‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource]Chapitre 39 sur 112 · DE LA GANGRÈNE PRODUITE PAR LE SEIGLE ERGOTÉ · texte numérisé non relu

DE LA GANGRÈNE PRODUITE PAR LE SEIGLE ERGOTÉ

i au bout de quelques jours, pour Être remplacée par le froid. C"est ainsi ) que dans les épidémies observées en Allemagne et en Suède, en 1716, j les malades éprouvaient une sensation comparable à celle que produit l’eau froide lancée sur le corps, puis une chaleur très vive et des palpitations; que d’autres ressentaient un mouvement d’ondulations sous la peau ou dans les muscles; d’autres enfin des douleurs revenant par ( crises, douleurs qu’ils comparaient à celle que produirait l’arrachement des membres dans leurs articulations ; les uns mouraient dans l’accès,

; les autres dans un assoupissement profond. Dans les cas nombreux ; observés par de Salerne, le ventre était tendu, ballonné ; le pouls était : imperceptible.

ÉTIOLOGIE. — INIalgTé la controverse élevée à ce sujet par Schleger,

I Morel et Parmentier, qui soutinrent que les accidents que nous venons î de décrire ne reconnaissent point pour cause l’action du seigle ergoté I sur l’économie, tous les médecins adoptent maintenant l’opinion con- ! traire. L’apparition de ces épidémies de gangrène précisément dans les ( années où le seigle contenait une forte proportion d’ergot, et surtout 1 les expériences faites sur les animaux, ne peuvent laisser aucun doute I à cet égard. Mais il faut savoir que cette substance doit être prise en ’ grande quantité pour produire des accidents : aussi n’est-ce générale- I ment qu’à la suite des années pluvieuses dans lesquelles le seigle corrtei nait un quart ôu même un tiers de grains avariés, que les épidémies de I gangrène ont été observées. Un fait curieux à noter, c’est que, dans ' certaines épidémies, les femmes ne furent point atteintes; la maladie ’ ne sévit que sur les hommes adultes ou les petites filles (Noël).

Traitement. — Cesser immédiatement de faire usage du grain avarié, 1 telle est la première et principale indication thérapeutique. — On peut I ensuite avoir recours aux vomitifs, qui ont été plusieurs fois, suivant I quelques auteurs, administrés avec avantage. — Depuis quelques années, on emploie, dans la Sologne, le café pris à haute dose, que l’on boit par tasse d’heure en heure; cette pratique compte, dit-on, (le nombreux succès. — L’ammoniaque aurait, suivant M. le docteur Gourhaut(l), donné les résultats les plus satisfaisants, puisque, sur plus ’ ^ de 300 malades que ce médecin aurait eus à traiter, il n’en aurait ■ perdu qu’un seul. Il frictionne les parties alfectées avec de l’aminoj niaque, et en donne à l’intérieur plusieurs gouttes dans une infusion de ■1 quinquina. — Quant aux saignées, préconisées par M. Couvert, elles ‘ ont paru plus nuisibles qu’utiles. — L’amputation a toujours hâté la |,1 perte des malades.

(1) Irailé de lergol de seigle et de son action sur l’économie animale, principalement de la gangrène.

ArFEGÏlONS CllAllIJOi\NKl-S£S.

Page 1