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ARTICLE XXXVIII

DES OSTKOPIBROPLAXOMES.

5TiH>oymi«: Tnraran fibmiili>!i, tilini-pliiiitiqiii'». ••mlirvuplwitiqaef (|>.

DiForrriON. — Nous donnons ce nom aux tumeurs des os coiisl

(i) Ce chapitre, de même que eeux qui ont élé ajoutés dans cette édîUon, 1 des tnmeura des ot, a été eitrait presque textuellement d'un Traité sur les Imm M. Péao allait meUre sous presse lorsque je lui ai confié le soin de continMr I cation de cet ouirrafe.

DES OSTÉOFJBROPLAXOMES. 563

la multiplicité anormale et prédominante des éléments anatomiques Li ft-s fibro-plastiques.

niSTO&iQUE. — Les anciens auteurs^ se basant surtout sur les carac- ^ i^€$ extérieurs de ces tumeurs^ les confondaient sous les noms vagues i^ sarcomes, spina-ventosa, fongus, exostoses^ avec des affections ss^enliellement différentes ; en sorte qu'il est difficile de découvrir» au iLÂ lieu de leurs observations, celles qui se rattachent le plus directe- M^ Dt aux fibroplaxomes.

j\ une époque rapprochée de nous, nous voyons encore les auteurs ?^ plus justement estimés, tels que les Dupuytren^ les Boyer, contii«:a«r à les décrire sous des noms variés et obscurs qui les rendent •omjivent méconnaissables, dans Tignorance où ils étaient de leur stnicu^s:*€ intime. Quant aux auteurs qui accordèrent aux éludes histo- <>Siques une véritable importance, ils n'étaient pas beaucoup plus li^mjreux.

l^orsque, en 1865, M. Lebert décrivit une espèce particulière de i(A mineurs constituées par un tissu qu'il avait étudié le premier, et auquel il donna le nom de fibro-plastique^ ce savant distingué fut bientôt u^^^^né à reconnaître quelques-uns des caractères cliniques de cette cU^ssc de tumeurs des os ; mais il les confondait encore avec les tuurs myéloplaxiques, lorsque M. Robin vint démontrer la différence éléments qui constituent ces deux ordres de tumeurs, partir de cette époque, nous voyons publier dans les recueils péiques, tant en France qu'en Allemagne et en Angleterre, plusieurs rvatious dignes d'intérêt; toutefois ce fut M. Ordofiez qui, le preï^îer, eut le mérite d'établir que le tissu fibroplastique offre, à l'état >^lbologique , plusieurs variétés qui correspondent aux diverses périodes d'évolution que parcourt le tissu conjonctif. Ces recherches >nt été vulgarisées dans les leçons que M. Péan a professées publiquement, en 1859, sur les tumeurs myéloplaxiques et fibro-plastiques ies os. Elles ont été également consignées dans la thèse de M. Manuel îarrera, qui était à cette époque un de ses élèves les plus distingués hése de Paris, 1865). Cette monographie remarquable mérite d'autant ieux d'être consultée, qu'elle renferme un grand nombre d'observans recueillies avec soin, et que, au moment de sa publication, les neurs fibro-plasiiques des os n'avaient été Tobjet d'aucune étude spéle dans les livres de pathologie les plus modernes. lÉGE. — Les fibroplaxomes peuvent occuper tous les os du sque- », mais ils siègent de préférence sur les os longs, et en particulier le fémur, le tibia et le péroné. Sur vingt-trois cas relevés par 'arrera, quatorze fois la tumeur occupait un os long, sept fois un at, et deux fois seulement un os court, lequel dans ces deux cas le.calcanéum. Parmi les os longs, huit fois la maladie occupait

5hh APtrfiCtiONS DES OS.

une dés épit)hyses du gehoii, et^ pâtmi les bi t)laU9 ceux de la voûte crânienne, le maxillaire inférieur et Tomoplate futdtli lé p\ù^ soutent affectés.

il est extréiHehfient rare, dans lies o^ loHgs de dimehsion§ cbnsidérables, que la diaphysé soit le point de dép^itt de là tumeur, au moins d'une manière exclusive. Dans les os longs de dirilensions tnoindres, cbthme les.métacar))iehs et les tHétatarsiens, la diat)hyse, au contraire, est souvent envahie en totalité par la maladie. M. Cairet^ a observé é^lemetlt que, dans les os plats, c'est plutôt le cehtre que la circonférence qui est affecté. Quant âii calcanétml, dans les deUi cas où il avait été attaqué, il entrait en entier dans la constituttion de la tumeur.

