PLAIES I>ES OS
La description que nous avons donnée de Tostèite, de la carie et de la nécrose, nous dispense d'entrer dans de longs développements pour ce qui concerne les plaies des os. La division eoniplète des os longs par un instrument tranchant exigerait seule quelques détails; mais ces lésions ont tant d'analogie avec les fractures compliquées de plaies, qu'il nous parait plus convenable de tracer leur histoire à l'oreasion de celte corn* plication des fractures.
l^s plaies des os peuvent être produites p<'ir des instruments piquants et tranchants. Les premières sont en général des lésions extrêmement simples; la plaie se cicatrise aussi rapidement que si l'os n'avait point été intéressé. L'innocuité des simples piqûres des os est connue de toaa
PLAIES BES OS. fSS
Iw ebinirgiens : c'pst pour ce iiiolif que Malguignc n'ii pas craint de
wr, dans certains cas, d'enfoncer un poin(;on dans les extrémités
ii6n d'avoir prise sur certains os luxés pour les replacer dans
I mppurle normaux. Toutefois, il faut reconnaître que ces manœu-
I iw sont pas toujours inotfcnsives; plusieurs fois M. Péan a vu leur
Iploi, par Malgiiigne luî-uiéme, produire des fractures épiphysaires
fi arthrites suivies de mort. Les plaies par instruments piquante sont
tentent dang&reitses: 1° lorsque l'iigent vulnéranl perfore la table
olorno Kl )e diploé d'im tu plat et chasse un morceau de la table in-
tefoe du cAl^ des organes splanclmiques ; 2° lorsque la pointe de l'in-
il a été rompue et reste implanhie dnns l'os; dans ce cas, comme
elle pourrait déterminer une osli^ilc. une carie, une n{;crose du tissu OMt», un phlegmon des parties voisines, il est indiqué d'en pratiquer Talnction le plus tAt possible k l'aide de pince ou de leviers, ou, si m moyent étaient iosufllsante, en appliquant sur l'os une couronn» lie (ré|mn qui pnlMe à la fois une portion d'os cl le corps étranger qui ; nt implanté.
La plupart des plaies des os sont produites par des instruments tran- Aank, qui agissent en mCme temps, à cause de leur poids et da leur Tidume, comme ciirps contondants; tels sont, par exemple, une hache, nae serpf), un sabre, etc. Il résulte dp cette double action du corps vuloértnt que la solution de continuité de l'os est souvent aeconipagnée d'un c«rUin degré d'attrition du tissu ossous.
iU AFFECTIONS DES OS.
Ces instruments peuvent agir perpendiculairement ou obliquemei
par rapport à la surface de l'os; dans le premier cas, ils se bornent
produire un sillon superficiel, une rainure plus ou moins profonde, o
ils divisent l'os dans toute son épaisseur. A la section de l'os pearei
se joindre des fêlures qui se portent en diiTérents sens. Lorsque Pii
strument agit obliquement, il peut, comme dans le cas précédeni
creuser un sillon plus ou moins apparent, et dans certains cas sépare
complètement une portion d'os d'un volume variable. Une semblabi
lésion ne constitue point par elle-même une complication très-impoi
tante : si les parties molles n'ont point été détruites ou fortement con
tuses, il suffit souvent de les rapprocher et de recouvrir l'os qui a et
intéressé : la réunion immédiate peut être alors fréquem
nient obtenue comme dans une plaie des parties molles
/-^ cependant, dans quelques cas, la réunion primitive n'
w pas lieu, le tissu osseux qui a été atteint présente la séri*
^ des phénomènes que nous avons décrits à l'occasion d
J'ostéite; il se recouvre de bourgeons charnus, et il $t
forme une cicatrice qui est souvent déprimée et adhérente
Il peut également se faire une exfoliation d'une partie d
l'os, surtout lorsque celui-ci a subi une forte contusion.
Dans le cas ou un fragment a été complètement séparé si ce fragment ne tient plus aux parties molles que pa quelques brides cellulaires peu étendues, il faut le déta cher et l'extraire; si, au contraire, il adhère par une larg* surface, il est permis d'espérer que la vie sera entretenu dans le fragment, et Ton peut tenter de le réappliquer ave le lambeau des parties molles. L'expérience a appris qa< ces fragments peuvent se réunir au corps de l'os; mais, pou que ce travail s'accomplisse, il faut en général un temp assez long. Est-il besoin do dire qu'on ne devrait pas tente la réunion dans le cas où l'os aurait été longt(*mps exposi à Tair ou violemment contus?
Je me borne à ces indications très-succinctes pour lei motifs que j'ai exposés; ce sujet doit ^'d'ailleurs être trait4 avec plus de développement à l'occasion des plaies di crâne.
Dans les articles Plaies et Ostéite , j'ai exposé longue
ment les effets produits sur les os par les projectiles lancé
par les armes à feu, je n'ai donc plus à m'en occuper ic
(voy. Plaies d'armes à feu, p. 489).
Toutefois, comme il est difficile, dans certains cas, di
savoir si la plaie est simple ou si elle est compliquée, on pourra éclairer II
diagnostic au moyen du stylet explorateur à boule de porcelaine (Ug. 27
Fie. 27.
PBACTUftES. 165
raguense, dont je suis Tinventeur. Cet instrument, dont chacun connaît li figure (voy. fig. 27), m'a permis, comme on sait, de découvrir la balle de Garibaldi.
Depuis cette époque^ il m'a été utile pour redresser un très- grand nombre d'erreurs de diagnostic qui n'étaient pas sans effets fâcheux. On verra par Tobservation suivante (1) tout le parti que l'on peut en tirer dans les cas obscurs : Un Irlandais vint dernièrement à Paris pour tire traité d'une lésion de la région sous-occipitale postérieure. Ce jeune homme avait reçu, à bout portant^ dans la nuque, un coup de instolet tiré par son frère^ lequel est aliéné et n'a pu me fournir aucun renseignement sur la manière dont l'arme avait été chargée. Depuis cette époque^ le blessé portait au cou une plaie contuse, qui bientôt se compliqua d'inflammation phlegmoneuse. Un abcès fut ouvert et resta fistuleox. A la première inspection, je constatai l'existence d'une plaie arrondie à peu de distance du trapèze. Un stylet métallique fut introduit dans cette plaie, et fit reconnaître un corps sphérique immobile que je pris pour une balle. Pour m'assurer du fait^ je contrôlai ma première exploration à l'aide du stylet à boule de biscuit, et, contrairement à mon attente, la boule ne rapporta pas la moindre trace de métal. Je me demandai alors ce que pouvait être ce corps qui simulait si parfaitement un projectile. C'était le petit tubercule postérieur et moyen de l'atlas^ qui se trouvait à nu. Ce résultat acquis, il n'y avait naturellement qu'à respecter le tubercule osseux^ et à tarir^ s'il était possible^ la source du pus. A cet effets je me servis^ pour dilater le trajet fistuleux, de tiges de laminaria dtgitata, substance facile à tailler et à introduire dans les trajets sinueux. Icl^ le but fut rapidement atteint; et que vit-on sortir à la suite de cet élargissement de la fissure? D'abord une bourre, constituée par le fragment d'un journal dont on lisait distinctement le texte^ puis un petit caillou lisse que j'ai présenté dans un de mes cours professés à l'hôpital des Cliniques.