‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource] (volume 2)Chapitre 134 sur 225 · VI · texte numérisé non relu

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lhews Diincan) (1). Virchow a une opinion mixte, elles décrit sous le nom iVhémalomes polypeux libres de l'utérus, mais il range dans celle calégorie toul ce (^ui esl écrit sous le nom de rétention placentaire. — Ils occasionnent toujours des hémorrhagies très abondantes.

2“ Les polypes fibreux sont très fréquents : ils ont la même structure que celle des fibro-myomes du corps que nous venons d’étudier, et proviennent très souvent d’une période avancée d’évolution des fibromes interstitiels ou sous-muqueux.

Tout ce que nous avons dit au point de vue de l’anatomie pathologique des corps fibreux leur est applicable, nous n’y reviendrons pas. Généralement ils sont piriformes, — tantôt intra-utérins^ — tantôt extra-utérins, — et peuvent avoir occupe à diverse? phases de leur évolution l’une et l’autre de ces situations. Cependant il est assez rare de les voir s’insérer sur le col lui-même, et ils occupent souvent le fond de l’utérus. — Lewr pédicule est variable en grosseur, en longueur, en nombre: en général unique, il peut présenter deu.x ou trois racines courtes et alors assez épaisses. Tl est très peu vasculaire. Ces polypes sont fréquemment multiples. Kidt (2) en a enlevé neuf dans la môme séance.

Symptomatologie. — I^es polypes mous, cellulo-vasculaires ou vasculaires et surtout fibrineux, donnent lieu, comme symptômes subjectifs, à des métrorrhagies parfois répétées, en disproportion avec leur volume, et surtout abondantes quand la production n’a pas encore franchi le col; à une leucorrhée rebelle, et quelquefois à des coliques utérines; mais en général ilssont indolents. Les symptômes physiques(io\xche,v, spéculum) en révèlent facilement l’existence.

hes, polypes fibreux se caractérisent par les mômes symptômes subjectifs que les corps fibreux utérins, troubles fonctionnels, douleurs (lombaires, inguinales, crurales), gêne et pesanteur, ténesme rectal et vésical, coliques utérines d’expulsion, irrégularité de la menstruation, fréquence d’écoulement sanguin, /«emoîrAflÿies, leucorrhée. — Ces phénomènes sont variables suivant que le polype est extra-ou intrautérin.

Les tumeurs qui se sont développées sur la face interne de Tutérus font d’abord saillie dans la cavité de l’organe, recouvertes par la membrane muqueuse. Bientôt repoussé par les fibres utérines, le corps fibreux s’échappe de la loge dans laquelle il était en-

(I) Mathews Duncan, On intra-uterine menstrual Coagula, in Obslelrical Journal, 15 mars 1880.

(2; Lombc Atthill (de Dublin), Des polypes ml’OUEUx et ficiieux (opéralion, — avantage du fil d’acier, — upjilicalion de la canule de Gooch, — polypes fibreux et placentaires). Extrait, traduction de Lavoie (de Montréal), in Ann. de gynécologie, t. XVII, |i. lie et suis’., février 1882.

TUMEURS DE l’uTÉUUS. — POLYPES. 801-!

châssé, devient de plus en plus saillant, et ne se trouve plus attaché à la paroi de l’utérus que par un pédicule à épaisseur et langueur variables.

Après avoir rempli la cavité utérine, la tumeur se présente à l’oritice interne du col, dilate cet organe, se montre à Touverture du museau de tanche {polype oblitérant, Vidal) et ne tarde pas à proéminer dans le vagin {polype flottant).

Le col résiste quelquefois, soit à cause de sa rigidité, soit à cause du volume du corps fibreux, qui ne peut agir à la manière d’un coin pour sortir de la cavité utérine ; dans ces cas, on voit la matrice augmenter de volume, comme dans la grossesse, et faire saillie au-dessus du pubis. Il n’est pas rare de voir des efforts d’expulsion se montrer à chaque époque menstruelle et provoquer des hémorrhagies extrêmement abondantes; d’autres fois, au moment de ce? époques, le col s’entr’ouvre, le corps fibreux s’y engage, puis il se referme, et l’on ne peut plus constater la présence du corps étranger {polypes intermittents) ; on peut voir le col utérin étrangler la tumeur dans un point autre que le pédicule.

