FRACTURES DE LA CLAVICDLE. 2S
chetnent et déplacement suivant la direction, le fragment externe passant, contrairement à ce que nous avons dit, au-dessus du fragment interne. Ce déplacement rare a été observé par Hîppocrate. Cette variété, dit-il, est peu grave, attendu que le poids du bras rapproche naturellement les fragments, et favorise la formation du cal .Le dépla*. cernent fait ordinairement défaut dans les fractures situées près de l'extrémité sternale. Quand il existe, il est* habituellement produit par la violence d'un choc direct qui refoule le fragment interne en arrière (flg. 98). Le déplacement en avant de l'extrémité interne du firagroent externe est très-apparent sur plusieurs pièces déposées au
Fie. 9S. — Fracture cooioUilée de l'extrémitd ialGrae de la clavicule.
musée Dupuytren. (Juelqucfois un déplacement inverse se produit, comme on le voit sur la figure 99. Dans les observations de fractures produites par action musculaire, les fragments formaient un angle uillant en avant, mais ils ne s'étaient pas complètement abandonnés.
la clavicule.
CoKPUCATioifs. — Outre les complications communes à toutes les fractures, telles que contusion, épauchement de sang, plaie, issue des fragments, il faut noter, comme propres aux fractures de la clavicule, la blessure de la veine ou de l'artère sous^clavière par un des fragments,
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lOO AFFECTIONS DES OS.
accident très-rare dont on ne possède qn'un fort petit nombre d'exem* pies; et la déchirure du plexus brachial, ou la contusion décrite par Desault sous le titre de commotion du plexus.
Symptômes. — Lorsque la fracture est située au niveau de Tapophyse coracoîde, ou entre cette apophyse et Tacromion^ on ne ti-ouve ordinairement aucune déformation ; la mobilité anormale et la crépitation sont très-diflBcilcs à constater, et les fonctions du membre ne sont point gênées. La lésion peut donc alors passer inaperçue et être confondue avec une contusion. On parvient quelquefois cependant à provoquer une douleur limitée à la ligne de la division et à produire une légère crépitation, soit en pressant au niveau du point où Ton suppose la fracture, soit en imprimant quelques mouvements à Tomoplate, à Taide de l'humérus, que Ton élève et que Ton abaisse d'une main, tandis que de l'autre on fixe le corps de la clavicule.
Lorsque la fracture occupe la partie moyenne de l'os, les symptômes sont nombreux et tellement caractéristiques, que Ton peut, comme le faisait ordinairement Desault, porter le diagnostic à dislance. En effet, on constate facilement par la vue et par le toucher une saillie plus ou moins prononcée, formée ordinairement par le fragment interne. Le moignon de Tépaule se trouve plus rapproché de la ligne médiane du corpS; conséquence du chevauchement du fragment externe ; il est en outre abaissé. Le bras dans la rotation en dedans est soutenu par la main du côté opposé, la tétc est inclinée vers le membre blessé, attitude qui suffirait presque à un chirurgien exercé pour lui faire annoncer, avant tout autre examen, Tcxistcnce d'une fracture de la clavicule. Lorsqu'on ordonne au blessé de porter sa main à la tôle, on le voit d'abord fléchir Tavant-bras sur le bras, puis incliner la tCte pour la porter à la rencontre de la main, mais le bras reste presque immobile. Ce signe, que Bichat croyait être une conséquence nécessaire de la perle du point d'appui que la clavicule oifre aux mouvements de l'épaule, est loin de se présenter chez tous les sujets. Quelques-uns portent très- facilement la main à la haut(uir de leur tête, bien qu'ils aient la clavicule rompue ; d'autres n'exécutent que diflicilement ce mouvement; plus souvent encore les mouvements qui portent la main en arrière sont impossibles dans certaines limites ; il est probable que la douleur seule empêche alors de les accompHr. La mobilité anormale et la crépitation se constatent d'ailleurs aisément.
A ces symptômes qui appartiennent à la solution de continuité de Tos, il peut s'en joindre d'autres qui dépendent des complications que nous avons indiquées. Je dois signaler ici la perte complète de la sensibilité et des mouvements du membre^ attribuée par Desault à la commotion du plexus brachial.
DiÀOROSTic. — La fracture de la clavicule, lorsqu'il n'existe aucun
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déplacement, peul être confondiif- avec une simple contusion; dans le cas contraire, il serait diflîciie de la méconnaître. Toutefois une exoslose (J. L. Petit), ou une ostéite, ainsi que M. Péan et moi l'avons observé deux fois, peuvent simuler une fracture ancienne. Il convient, dans ces cas douteux, de garder une prudente réserve jusqu'à ce que la marche et le traitement soient venus jeter un jour nouveau sur le diagnostic.
TiurmiENT. — Lorsque la fracture ne s'accompagne d'aucun déplacement important, comme cela se voit ordinairement dans les frac-
Fis. 100. — Fraclure de la clavicule traitée par l'appareil lie Doaull.
turcs voisines de l'iicromion ou du sternum, la guoiison s'opère promp- 'iiientetsansdifficulte.il n'en est pas de même pour les fractures romplèles de la partie moyenne. Leur i-édiictioii s'opère en génénil «« facilité ; il suffit pour cela d'attirer en dphoi-s, en haut et en arrière, le moignon de l'épaule, qui entraîne dans le mûine sens le fragment citerne, tandis qu'avec une main on déprime légèrement le fragment interne. Maïs aussitûl que l'on abandonne le moignon de l'épaule, le déplacement se veproduil. Pour combattre cette tendance conti
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