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AFFECTIONS INFLAMMATOIRES DES MUSCLES

» La suppuration enfin s’établit de deux manières, selon que l’inflammation s’est développée avec une rapidité modérée ou qu’elle est très violente. Dans le premier cas, il y a disparilion de la fibre musculaire, qui se convertit en un tissu cellulaire dense, homogène, induré, ce qui se remarque à l’extrémité des fragments des muscles rompus, ou autour des fractures dans l’inflammation violente; la formation du pus a lieu avant que le tissu cellulaire soit modifié (1). »

Lorsqu’un muscle a été mis à nu, le grand pectoral par exemple, à la suite de l’ablation des tumeurs du sein, voici ce qu’on observe pendant les premiers jours : le muscle apparaît au fond de la plaie sans changement notable, ni dans sa couleur, ni dans son volume; bientôt une surface d’un gris sale le recouvre, puis elle est remplacée par une couche de bourgeons charnus sous lesquels les fibres musculaires disparaissent. Lorsqu’au contraire c’est la coupe d’un muscle que l’on voit au fond de la plaie, comme cela a lieu à la surface d’un moignon pansé H plat, le muscle se gonfle considérablement, le pus est abondant et fétide, plus tard les bourgeons charnus se développent, le pus devient de bonne nature; le volume des muscles diminue et ils finissent par présenter une atrophie plus ou moins notable. Est-ce à la myosite que l’on doit attribuer la destruction partielle des moignons, et cette espèce de fonte purulente avec saillie de l’os? Certes on rencontre dans ces cas une inflammation du tissu cellulaire; et si la myosite existe, elle présente l’aspect de la myosite par contiguïté.

Chez certains amputés, on observerait, d’après M. Gosselin, un véritable ulcère musculaire, une quantité considérable de pus s’échappe de l’interstice des muscles, et en même temps on voit se développer des fongosités; cette affection a été désignée par M. Gosselin so”s le nom de fongus intermusculaire.

Nous ne connaissons pas encore comment se fait la réparation à la suite de cicatrice suppurée, on sait qu’il se forme un tissu cicatriciel blanchâtre, mais on ignore s’il y a reproduction de la fibre musculaire.

Sympto.matologie. — Au début, les malades ressentent une douleur vive sur une partie ou la surface d’un muscle; cette douleur augmente à la pression, et c’est par ce moyen que l’on détermine le siège exact de la maladie. Il y a augmentation de chaleur dans la myosite aiguë; au contraire, dans la myosite chronique on a signalé un léger abaissement de température. Du troisième au septième jour, on observe de la tuméfaction; à la palpation on sent un corps dur, résistant, non élastique, ayant la forme du muscle affecté, lequel semble hypertrophié dans toutes ses dimensions. Cette tuméfaction s’arrête nettement à la limite du muscle. M. Velpeau l’a nommée //ÿnei/sc, expression qui rend d’une manière

(1) Gendrin, Histoire anatomique des inflammations, t. II. Paris, 1826,

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