Parvenues dans le vagin, ces tumeurs augmentent rapidement de volume ; leur propre poids et les efforts les poussent constamment en bas, de sorte qu’elles finissent par arriver à l’orifice de la vulve' et pendent même au dehors, entraînant avec elles l’utérus, qui se trouve abaissé et qui, lorsque la tumeur est implantée au fond de la matrice, se retourne incomplètement. — Exposée au contact de l’air, la tumeur s’enflamme et la membrane muqueuse qui la recouvre devient adhérente. Le vagin se trouve à son tour irrité par la présence de ce corps étranger, et des adhérences peuvent aussi s’établir entre la muqueuse de la tumeur et celle du vagin ; on a observé des ulcérations telles, que ces masses avaient perforé la cloison recto-vaginale et faisaient saillie dans le rectum.

Les symptômes objectifs fournis par le toucher vaginal et le spéculum varient suivant que le polype siège dans la matrice ou s’est engagé dans l’oriflce du col. — Si le polype est très petit et intra-utérin, il n’existe aucun signe physique évident, V hystérométrie seule indique un élargissement de la cavité utérine; mais ce symptôme peut se rencontrer pour d’autres affections. Dans le cas où l’on suppose l’existence d’un polype, on peut dilater le col pour pratiquer le toucher utérin profond et reconnaître son point d’implantation.

Si le polype a acquis une plus grande dimension tout en restant intra-utérin, les phénomènes s’accentuent davantage. Le col utérin se dilate, et aux troubles déjà signalés se joignent des douleurs de reins très vives et des contractions utérines rappelant celles de l’accouchement ; si le col résiste, et si la tumeur fait peu de progrès, ces acci-

dénis cessent pour reparaître sous le coup d’une nouvelle augmentation de volume du polype; — mais le plus souvent le col cède et la tumeur apparaît à l’extérieur ; le louclier vaginal alors constate la dilatation cervicale, et entre les lèvres la tumeur qui les écarte. — Lorsque le librome arrive dans le vagin, la pesanteur dans les aines, dans les lombes, augmente ; les hémorrhagies deviennent plus fréquentes, les troubles de la défécation et de la miction sont plus accentués et en rapport avec le volume de la tumeur.

Le doigt introduit dans le vagin perçoit une tumeur lisse, ovoïde, à grosse extrémité dirigée en bas; le sommet est entouré par le col utérin, qui l’embrasse, la rétrécit et lui forme comme un pédicule <iu’il faut bien se garder de confondre avec le pédicule réel, qui, dans ([uelques cas, se trouve beaucoup plus loin dans la cavité utérine : la tumeur est constituée alors par deux lobes superposés (forme de gourde).

Enfin, si le néoplasme franchit l’orifice vulvaire, il pend entre les | cuisses, et le fond de l’ulérus, si le point d’implantation est très haut, j peut se trouver renversé, entraînant en bas avec lui la paroi vaginale I et le canal de l’urèthre dévié. i

Marche, Terminaisons. — l.es polypes fibreux de l’utérus ont en gé- j néral une marche assez lente et un développement graduel; cepen- J dant ils peuvent, comme les corps fibreux déjà décrits, subir un arrêt |

même définitif au moment de la ménopause et une régression de leurs >

éléments : on y observe la dégénérescence graisseuse, crétacée, etc. j Une question intéressante, au point de vue de la marche de ces produits, est leur expulsion ou élimination spontanée, dont nous avons '• retrouvé un grand nombre de faits dans la science quand nous nous proposions de publier, il y a une dizaine d’années, un mémoire sur ce sujet; car il n’existe pas, à proprement parler, de travail d’ensemble sur ce point de chirurgie, il n’y a que des cas isolés et épars. — Dans Levret (1) on trouve quelques exemples suffisamment détaillés pour » prouver que le fait d’expulsion spontanée des fibroïdes de l’utérus a déjà été observé, bien que l’explication qu’il en donne ne nous paraisse pas satisfaisante. — Dance (2), Dupuytren (3j, Boyer (4), Roche et Sanson (5), en disent quelques mots sans apporter de faits à l’appui; mais Gruveilhier (G) en décrit particulièrement bien le mécanisme, et

(1) Levret, Observations sur la cure radicale de plusieurs polypes de la matrice, etc. Paris, 1759, 3” édit., p. U et suiv., 1771.

(2) J. li. Dance. Observations sur plusieurs a/fections de l'utérus, elc., in Archir. yen. de méd., 1829, t. XX, p. 521, et l. XXI, p. 190.

(3) Dupuytren, Leçons de dm. cliir., t. 1, p. 272.

(•i) Duyer, Traité inalad. cliir.. édit, de Pli. lioyer, t. V, p. 910.

(5) Pioclic et Sansoii, Nouv. Éléments de pathologie méd.-chirury., t. 111, p. 03.

(0; Gruveilhier, Anat. path., t. 111.

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