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ÉLÉPHANTIASIS DU SCROTUM

ïe fourreau de la verge est retourné sur lui-même de manière à former au canal de l'ufèthre un prolongement quelquefois de 25 centimètres. Le nouveau méat est placé sur la partie moyenne ou inférieure de la tumeur; il a chez certains sujets la forme de l'ombilic, chez d'autres celle d'une vulve étroite. L'urine n'est plus projetée à distance, elle suinte ou coule en nappe par celte espèce de canal. L'épaississement des téguments empêche l'irritation que causerait le contact de l'urine; chez quelques sujets cependant l'action du liquide sur la peau détermine des excoriations très douloureuses. La peau des régions pubiennes, inguino-crurale, ano-pôrioéale, est déplacée par Je fait du développement de la tumeur, dont elle forme l'enveloppe légumentaire.

La tumeur est arrondie ou ovoïde, souvent bilobée dans le sens vertical, c'est-à-dire selon la direction de la cloison des bourses; elle est supportée sur un pédicule plus ou moins large ; sa coloration est variable, elle est parsemée de mamelons plus ou moins foncés, de squames, de croûtes, au-dessous desquels se trouvent de petits ulcères.

La tumeur est molle au début, peu à peu elle augmente de consistance, mais d'une manière irrégulière; car, dans certains points, elle donne la sensation d'une fausse fluctuation, tandis que dans d'autres elle offre une dureté considérable. Les désirs vénériens sont généralement conservés.

Les symptômes généraux sont à peu près nuls; chez quelques malades on observe des accès de fièvre plus ou moins intenses, plus ou moins irréguliers, et coïncidant presque toujours avec une augmenta* tion de volume de la tumeur.

Le diagnostic de l'éléphantiasis des bourses est en général extrêmement facile; peut-être à la rigueur pourrait-on confondre l'œdème du scrotum avec un éléphantiasis commençant, mais la marche de la maladie, son mode de développement ne peuvent laisser longtemps le praticien dans le doute. Nous ne croyons pas qu'il soit possible de prendre un éléphantiasis pour une tumeur du testicule ou du cordon spermatique.

Prohostic. — Cette affection est sans gravité pour la santé générale ; mais elle ne disparaît presque jamais spontanément ou par l'action des médicaments ; elle reste rarement stationnaire, finit au contraire, par le développement que peut prendre la tumeur, par apporter une gêne telle que l'on est obligé de recourir à une opération, dont les suites peuvent être des plus graves. D'un autre côté, on voit souvent survenir des ulcérations qui ont pour la santé des conséquences fort sérieuses ; on peut donc dire que l'éléphantiasis du scrotum est grave.

Traitement. — La thérapeutique de l'éléphantiasis du scrotum est

à peu près nulle. Peut-être le changement de climat pourrait-il arrêter dans sa marche une tumeur commençante. Les antiphlogis* tiques, les sudorifiques, les préparations iodées ou iod urées, les mer* curiaux, les purgatifs, les vomitifs, les préparations arsenicales, les vésicatoires, les cautérisations, les topiques les plus variés, et fort sou* vent les plus bizarres, ont été conseillés, mais presque toujours sans avantage appréciable. Peut-être la compression, le repos dans la position horizontale, sont- ils appelés à de meilleurs résultats; mais jus* qu'à présent cette méthode n'a pas eu l'occasion d'être appliquée assez souvent pour qu'elle puisse être recommandée comme efficace. A la vérité, on a obtenu quelques cas de guérison, même définitive, à l'aide de la combinaison d'un certain nombre de ces derniers moyens; mais les succès ont été assez rares pour qu'on ne puisse rien formuler sur leur valeur.

Les ponctions et les scarifications amènent quelquefois la diminution de la tumeur, y procurent l'évacuation d'une certaine quantité de sérosité; peut-être des sétons pourraient-ils avoir de bons résultats. Larrey a obtenu un peu de diminution chez un vieillard qu'il eut à soigner au Caire : un large séton entretenait un écoulement continuel de sérosité.

Vextirpation est la seule ressource, lorsque la tumeur par son développement excessif constitue une pénible et hideuse infirmité.

Quoique cette opération ait été pratiquée bien avant Larrey, c'est k ce chirurgien que revient l'honneur d'en avoir posé l'indication formelle. Depuis le commencement de ce siècle, elle a été faite un assez grand nombre de fois; plusieurs praticiens même ont souvent répété cette opération.

En pratiquant cette opération, à laquelle on a donné le nom d'oschéotomie, le chirurgien a un double but : 1° de débarrasser le malade de la masse morbide qu'il tratne avec lui; 2° de garantir, s'il est possible, les organes virils presque toujours intacts au milieu des dégénérescences les plus avancées.

Il est difficile de tracer des règles applicables, nous ne dirons pas à tous les cas, mais à la plupart des cas d'éléphanliasis; le volume de la tumeur, l'état du pénis, la position du testicule, l'intégrité d'un des côtés du scrotum, sont autant de circonstances qui doivent modifier le manuel opératoire : toutefois, on peut dire d'une manière générale qu'il faut pratiquer l'extirpation de tous les tissus hypertrophiés, indurés ; il faut en outre se ménager vers le pédicule de la tumeur, on sur les côtés, une quantité de peau assez saine, assez souple, pour servir de fourreau à la verge et d'enveloppe aux testicules. Le chirurgien aura la soin de faire ses incisions parallèles aux cordons spermatiques, afin d'éviter la lésion de ces organes. Esdaile conseille de tenir la

tumeur élevée pendant quelques minutes avant de l'entamer, afin de la vider s'il est possible d'une partie du sang qu'elle contient.

Celte opération présente des difficultés réelles : il est à remarquer qu'elle n'est pas douloureuse en raison de l'état anesthésique que la maladie elle-même imprime à la tumeur. Elle n'est pas excessivement grave» puisque Esdaile, qui a pratiqué 161 opérations d'éléphanliasis, n'aurait eu à déplorer que 5 morts pour 100 opérés.

Nous n'insisterons pas sur les complications qui peuvent se présenter : une hernie, par exemple. Tout le monde comprend qu'il faudrait, avant de pratiquer l'ablation de la tumeur, procéder à la réduction. Nous ne dirons rien non plus des accidents qui pourraient survenir pendant l'opération, de l'hémorrhagie par exemple ; on s'en rendrait maître par la ligature, par la torsion, les pinces hémostatiques, etc. Hais il faut s'attendre à la récidive dans la cicatrice et autour.

Aussitôt que l'extirpation sera faite, on procédera à la réunion des lambeaux, en recouvrant le pénis et les testicules à l'aide des téguments ménagés à cet effet.

Cancer du scrotum. Cancer des ramoneurs. — Cette affection a été étudiée précédemment (voy. Cancer des ramoneurs, t. I), et aujourd'hui on sait qu'il s'agit d'un épithélioma tubulé, dont la marche est relativement lente.

ARTICLE V

AFFECTIONS DU PÉNIS Revues par le Dr Armand Després.

§ I". — Vices de conformation.

Les vices de conformation du pénis portent sur l'urèthre, les corps caverneux, le prépuce; le pénis peut manquer entièrement. Nous avons déjà étudié dans les arlicles précédents les vices de conformation de l'urèthre; nous avons vu en outre quelles étaient les principales anomalies des corps caverneux, lorsque nous avons décrit l'exstrophie de la vessie et l'épispadias; nous n'aurons donc pas à nous arrêter sur ce point. Nous examinerons surtout ici les vices de conformation du prépuce.

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