TUMEURS DE L’UTÉRUS. — POLYPES
Classification. — Tenant compte de la consistance et surtout de la structure intime de ces productions, nous les diviserons :
1“ En polypes mous, provenant de la muqueuse utérine, et improprement dénommés par les auteurs P. mucineux (1).
2" En polypes durs, provenant du tissu utérin, ou polypes fibreux, qui ne sont pour beaucoup qu’un mode d’évolution des fibromes déjà étudies.
i® Les premiersse subdivisent en : P. vasculaires, cellulo-vasculaires, />a/)/7/«n'es (prédominance de l’élémentconjonctif vasculaire), en utih'ofolliculaires (prédominance de l’élément glandulaire), en fibrineux (caillot ou débris placentaire). — Quant aux polypes dits cancéreux, ils ne sont qu’une des phases de l’évolution de la dégénérescence carcinomateuse de l’utérus, et nous n’avons pas à nous en occuper ici.
Anatomie patuologique. — Les polypes vasculaires, que de Montfumat (2) semble mettre en doute, sont du moins très rares (Gourty). Ils sont petits, mous, fongueux, pédiculés, constitués par des vaisseaux sanguins hypertrophiés ei pelotonnés (noyau érectile, R. Barnes), et ils se congestionnent, au moment des règles, comme les liémorrhoïdes (Gourty) (3). — Ils sont pi'imitifs ou consécutifs : dans ce dernier cas, on ne doit les considérer que comme des polypes muqueux dont l’élément vasculaire s’est hypertrophié et est devenu fongueux {polypes fongueux ou vivaces, Levret).
Les polypes cellulo-vasculaires naissent de la surface des lèvres du museau de tanche et de la cavité du col utérin, et leur tissu est sillonné par un grand nombre Üe vaisseaux qui leur donnent une teinte foncée : — ou bien ces tumeurs sont uniques, allongées, lisses, lobulées, séparées par des sillons, assez volumineuses, et offrant à leur surface des traînées celluleuses d’un blanc laiteux convergeant vers le point d’insertion de la tumeur ; leur pédicule est très long et très grêle ; — ou bien elles sont multiples, plus petites, arrondies et moins allongées.
Certains auteurs ont décrit des tumeurs papillaûxs analogues, comme structure, aux papilles de la muqueuse du col (4) ; elles seraient ramifiées, framboisées et très riches en capillaires sanguins.
Sous le nom de polypes utéro-folliculahxs, Huguier (5) a décrit une
(1) Demarquay et 0. Saint-Vel, Ües polypes de l’utérus (kystes folliculaires, tumeurs folliculaires hypertrophiques, polypes glandulaires, polypes uléro-folliculaires, polypes fihro-celluleux, acné hyperplasique du col utérin, endométrite chronique, cystique polypeuse), in Traité clinique des maladies de l'utérus, 1876, p. 337.
{“1} De Monlfmnat, Elude sur les polypes de Tulérus, thèse inaug. Paris, 1867.
(3) Courly, Traité pratique des maladies de Tulérus, 2“ édit., p. 693. Paris, 1872.
(4) Plusieurs anatomistes, bappcy entre autres, mettent en doute l’existence de ces papilles à l’état normal.
(5) Huguier, Mém. de la Soc. de cliir.,t. l,p. 35, et Diego llohler, üespolypes ulérofolliculaires, thèse. Paris, 1879, n" 549.
espèce fie polype qu’il a comparée juslement h l’ovaire et dont les caractères anatomiques sont les suivants ; « La tumeur est ovalaire, à » petite extrémité supérieure, c’est-à-dire dirigée vers le pédicule ; sa » surface est lisse, polie, tapissée par la membrane muqueuse, saine, » et parcourue par des vaisseaux assez nombreux et dont les plus » volumineux ont environ l millimètre de diamètre. Sur cette surface » on trouve quelques petites saillies hémisphériques du volume d’un » grain de millet ou de chènevis, et qui correspondent à des cavités vé
Fig. 80. — Polype de l’utérus pédicule.
A siculaires situées dans l’épaisseur de la tumeur ; ailleurs on trouve ;) de petites ouvertures plus ou moins régulières, aboutissant chacune, » par un conduit plus ou moins étroit, à une cavité distincte située » dans l’épaisseur du polype.
)) La tumeur est constituée par un tissu d’un blanc jaunâtre, dense, j> serré, qui rappelle par sa consistance le tissu de l’utérus. Dans ce j> tissu, on trouve un grand nombre de vésicules de volume variable, ;) renfermant un liquide muqueux, épais, filant comme du blanc S) d’œuf; quelques-unes de ces vésicules communiquent avec l’exté- D rieur par les ouvertures que nous venons de signaler. Le centre de A la tumeur ne renferme aucun vaisseau. Dans quelques cas, la cavité J) du polype est très considérable, au point que quelques chirurgiens