Anatomie et tatsiOLOGiE PAtHOLOGiQUES. — Pour théttrc autant d'ordre que possible dans la description qui va suitre, hoûs allons étudier Successivement : 1® le tissu des tumeurs fibro-plastiqlies; 2* leur évolution; 3* leurs altérations; U^ l'influence qu'elles exercent sur les organes circonvoisins.

!• Tissu fibro'pla^ique. — Le tissu fibro-plastique des OS, de même ^ue celui des pàMies molles, ne présenté pas toujours le même aspect. Lo plus souvent il offre une teinte grisâtre, et resseh^ble au tissu plus ou moins congfestioimé du cerveau ; mais, d'autres fois, il a toutes Iips apparences de la gélatine ou du lissu fibreux : c'est ce qui explique pourquoi les auteurs ont assez souvent désigné les turheurs Bbro-plastiques dts os, d'après leur aspect, sous les noms typiques de colloïdes, sarcomateuses, myxoïdes ou fibroïdes.

La consistance de ces tumeurs varie suivant qu'on les examine à Pétai de crudité ou à Tétat de ramollissement. A l'état de crudité, le tissu flbro-plaslique présente un certain degré de résistance et d'élasticité. Par le grattage, il fournit une sérosité plus transparente que le suc cancéreux ; à la coupe, il donne quelquefois une crépitation produite par la brisure d'aiguilles osseuses contenues dans sa trame. A l'état de ramollissement, il devient jaunâtre, mou, friable, grumeleux, presque liquide. Dans les deux cas, le degré de consistance et de coloration, tout en se rapprochant de ceux que nous venons d'indiquer, présentf pour chaque tumeur quelques nuances dues à la proportion variable des éléments accessoires ; ceux-ci peuvent donner à la tumeur une teinte plus rougeâtre, d'autres fois une teinte jaunâtre, comme celle* la matit'^re grasse dite phyniîitoïde, tt un peu plus de cohérence. Mai* ce sont surtout, comme on va le voir, les diverses périodes d'évolution des éléments constituants qui déterminent les principaux type? quf revêtent ces tumeurs.

En effet, lorsqu'on examine au microscope» les éléments qui constituent principalement les fibroplaxcunes fig. 234), on voit : !• Que ceux qui existent dans les colloïdes sont semhlublesà ceux qui caractérisent k*

DES OSTBOFI^VQBU^XttlIES. 5^$

li«su pQDJoiic^f qoriQ») dsrig lat premiera taipps dp sa fapoiation, c'esifcrilira que celt« siibstance est ponstitiié^ pftr une matiàrfl amorphe, MQlbtvble ide la colle ni) li de la gélatipe 0t par un grand nombre de noj^Hf. ft)te eat babihiallem^ft incolore, msis elle peut ètra jauqie

Fifi. 334. '

piUaSbrapUiocM de Ujambe. (Priparation bile pu M. Ordonei.)

rM M de aUHn»

psr la présence de granulations graisseuses, ou rougie par l'hématgeine et quelques globules de sang contenus dans son intérieur. PtftsqHa toujours elle est enrermée dans des cavités kystiques dont les parois sont minces et constituéeâ par du tissu fibreux. 3° Que ceux des tameurs cbaroues ont des caractères analogues à ccui que le tissu canjonclif possède à l'état normal, depuis la deuxième jusqu'à la cinquième période de son évolution, c'est-à-dire des noyaux plus ou moins illoqgés, quelquefois en voie de segmentation, et des corps fusiformes. Ces éléments sont habituellement contenus dans des aréoles Fomnées par du tissu fibreux qui donne h la tumeur un certain degré de résistance et d'élasticité. Celte variété de fibroplaxomes des os est de tontes la plus commune : c'est à elle qu'il faut rattacher les tumeurs décrites par UH. Paget et Bennet sous les noms de fîbro-nucléées et de tumeura fibrotdes k récidives. C'est donc faute de connaissances suffi-

