‹ Eléments de pathologie chirurgicaleChapitre 6 sur 102 · DE L*AFF£CTION TUBERCULEUSE DES OS · texte numérisé non relu

DE L*AFF£CTION TUBERCULEUSE DES OS

Telle est rafféclion tuberculeuse qui a été indiquée par Traugott Gerber, Frederick Haacke« Delpech et M. Nichet. Mais n'est-il pas potrible jAe reconnaître anatomiquement cette lésion avant qu'elle soit pmfenue à ce degré de développement, d'apercevoir le point de départ de Piltération organique, pour ainsi dire la lésion élémentaire ? S'il est bcile^ dans an tissu mou et spongieux, comme celui du poumon, dans lequel la pression exercée avec la main suffit pour faire reconnaître un endroit plus résistant et diriger les recherches, s'il est facile dans ce teo de reconnaître les premiers rudiments de l'affection tuberculeuse, il n'en est plus de même pour les os, qui peuvent receler dans leur iatéffiear des productions morbides et les soustraire à nos moyens ilafestigation ; c'est là probablement la cause qui nous en a dérobé Il eoanaissance jusqu'à ce jour. D'un autre côté, on conçoit que les ImoDS anatomiques un peu délicates, enfermées dans un tissu qu'on ■e peat diviser qu'à l'aide de la soie ou d'instruments peu acérés, pmsent facilement être détruites par les manœuvres mêmes que l'on empliMe poor les découvrir. On devra donc s'y prendre de la manière «Bvante.

Lorsqu'on veut reconnaître si un os contient des tubercules nais- ^ il faut, après l'avoir dépouillé du périoste qui le recouvre, recheri sa surface présente quelques points plus vasculaires, formant des marbrures violacées ; examiner en même temps s'il existe quelques boiselores, même très-légères, qui ôtent à l'os sa régularité. Si l'un ou raatre de ces signes se rencontre, il faut enlever, à l'aide d'une scie, réeorce la plus compacte de l'os, puis détruire progressivement le tissu eeDuleux avec l'extrémité d'un fort scalpel, de manière à sculpter, pour ainsi dire, le tissu autour de la lésion organique.

C*est en suivant le procédé que je viens d'indiquer que je suis parvenu plusieurs fois à constater que les tubercules des os, comme ceux des poumons, reconnaissent pour point de départ la granulation grise éimi^trûHfforente décrite par Laennec, M. Louis, etc. Je possède le dessin d'une extrémité supérieure du fémur qui présentait un fort bel exemple de ces granulations tuberculeuses. Au centre du tissu spongieux qui occupe la base du grand trochanter, se trouve une masse de six à sept lignes d'étendue dans tous les sens, formée par la réunion de petites granulations perlées d'une demi-ligne de diamètre, d'une eouleur blanche opaline. Plusieurs de ces granulations, surtout celles qui sont placées à la périphérie, sont entourées par une petite coque osseuse d'une ténuité et d*une transparence telles, qu'on ne Taperçoit point à première vue ; on la reconnaît seulement à la résistance qu'elle oppose lorsqu'on cherche à la percer avec la pointe d'une aiguille. Quelques-unes de ces granulations présentent dans leur centre un point jaune, opaque, indice d'une transformation commençante. Dans

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les interstices qui les séparent rampent quelques vaisseaux extrêmement déliés, qui vont s'aboucher avec ceux du tissu osseux ambiant sur lequel on observe une injection très- apparente. La surface de foSi dans le point le plus voisin de ce dépôt tuberculeux, est doublée pif une couche osseuse de nouvelle formation; on remarque en outre ont augmentation évidente de la vascularité.

Depuis la publication de mon premier travail, j*ài eu l'occasion de voir quelques pièces qui offraient de cesgranulationsdemi-transpafonlas. Une de ces pièces, que je conserve encore, et que j'ai fait dessiner^ montre dans l'extrémité inférieure du fémur une de ces granulations plus volumineuse que toutes celles que j'avais vues ; elle a 5 roillimètreB <h diamètre, une forme ovalaire, et présente déjà un point jaune optqut à son centre. Le docteur Reid parait également en avoir vu, car il dil: « Le tissu spongieux des os renfermait, sur quelques points du sqw» lette, des masteê grisâtres translucides^ tantôt gélatineftses^ tantôt de ctm^ sistance presque cartilagineuse ^ plus ou moins considérables, et laplmparî arrondies ou ovales (1). p J'insiste .sur ce point, parce que quelques personnes, n'ayant pas été assez heureuses pour découvrir cette léaiM anatomique, ont cru devoir en révoquer en doute l'existence.

Si Ton considère que ces granulations présentent une identité par» fuite avec les granulations grises, généralement regardées comme fcr rudiment des tubercules pulmonaires ; qu'elles se rencontrent ordinak rement sur des os qui, dans d'autres points de leur étendue, présent tent de véritables tubercules, et chez des sujets dont les poumons an contiennent également ; qu'on ne les rencontre pas dans les circoiH stances opposées, on sera, je pense, autorisé à conclure que, dans toi os comme dans les poumons, le tubercule cru procède de la granula* tion grise.

Les cloisons osseuses qui séparent chacune de ces granulationt, d'abord affaiblies par absorption, ne tardent point k disparaître compté* tement; un kyste analogue à celui qui se forme autour de tout corpa étranger enfermé au sein de nos tissus enveloppe toute la masse, qui présente alors tous les caractères que j'ai indiqués en traitant du lober» cule enkysté à l'état cru.

Mais cette succession dans les phénomènes pathologiques s'observe» t-elle constamment? Cela n'est point probable. Kn effet, si Ton eoosi^ dére la fréquence des tubercules enkystés jaune opaque, et la rareté dae cas dans lesquels on a pu constater la présence de granulations grises^ on est porté à croire que cette différence ne tient pas seulement aux difficultés que présente la recherche de ces granulations, mats bien à oa que dans les os, comme dans tout autre tissu, les tubercules peuvent ee

(1) £m. eU., p. âas.

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