FRACTURES DE L'HUMÉRUS. S
rexaciitude de cette opinion. C'est ainsi qu'en 1862, à Thôpital des Cliniques, je dus extraire répitrochlée, complètement détachée, et que M. Péan, chez deux malades venus dans son service à l'hôpital de Lariboisière, pendant qu'il remplaçait par intérim M. Cusco^ trouva le condyle interne fracturé et faisant saillie entre les téguments : chez l'un d'eux, il était réduit en esquilles ; en même temps le bras et l'avant-bras étaient gorgés de sang épanché. Dans tous ces cas^ les malades guérirent sans qu'il fût nécessaire de recourir à l'amputation.
Fraeiwre dm ««Mndyle externe de rhaménui. — Cette fracture^
comme la précédente, est la plus commune de toutes celles qui portent sur le coude, on l'observe presque toujours chez les jeunes sujets. Le déplacement manque quand le périoste est conservé ; mais parfois il est tellement prononcé, qu'on croirait à une véritable luxation de la iéte du radius; quelquefois il y a un peu d'élargissement transversal du coude. Il est difficile, pendant la vie, de savoir si le condyle est seul détaché, ou si la fracture n'a pas entraîné avec lui une portion de la poulie articulaire.
Le pronostic est généralement peu grave. Lorsqu'il n'y a pas de déplacement^ la consolidation est parfaite, ainsi que j'ai eu Toccasion de le constater moi-même ; mais quand le déplacement est très-prononcé^ la réunion des fragments se fait par pseudarthrose. Dans ce cas, on voit les mouvements rei)araitre complètement avec le temps et l'exercice.
Suivant A. Cooper, cette lésion se reconnaît aux signes suivants : Tumeur au niveau du condyle externe^ douleur à la pression et dans les mouvements de flexion et d'extension du coude, crépitation déter minée par les mouvements de rotation du radius. Si le fragment e^t volumineux, il est entraîné en arrière et entraîne le radius avec luL Sur Jeux pièces conservées dans le musée de lliôpital Saint-Thomas, il n'existe aucune trace du cal ; il s'est fait entre les fragments une union ligamenteuse.
Praetwre ée l'épitrodiiée. — L'épi Irochlée peut être fracturée seule, plus ou moins près de sa pointe ou de sa base. Cette fracture est habituellement produite par une cause directe^ rarement par action musculaire. Le plus souvent elle s'accompagne de déplacement. Le diagnostic en est ordinairement facile en raison de la position superficielle de cette éminence. Il suffit de poser la main sur elle et de la faire mouvoir isolément pendant que le malade étend et fléchit l'avant-bras, pour obtenir la mobilité anormale et la crépitation.
On a vu quelquefois la lésion du nerf cubital accompagner cette fracture et une paralysie s'en suivre pendant quelques semaines dans les
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muscles et les tégunienls animés par le nerf. Il est probable que celle lésion était le résultat du choc qui avait produit la fracture.
î^e pronostic n'est pas grave : le membre recouvre assez promptement ses fonctions, lors môme que la fracture ne s*est pas consolidée, ou que le déplacement entretenu par Taction musculaire n'a pas été réduit par Tappareil. Néanmoins il reste dans ces cas une difformité apparente.
Toutes ces fractures n'exigent d'autre appareil qu'une bande roulée sur le coude fléchi à angle droit.
Pour donner plus de solidité à l'appareil, on peut y joindre quelque> plaques de carton mouillé qui enveloppent les parties latérales et postérieure du coude.
Lorsque la fracture est compliquée de plaie, il ne faut pas désespé* rer trop tôt de sauver le membre. Dans un cas vu par Desault, la guérison fut obtenue. Nous pourrions citer quelques exemples de succès semblables.