‹ Eléments de pathologie chirurgicaleChapitre 88 sur 102 · DES CORPS MOBILES OU FLOTTANTS DES ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

DES CORPS MOBILES OU FLOTTANTS DES ARTICULATIONS

des parties voisines par une violence extérieure^ tandis que le plus grand nombre sont de véritables néoplasmes ? La première opinion repose sur plusieurs faits qui militent réellement en sa faveur; ainsi^ sans parler du cas de M. Richet^ cité plus haut, on a trouvé plusieurs fois, à Tautopsie, des portions de cartilages détachées de Tos sousjacent et devenues libres dans l'articulation. A la vérité, M. Broca prétend que certains corps mobiles proviennent d'une nécrose du cartilage, consécutive à une arthrite sèche. Mais ce mode de production doit être rare, à en juger par le grand nombre d'articulations qui sont atteintes par Tinflammation chronique. Aussi, cet auteur reconnatt-il lui-même et avec raison que les corps étrangers de cette espèce se distinguent par leur rareté et leur exiguïté.

Les partisans de la seconde opinion font remarquer que le tissu osseux de la plupart de ces corps étrangers est dépourvu de canalicules de Havers, caractéristiques de Tos normal; de plus, que le cartilage de presque tous ces corps mobiles est flbroîde, au lieu d'être hyalin comme le cartilage diarthrodial. Il est impossible de confondre ces derniers, qui sont le résultat d'une véritable néoplasie, avec les précédents.

Toutefois on a beaucoup discuté relativement à la nature de ces néoplasmes. Les uns, en effet, admettent qu'ils proviennent du cartilage, comme des enchondromes ordinaires, les autres qu'ils procèdent d'un autre tissu à la manière des productions hétéroplastiques. Enfin, quelques auteurs admettent l'existence de ces deux variétés. Suivant eux, la première variété comprendrait plusieurs formes, telles que :

a. Les excroissances qui tiennent au cartilage par un pédicule, et qui flottent dans la cavité articulaire (Luschka).

b. Celles qui s'attachent par une large base au bord interne du cartilage.

c. Celles qui partent du périoste, dans le voisinage du bord du cartilage, quoique sous la synoviale, à la façon du cal qui succède aux fractures, et qui forment ces végétations dcndritiques mentionnées par Rokitanski, ou des excroissances en forme de plaques. Celles qui ont de longs pédicules pourraient finir par se détacher dans les mouvements de l'articulation, et par devenir libres dans la cavité articulaire; d'autres au contraire iraient quelquefois s'enchatonner dans les diverticulums de la synoviale.

Dans la deuxième variété, ils rangent :

n. Les corps étrangers qui proviennent du périoste; le plus souvent ils auraient une base large et pourraient atteindre un volume considérable sans se détacher; mais il arrive quelquefois qu'ils deviennent libres, lorsqu'ils sont brisés par des violences extérieures.

6. Ceux qui proviennent de la synoviale donnent lieu, les uns à des

72^1 AFFECTIOSâ DES ARTlCI-LATlnSS.

excroissances pûdiculées, les autres aux corps libres articatac :i beaucoup discuté sur toutes ces théories qui reposent sur des <i vations plus ou moins concluantes. Les auteurs n'ont pas été plus d'accord lorsqu'ils ont cherché à expliquer pourquoi les corp« éUangers qui protiennent de la synoviale sont tantdt quelquefois su^>eiida> k la synoviale par un pédicule commun ou rattachés l'un à l'autre par nn tissu plus ou moins dense. M. Virchow pense que les cohésloiii qui soudent entre eux ces conglomérats peuvent l'tre dues & des dépôts secondaires et à des coagulums fibrineux ; duns cette Uiéorie, qœ est la plus ancienne, le synovie laisserait déposer des molécules solide^

1G. 3&9. — Corp* mobils conglouiérit de l'arUculilioa 4u iWMU.I Mlurelle. (VlKhow.)

dont l'agrégation constituerait les corps «étrangers. Les conmisa chimiques ne permettent pas de concevoir un semblable pb^NO) et cette explication n'est pas admissible. Quant à l'opininn de f qui les croit formée par la cristallisation cl In supi'rposiliotl d lécules cartilagineuses qui se détacheraient des surfaces diaribro et il celle de Chelius, qui leur donne pour point de départ l'albl de la synovie qui se coagule, elles ne nous paraissent pas pliis i tantes.

Enfin quelques auteurs aflinncnt qu'une fois formés, ces c tinui'nt à s'accroître aux dépens des sucs aynuvîaus, d'aulanti qu'ils donnent lieu à des processus irrit4i1ifs, U'aulres pensenl fl corps libres, séparés de leur pt^dicule, ne se développent plas ell

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