‹ Eléments de pathologie chirurgicale./ [electronic resource]Chapitre 65 sur 112 · FURONCLE · texte numérisé non relu

FURONCLE

coniques^ les autres hémisphériques, sont toutes tellement disposées, qu’elles correspondent, par une base largement épanouie, au tissu cellulaire sous-cutané. Par conséquent, lorsque l’inflammation vients’emparer du tissu cellulo-graisseux logé dans ces aréoles, ce tissu, en refoulant légèrement la couche celluleuse sous-adjacente, pourra se développer librement et parvenir à la plus grande augmentation de volume, sans rencontrer autour de lui aucun obstacle. Peut-être nous objectera-t-on que les paquets graisseux intra-dermiques sont fixés dans l’intérieur des aréoles par les vaisseaux et les nerfs qui les traversent pour aller ensuite s’épanouir dans les papilles; qu’ainsi suspendus à un pédicule inextensible, ils ne peuvent abandonner l’enceinte trop étroite qu’ils occupent, et qu’ils présentent dès lors les conditions les plus favorables à l’étranglement et à la gangrène. Mais remarquons que la partie la plus large de ces corps répond à la couche adipeuse sous-cutanée; que cette partie dans tous les cas pourra se développer librement. Par conséquent, en admettant que les vaisseaux et les nerfs retiennent dans l’aréole le tissu cellulaire qui y est logé, l’étranglement ne sera possible que pour les parties de ce tissu qui correspondent au sommet de l’aréole ; ces parties seules seront frappées de mort, et l’eschare sera infiniment petite. Or, le bourbillon dépasse en volume celui d’une centaine de paquets cellulo-graisseux réunis en une seule masse; il est donc beaucoup plus considérable qu’il ne devrait l’être s’il était le résultat de la mortification du tissu cellulaire intra-aréolaire. Ajoutons que les parties gangrenées, au moment de leur élimination, présentent une odeur infecte caractéristique, et que le bourbillon est sans odeur; que dans une eschare on retrouve la plupart des éléments de l’organe qui a été privé de vie, les vaisseaux principalement, et que dans le bourbillon on n’observe aucune trace d’organisation ; que le tissu cellulaire qui se gangrène à la suite d’une inflammation violente est frappé de mort au moment seulement où cette inflammation acquiert son plus haut degré d’intensité, et que le bourbillon existe bien avant cette époque, car on le trouve tout formé dans la tumeur dès son apparition, et, alors comme plus tard, il n’offre aucune apparence de vaisseaux. Nous pouvons donc conclure que la forme des aréoles repousse toute idée d’étranglement ; de même que le volume du bourbillon, l’absence d’odeur caractéris-

tique, son état inorganique, son existence au début de l’inflammation.

repoussent toute idée de gangrène.

2" Le bourbillon est un produit de sécrétion pseudo-membraneuse. — Lorsque les membranes séreuses s’enflamment, elles se recouvrent quelquefois de fausses membranes ; le tissu cellulaire, qui offre avec le système sereux une grande analogie dans sa structui’e, ses fonctions et ^s maladies, sécrète aussi dans quelques circonstances une matière lanche, un peu jaune, albuinino-gélatineuse, qui est déposée dans les

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mailles OÙ elle se concrète. Ce produit pseudo-membraneux est primitivement très adhérent au tissu cellulaire dense et rouge qui l’entoure, mais un lluide d’abord albumineux, puis un véritable pus est épanché autour de lui ; il devient moins adhérent, se détache, s’isole tout à fait, et Hotte comme un corps étranger dans la petite collection purulente \ qui s’est formée, jusqu’à ce que celle-ci s’ouvre une issue au dehors et t l’entraîne avec elle. Après cette élimination, l’inflammation diminue ' rapidement, ainsi que le volume de la tumeur; la cicatrisation s’accoin- -| plit en deux ou trois jours; la cicatrice est circulaire, de petite dimen- • sion et à peine apparente.

La présence dans une éruption furonculeuse d’un corps pseudo-membraneux sécrété dès le début de l’inflammation, et constituant plus tard i un coi’ps étranger, donne à cette affection un caractère spécial. De cer caractère, en effet, il résulte que le furoncle doit le plus souvent se ter- miner par suppuration, et que la cicatrisation ne pourra commencer! que lorsque l’expulsion du corps étranger aura eu lieu. La tumeur pré- ■ sente ainsi trois périodes constantes et bien distinctes : la première* caractérisée par la tuméfaction inffammatoire et la sécrétion pseudo-- •* membraneuse ; la seconde par la suppuration et l’élimination du produit i sécrété; la troisième par la cicatrisation. Dans aucune de ces périodes; on n’observe de phénomènes généraux : le furoncle est le plus souvent! . une maladie essentiellement locale.

Les parties de l’appareil tégumentaire qui sont les plus épaisses et les plus denses sont le siège le plus ordinaire de ces tumeurs. On les observe en général à la nuque, sur le dos, sur les épaules, sur les fesses,sur la face externe des membres. Celles, au contraire, qui sont minces,telles que les oreilles, la verge, etc., ou qui sont protégées par un épi-; ’ derme très épais, comme la paume des mains, la plante des pieds, ne* paraissent pas se prêter à leur développement; peut-être n’en ont-elles* jamais été atteintes. Le furoncle des paupières est assez fréquent, on lé* désigne sous le nom ù’ orgelet, (voy. Affection des paupières).

Le furoncle est plus fréquent chez l’homme que chez la femme; i* se montre plus souvent aussi sur les adultes que sur les enfants et les vieillards. Chez ces derniers, la couche cellulo-graisseuse sous-cutanée est atrophiée ; les paquets adipeux intra-aréolaires ont presque entièrement disparu. L’organe qui doit être le siège du furoncle existann à peine, on conçoit la rareté de cette affection dans un âge aussavancé.

l^TiOLOGiE. — Ses causes sont peu connues. Quelquefois il a paru êtn le résultat d’une irritation mécanique; mais c’est le plus souvent sou * l’influence d’une disposition générale de l’économie (|u'il semble s*- '

dévelo[)per. Tantôt alors le furoncle se montre dans le cours de li maladie, dont il est un éjuphénomène, et tantôt à l’époque de sa termi >

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