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HERNIES MUSCULAIRES

plaies par armes à feu, les contusions violentes, ont été quelquefois suivies du déplacement des fibres musculaires. On a encore dit que l'aponévrose pouvait être déchirée dans une contraction musculaire très énergique; cette cause doit être rare, à moins qu’il n’y ait déjà un amincissement du tissu fibreux ; néanmoins la rupture de l’aponévrose avec hernie musculaire a été observée chez des cavaliers, chez des gens qui ont soulevé un fardeau trop lourd, etc.

Lorsque l’ouverture est assez large, que le muscle a été épargné, les fibres musculaires entrant en contraction peuvent s’engager entre les 1 lèvres de la solution de continuité ; il y a hernie primitive. La hernie

i consécutive, celle qui seule offre de l’intérêt au point de vue pathologique, ne se produitjpas nécessairement parce qu’il y aura une solution de continuité de l’aponévrose ; car si la plaie suppure, les bourgeons charnus se développeront sur toute sa surface, et bientôt les bords de l’aponévrose partagent le sort des autres tissus, c’est-à-dire sont réunis par la cicatrice qui, elle-même, soutient le muscle ; si donc dans les cas de ce genre, on a observé une hernie primitive, celleci disparaît insensiblement, elle est seulement temporaire. Mais si la peau divisée se réunit par première intention, si les lèvres de l’aponévrose se cicatrisent isolément, il reste là une solution de continuité profonde à travers laquelle le muscle peut s’engager sous l’influence d’une contraction un peu énergique, c’est là ce qui constitue la hernie musculaire consécutive. Les choses se passent de la même manière lorsque l’aponévrose a été déchirée par une contusion qui s’est terminée par résolution. La hernie musculaire ne se manifesterait donc, d’après M. Morlon, que dans les cas où il n’y a pas d’accidents inflammatoires capables d’amener la suppuration ; j’admets, ajoute-t-il, que la hernie musculaire puisse se produire dans les cas de plaies simples d'aponévrose par armes tranchantes ou piquantes, par contusion légère, mais dans certaines conditions seulement; tandis qu’elle est inévitable .toutes les fois que l’aponévrose se rompt dans un effort.

Cette affection a été observée surtout dans les régions où existent des muscles puissants entourés de larges aponévroses qui leur sont unies par un tissu cellulaire lâche: à la cuisse, à la jambe, aubras par exemple.

Lorsque la hernie est spontanée, c’est-à-dire consécutive à une rupture de l’aponévrose, dans quelques cas l’aponévrose s’éraille insensiblement ; les malades accusent d’abord de la gêne, puis celle-ci va en augmentant chaque fois que les malades renouvellent l’exercice, cause primitive du mal. Cette forme de hernie, hâtons- nous de le dire, a été particulièrement observée sur des cavaliers. Bientôt les mouvements deviennent pénibles, et enfin tout à fait impossibles. En môme temps on. voit apparaître une tumeur qui augmente insensiblement, et qui I disparaît plus ou moins complètement parle repos.

Lorsqu'au contraire la rupture est brusque, le malade éprouve une sensation de déchirure, quelquefois il entend un bruit assez fort ; le muscle sort de sa gaine, il se forme une tumeur d'un volume qui varie avec la force du muscle et l’étendue de la déchirure ; une douleur quelquefois extrêmement vive se montre dans le point où existe la lésion. La marche est impossible ; quelquefois môme ne pouvarit garder l’équilibre, les malades tombent. Les douleurs se calment rapidement par le repos, aussi le plus souvent les malades ne s'inquiètent pas de leur état et continuent leurs travaux habituels, mais la gêne dans la locomotion les force à recourir à l’assistance d'un médecin. Celui-ci constate alors une tumeur qui varie du volume d’une noisette à celui d’un œuf de poule, non adhérente à la peau, qui a conservé sa coloration normale, dont la dureté et le volume varient avec l'état de contraction ou de relâchement du muscle ; elle se réduit par la pression avec les doigts, surtout si l'on a soin de mettre le muscle dans le relAchement.

Le membre a moins de force, la fatigue se fait rapidement sentir, et si le malade fait un effort, il sent la douleur plus ou moins vive, car la tumeur apparaît plus saillante et plus difficilement réductible. Les hernies musculaires consécutives à une division préalable de l’aponévrose d’enveloppe se présentent avec des caractères tout à fait semblables: tantôt la tumeur fait des progrès graduels; tantôt elle se montre tout à coup à la suite d’un effort, pour prendre les caractères que nous avons assignés à la hernie spontanée.

Il semble difficile de ne point reconnaître une semblable affection, lamanière dontlatumeur s’est produite, la symptomatologie ne sauraient laisser de doute. On pourrait néanmoins confondre la hernie spontanée avec une rupture musculaire : dans cette dernière affection on trouve un enfoncement entre les deux parties qui ontété séparées, tandis que dans la hernie on trouve une tumeur réductible, et il n'est pas facile, même lorsque la tumeur est réduite, de sentir les deux bords de l’aponévrose déchirée, de plus le muscle déchiré a perdu ses fonctions et les recouvre après la guérison, tandis que les fonctions des muscles herniés sont gênées, mais non pas abolies, et ne recouvrent jamais leur intégrité, si le muscle n'est pas soutenu par un appareil convenable.

Cette affection n’est pas grave par elle-même, en ce sens qu’elle ne compromet pas la vie des malades; mais elle trouble le jeu des fonctions du muscle, ne guérit pas spontanément, elle laisse le membre dans un état de faiblesse qui persiste pendant un temps fort long et même indéfini; abandonnée à elle-même, elle tend constamment à faire des progrès, de là la nécessité d’intervenir incidemment.

Le traitement consiste dans la compression à l’aide de bandages, de bas lacés ou élastiques, etc. Mais, il faut le dire, ce moyen ne peut suffire

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