santés sur le développement du tissu conjonctif que ces auteurs ont créé inutilement ces deux dernières variétés et qu'ils les ont plusieurs fois confondues avec les myéloplaxomes. 3<» Enfin que ceux des fibropiaxomes k type fibroïde sont caractérisés histologiquement par la prédominance de l'élément fibre, Umdis que les noyaux, à toutes les phases de leur évolution^ et les corps fusiformes, sont relativement en quantité minime. La plupart des fibres portent encore leur noyau, mais un grand nombre d^entrc elles sont entièrement développées. La présence de cette trame fibroïde explique pourquoi ces tumeurs présentent un aspect brillant et nacré, et crient sous le scalpel comme le tissu dit squirrheux. Les noms de cancer fibreux et de myxomes, appliqués par MM. Faget et Virchow à ces sortes de tumeurs, montrent que ces auteurs, faute d'avoir bien interprété la constitution histologique de ces tumeurs, n'avaient pas bien nettement séparé le tissu fibro-plastique du tissu fibreux.

Outre les éléments cmbryoplastiques^ les fibropiaxomes des os^ lorsqu'ils se développent dans l'intérieur des os ou dans les épipbyses des os longs, contiennent habituellement des myéloplaxes, des médullocelles et des granulations graisseuses; mais ces éléments, comme Ta remarqué M. Ordoiliez, sont accessoires et relativement en quantité trèsHdiinime.

Les éléments des tumeurs fibroplastiques sont souvent parfaitement semblables à ceux du tissu conjonctif normal, dont ils représentent les divers degrés d'évolution ; mais souvent aussi ils off'rent quelques particularités : c'est en général une hypertrophie qui porte sur l'élément lui-même, sur les noyaux et sur les nucléoles. On voit quelquefois les corps fusiformes se déformer et se fusionner, les noyaux pulluler et atteindre jusqu'à 9 millièmes de millimètre de diamètre, leur surface plus granuleuse, leurs nucléoles plus volumineux et plus brillants, leun> granulations plus foncées (fig. 235).

Pour ne rien omettre, nous ferons observer que le tissu des fibropiaxomes est souvent composé en môme temps par les éléments de deux et môme des trois types que nous venons de décrire.

Ouel que soit d'ailleurs le type auquel elles appartiennent, ces tumeurs sont habituellement peu vasculaires. Cependant cetle vascularite est plus prononcée dans la variété sarcomateuse que dans les deux autres, ce qui explique pourquoi la coloration est souvent plus prononcée.

'J« évolution des ostéo fibropiaxomes. — L'évolution de ces tumeurs varie suivant qu'elles naissent à l'intérieur ou à la périphérie de l'os; de là deux formes qu'il importe de décrire séparément.

a. Forme intra-osseme (fig. 235). — Les tumeurs intra-osseuses se développent presque toujours dans le tissu conjonctif qui constitue

DES OSTËOPlBilOPLAXOUES. Sh'l

la moelle, rarement dans l'intérieur même de la substance osseuse.

Elles comprennent deus variétés : dans l'une le produit morbide se

dépose dans une cavité kystique plus ou moins régulière; dans l'autre,

cette substance se trouve disséminée dans des cavités aréolaires creu-

Pic. 33S, — Tumeur flbro- plastique de l'exlrémité inlsrne de li clavicule, rorine iolrioueuae. — VariéU inniirée. (DeU colleciion de H. Péan. Recueillie ea 1B60, d*ni le •ervke de M, Gnsirlin, â l'hapilil Beaiijon.)

sées au centre du tissu spongieux : nous désignerons la première variété sous le nom d'enkystée et la seconde sous le nom d'infiltrée.

