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ACCIDENTS QUI PEUVENT COMPLIQUER LES PLAIES

tive, un travail de désorganisation a lieu au niveau de rétranglenient.

Du dixième au quinzième ou vingtième jour, ce double travail est assez complet pour que la ligature tombe, ou puisse être enlevée sans crainte d’une nouvelle hémorrhagie.

La ligature est de tous les procédés hémostatiques celui dont l’application est plus générale; on l’emploie avec le même succès pour les artères et pour les veines, pour les vaisseaux d’un gros et d’un petit calibre. Convenablement appliquée sur un vaisseau dont les parois sont saines, elle réussit à peu près constamment. Tous ces avantages lui ont acquis depuis longtemps dans la pratique une légitime préférence; son seul inconvénient est de laisser dans la plaie un corps étranger qui devient une cause d’inflammation et de suppuration ; mais cette suppuration ne porte que sur les points qui sont en contact avec le fil. Toutes les autres parties de la solution de continuité peuvent se réunir par première intention.

2" Compression. — Lorsqu’un vaisseau est comprimé, ses parois affaissées se rapprochent et se mettent en contact, au point d’effacer sa cavité. Cette oblitération instantanée, produite parle rapprochement des parois, s’opère de deux manières différentes : tantôt celles-ci se jux’taposent à la suite d’un simple aplatissement; tantôt elles s’infléchissent de la circonférence au centre pour fermer l’orifice béant d’un vaisseau divisé. L’oblitération par juxtaposition des parois a lieu toutes les fois qu’on comprime le vaisseau perpendiculairement à son axe, et l’oblitération par incurvation, lorsqu’on le comprime dans un sens parallèle. Le premier mode de compression a été appelé compression latérale, et le second, compression directe.

A. La compression latérale peut être faite sur le point même oîi le vaisseau a été ouvert, c’est-à-dire à la surface de la plaie ; ou bien à une distance plus ou moins éloignée de celle-ci, entre le cœur et la blessure, s’il s’agit d’une artère; ou entre les capillaires et la plaie, s’il s’agit d’une veine. De là une subdivision de la compression latérale en médiate et immédiate.

a. On pratique la comp?'ession latérale immédiate on appliquant sur la blessure du vaisseau un bourdonnetde charpie ou un morceau d’agaric, sur lequel on pose des compresse, s graduées dont les dimensions augmentent de manière à former une pyramide qui repose par son sommet tronqué sur l’artère divisée, tandis que sa base, recouverte de plusieurs compresses, est maintenue par un bandage cireulaire. Pour prévenir l’engorgement du membre, on applique préalablement sur celui-ci un bandage roulé qui remonte depuis les doigts ou les orteils jusqu au niveau de la plaie. Ce procédé est peu siir; souvent il suspend 1 hémorrhagie d une manière incomplète. Il rend à peu près impossible la circulation du sang veineux; de là un engorgement du membre que

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le bandage roulé le mieux appliqué ne peut prévenir, et moins encore faire disparaître; de Ih aussi, très fréquemment, des accidents de gangrène dont Tœdème n’est ordinairement que le prélude. A cet inconvénient il faut ajouter rimpossibilité de réunir la plaie par première intention, des douleurs vives, une inllammation intense, une suppuration longue et abondante. De si graves reproches l’ont fait abandonner par la plupart des chirurgiens, et doivent le faire proscrire entièrement.

b. La compression latérale médiate peut être pratiquée à l’aide d’un simple bandage circulaire placé entre la plaie et les capillaires, lorsqu’il s’agit de suspendre une hémorrhagie veineuse ; mais ce moyen serait le plus souvent insutiisant pour suspendre le cours du sang artériel, la compression devant alors lutter de puissance avec les contractions énergiques du cœur. Dans ce but on a imaginé un grand nombre d’instruments. Les plus usités sont : le garrot , le compresseur de J. L. Petit, celui de Dupuytren (voy. Prolégomènes, art. I", § 2). Ce procédé offre moins d’inconvénients que le précédent; mais il en présente encore de très grands, si l’on veut en faire un moyen hémostatique définitif. Trop faible, cette compression demeure inefficace; plus forte, elle détermine de vives douleurs qui deviennent bientôt intolérables, et forcent le chirurgien à la suspendre. Assez souvent l’artère s’échappe, glisse vers les parties moins comprimées, et l’hémorrhagie reparaît avec toute sa violence. Ajoutons que la pelote qui comprime l’artère comprime aussi les veines qui lui sont contiguës, compression qui peut avoir pour résultat, comme dans le cas précédent, l’infiltration et la gangrène du membre. Comme méthode générale, la compression latérale médiate ne peut donc être admise ; mais si l’on en restreint l’usage à quelques circonstances spéciales qu’on peut déterminer d’avance, elle devient très utile. Ainsi on l’emploiera avec avantage sur toutes les artères qui sont superficiellement placées, et reposent sur un plan osseux. Elle sera surtout une ressource précieuse, lorsqu’on s’en servira comme d’un moyen hémostatique temporaire, mais alors il est préférable de remplacer les instruments que nous avons indiqués plus haut par une simple pelote, ou mieux encore par les doigts d’un aide intelligent (voy. Prolégomènes).

B. La compression directe est celle que l’on pratiquée sur l’orifice d’un vaisseau complètement divisé; elle n’exige d’autres moyens que quelques bourdonnets de charpie, que l’on soutient à l’aide de compresses et d’un bandage suffisamment serré. On l’emploie souvent comme moyen bémostatiquè provisoire durant le cours d’une opération, où elle est alors d’une grande utilité; dans ce cas on se sert pour la pratiquer de l’extrémité des doigts. La compression directe trouve encore une application heureuse dans quelques circonstances où elle se présente comme un moyen unique de faire cesser l’écoulement du sang.

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