‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource] (volume 2)Chapitre 164 sur 225 · AFFECTIONS DE LA VULVE. — VAGINISME · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DE LA VULVE. — VAGINISME

affection, dis-je, noos semble plutôt appartenir aux rétrécissements du vagin qu’au vaginisme proprement dit.

Symptômes. — Douleur et contracture soni les deux seuls symptômes de celte affection. — La première est vive et paroxystique ; elle est si vive, qu’il y a impossiliilité absolue des rapprochements sexuels [dispareance, Barnes) : le moindre attouchement, l’exploration la plus légère détermine une crise nerveuse; la malade pousse des cris et se débat pour se délivrer de tout contact. Le doigt ne pénètre qu’avec beaucoup de dinicultc, cl constate une coarctation manifeste de l’orifice vulvaire, disparaissant sous le sommeil anesthésique. Les malades présentent en même temps et très souvent du ténesme vésical et rectal, et des douleurs névralgiques du petit bassin s’exagérant au moment des menstrues.

Selon la marche, qui est progressive généralement, on a décrit le vaginisme continu, le vaginisme intermittent et le vaginisme persistant.

Ces troubles nerveux, coïncidant avec des désirs non satisfaits, peuvent produire à la longue, car cette affection est très rebelle, des phénomènes graves (inappétence, insomnie, etc.), qui conduisent è une mélancolie très prononcée. Hervez de Chégoin a observé môme le suicirle.

Traitement. — La plupart des chirurgiens de nos jours rejettent l’emploi d’opérations sérieuses dans le vaginisme, et tout au moins doit-on réserver les larges sections, préconisées par Marion Sims et A. llichard, pour les cas extrêmement rebelles. Michon, tout en incisant l’hymen, se contentait des incisions superficielles sans jamais <itleindre le sphincter.

Lisfranc conseillait de petites saignées révulsives immédiatement avant la cessation des règles.

Le mieux sans contredit est d’avoir recours à une médication rationnelle appropriée au cas, et de traiter les lésions (fissures vulvaires, excroissances épithéliales, vaginite, ulcérations du col, etc.), sous l’influence desquelles le vaginisme semble s’être développé. — Bains généraux, repos génésique, émollients, lotions astringentes, pommades bellado.nées, servent tout au moins de moyens adjuvants. — On a employé aussi la teinture d’iode, le nitrate d’argent (Courly).

Aux opérations sanglantes, auxquelles on doit n’avoir recours absolument qu’en dernière analyse, nous préférons de beaucoup la dilatation. — Courly emploie la dilatation brusque (doigt, spéculum), comme on l’a fait ]jour la fissure anale; il introduit immédiatement après une grosse mèche enduite de pommade belladonce. Depaul, Scanzoni, adoptent le môme procédé. — La dilatation graduelle est préférable (dilatateur de Sims, bougies de verre de Churchill, mèche, éponge préparée, laminaria, Robert de Latour) et doit être jointe à l’inlroduc-

lion d’une mèche enduite de pommade belladonée ou iodoformée.

V iodofoi'me a été souvent employé par Tarnier dans le vaginisme; il saupoudre la vulve et en fait pénétrer une certaine quantité en écartant les lèvres, dans l’intervalle desquelles il place un tampon d’ouate.

Bouchut recommande l’usage de {'extrait de ratanhia (3 grammes pour un suppositoire) surtout dans les cas où le vaginisme est causé par une petite fissure étroite située au niveau de la fourchette.

Quant au rfe/jotoss2ww(flaciborski, Lorain) à haute dose, il ne

peut guère avoirde l’influence que dans lescasoù c’est l’hyperesthésie de la vulve qui prédomine sur la contracture musculaire et qui se rencontre surtout chez les hystériques.

Page 1