'il a été dit pour les corps étrangers de l'urèlhre; il est bien entendu que, s'il existait un rétrécissement de l'urèlhre, ce canal serait préalablement dilaté. Dans les cas où il existerait une fistule, ce serait par cette voie qu'il faudrait aller chercher le calcul, si l'extraction par l'urèthre n'était plus facile.

Si le calcul est trop volumineux pour être extrait par l'urèlhre, on a proposé de le broyer sur place, et, pour cela, on a fait construire des lithotrileurs de toute petite dimension.

Nous ne saurions trop protester contre ce procédé difficile à mettre i exécution et s'accompagnant souvent d'accidents graves; aussi n'hésitons-nous pas à conseiller de pratiquer la boutonnière uréthrale et d'aller à la recherche du calcul ou des calculs, soit avec la lenette, soi t, comme l'a conseillé M. Manzani (de Rome), de les faire sortir avec un

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