‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource] (volume 2)Chapitre 165 sur 225 · II. — Prurit vulvaire · texte numérisé non relu

II. — Prurit vulvaire

Le vuloaù'e s’observe principalement après l’époque critique, et rarement chez les jeunes filles. Le vice herpétique, le repos au lit, la station assise, la fatigue, la malpropreté, ont été considérés comme causes de cette affection.

On le rencontre souvent durant la grossesse chez des femmes atteintes de diabète ou d’affection parasitaire. Les fortes chaleurs peuvent y prédisposer. L’arthritisme doit être aussi signalé.

On décrit deux formes de prurit : \q prurit symptomatique de la plupart des maladies de la vulve (eczéma, vulvite, éruptions diverses, vaginite, leucorrhée, cancer et métrite du col an début), et le prurit essentiel, d’ordre réflexe; mais cette division ne nous paraît pas avoir l’importance que semblent vouloir lui attacher certains auteurs.

Les démangeaisons sont continues avec exacerbation, se développant plusieurs fois pendant le jour ou pendant la nuit; on les a vues franchement intermittentes. Elles sont parfois extrêmement pénibles, à tel point que les malades pâlissent, maigrissent et ont des dérangements du côté des appareils digestif ou urinaire (rétention ou incontinence): par sa persistance et l’irritation continuelle qu’il détermine, le prurit valvulaire peut donc donner lieu à un retentissement sur la santé générale, produire du nervosisme, et par suite développer des attaques d’hystérie. La mélancolie qui peut en résulter amène parfois l’inappétence et la perle du sommeil et des forces. A cet égard cette affection peut marcher de pair avec le vaginisme, ou plutôt l' hyperesthésie vulvaire, dont elle est en quelque sorte le corollaire.

k l’examen des parties génitales, on ne trouve aucune lésion qui puisse expliquer de semblables douleurs ; quelquefois les grandes lèvres sont tuméfiées, hypertrophiées, ainsi que les nymphes.

Traitement. — Cette affection est très rebelle, aussi a-l-on préconisé

contre elle de très nombreux médicaments : lotions narcotiques, émollientes, astringentes, caustiques. — Lotions avec la solution de sublimé, avec un liquide tenant du calomel en suspension, etc. — L’application locale, après lavage avec de l’eau chaude, d’une solution de bromure de potassium, qui peut aller jusqu’à la saturation, a rendu également des services.

Si l’affection prurigineuse n’est pas sous la dépendance d’une mycose, l’un des meilleurs moyens pour calmer et môme pour faire disparaître les démangeaisons est l’eau froide. La glace a été aussi conseillée.

Dans le prurit parasitaire qui dénote, au milieu des produits de sécrétions, la présence au microscope de Leptotbnx, A'Oïdtum albicans, de vibrions, de bactéries (Hausmann), etc., il est indiqué, mais seulement dans ces cas, de se servir de la solution phéniquée (Conrad).

On emploie aussi en lotion vulvaire ou en injection vaginale quotidienne ou bi-quotidienne le nitrate d’alumine ou le nitrate d’argent, 0,30 centigrammes pour 30 grammes d’eau tiède (Gill, Winternitz).

Le badigeonnage avec le glijcérolé cadique a été employé par Marins Rey contre le prurit vulvaire : 4 grammes d’huile de cade pour 16 de glycérolé d’amidon, telle est la formule par lui conseillée. 11 fait usage en même temps d’un traitement tonique, de bains de siège et d’injections émollientes fortement laudanisées. — On a conseillé aussi la teinture de Fowler, les lotions avec la décoction d’ellébore blanc concassée (20 grammes — 800 grammes).

Gellé emploie l’hydrate de chloral (10 pour 1000) en applications topiques et lavages répétés plusieurs fois par jour : il interpose de plus entre les lèvres un tampon d’ouate trempé dans cette solution.

§ V. — Tumeurs non inflammatoires de la vulve.

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