Lorsque le volume du produit pathologique enkysté est peu considérable, la loge osseuse qui l'entoure peut être complète. C'est la présence de cette enveloppe calcaire qui avait fait donner autrefois à ces tumeurs, de même qu'fi tant d'autres de nature différente, le nom de spina-ventosa. A l'extérieur, cette loge est recouverte par un périoste sain et adhérent ; à l'intérieur, ell^rst quelquefois lisse et régulière, mais le plus souvent elle est hérissée de lamelles osseuses plus ou moins développées qui cloisonnent la petite masse charnue et l'empâchcnt d'être énucléable. En augmentant de volume, la production morbide refoule la coqus osseuse, la distend et l'amincit; parfois mfime elle la perfore plus ou moins largement, et alors, ou bien l'ouverture qui en résulte laisse la macère morbide s'engager dans le canal médullaire, ou bien, si le mal s'étend vers le périoste, celui-ci comble l'ouverture, de sorle que la cavité de réception de la tumeur devient ostéofibreuse. Cette membrane peut se laisser elle-même perforer par le tissu morbide qui s'étend au dehors, ou au conirairc sécréicr » sa face profonde une nouvelle couche osseuse qui recouvre la production fibro-plasiique en partie ou eu totalité.

Dans la seconde variété, lorsque le tissu morbide est iiidltré, il apparaît sous la foime de petits depuis blanchâtres qui remplissent les cellules du tissu spongieux. A mesure qu'on s'éloigne du début, les petites productions charnues refoulent les cloisons osseuses qui les

su

sApuMrt et NalMaiit ptr Im dMmin, da lorle qiw l'on • «a» tUMM ^ kyitte ooMteatlTa. Dm oe eu, comma dam le prteédant, h pndie* tion peâiologiqua peut l'éteodre plui ou moiai loin dau le eud m^ dnlkin on dn oAté da périoste. Cette membrane ell»4nAmo peni m laiaaer détruire ; on voit alors une tumeur molle s'ajouter i la tumeur oueuae préexistante. Autour de ces cavités, le tissu osseux demeura habituellement sain ; quelquefois cependant il se vascnlariae an con* tact de la matière sarcomateuse.

b. Parme périphérique. — Les tumeurs périphériques présentent^ paiement deux 80us>variétés, suivant qu'eUea dAboIflQt dans les con — ches loperflcielles du périoste, forme périmUque, on dam lai Cwitlet^ de cette membrane qui adhèrent au tiHU oompaote, fonne tauè-fériei — Hque.

Les tomaura périoitiquea sont trèa-rans, il l'on en juge par le peti .

nombre de cas qui ont été relatés dans la science.

J'ai eu cependant l'occasion d'en observer plusieurs exemples, enti^^

Fie 336. — Tumeur nbr»-p1iilique de l'olfcrlna, fimM périaitIqH.

(Do la rollcclisn da H. Péin.)

(h mil ^'n* lutr* Imnir te ilénljppill •iirnlUirfBHtdiM ItlbM ipMftaa 4* MrtApi*-

autre* sur une jeune dame de vingt-ileux ans, que j'opémî, ea 185>« d'une tumeur (kiveloppée surrolécrânc, cl xur un homme Ifcédetrent^

HhS QSTKOrlQUUPUXUMK''. 51t9 I

ail», i]U(i j'opérai, on ItlSO, d'un lihroiilaxotiie péiioitiqiie dÉveloppàil À IJ> Ime Dilertie da l'areado |>iiblenno. ToulefoiH il esl Ii lemarquef 1 ijuê, tbet U preniiâre, outre ia (umeur périosliqiic, on trouva da, pelitci prodiK'lions blanobàtrea, de luôitie nature, qui ùlBient infiU J frdfls dans Itj iIsïU spongieux situé iiu cenli'O de l'épipliy^e (flg. 336), f M. Pénn, qui ntsislait h ces deux opérations, reconnut, avec M. Ordo* 1 fiCK, que [(•■ tissu de ces tumeurs était constitué par une trame tibreusB.I ' Infiltr<io d'une l'moime quaulil<i d'ùlémentsembryoplastiques,

L.at tumeurs sous-périos(ic(Uf!i sont plus comninncb ; on les observ* 1 Flwkbituellenient aux extrémités des os longs et sur les os plats. Comtufl-'l Isa prÀRédenles, idlcg peuvent s'accompagner d'une lunicur de mAma I nMtu rn siùgeitnt ti l'int^trieur du l'as : dans ce cas, la portion d'os qu) j corrcsponil à la double tumeur est toujours le siège d'une bypertropliîe |

F moins ronsidérablo.

irarmatiun intérieure des tumeurs poriostiqucs et sous-périosr

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