VII. Traitement
Le processus phlegmasique évoluant différemment suivant les régions et les tissus, suivant Tétat de l'organisme, et
suivant la nature de l'agent irritant, il nous est difficile
(1) Rapports de V inflammation et de la tuberculose » Thèse d'agrégation, Paris, 1883.
(2) Nicaise, De la contusion et de l'inflammation, comme causes de prédispositions locales au développement du cancer secondaire (Revue de Chirurgie^ Septembre 1885).
INFLAMUATION AIQUE
d'étudier Ici complètement la question ; aussi noua en tiendrons-nous à quelques considérations générales qui découlent de l'étude que nous venons de faire de la nature et des ' causes de l 'inflammation.
!• Le processus inllammatoire est une exagération nutritive I locale, déterminée dans un oi^nisme vivant par un agent irritant ; sa terminaison la plus favorable et la plus prompte est ta résolution. L'indication fondamentale est donc de | provoquer cette terminaison. Aussi cette formule du professeur Jaccoud résume-l-el!e en quelques mots toute la lliérapeutique de l'inflammation : « Mettre le malade en des conditions telles qu'il puisse attendre et seconder l'accomplissement normal du travail pathologique n (1).
2" La notion étiologique est ici d'une importance capitale comme dans rinslitution de tout traitement; vérité banale, mais qui ne saurait àtre trop souvent redite. Eviter tes causes prédisposantes et déterminantes que nous avons passées en revue, ce serait prévenir l'inllammation ; enlever l'agent Irritant, comme dans le cas de corps étrangers, c'est enrayer le processus et faciliter le retour à l'état normal.
'•y L'inflammation, à son premier degré, nous l'avons vu, est un processus de réparation (forme constructive) ; tous nos efforts doivent tendre à le favoriser, et en éviter les complication* (suppuration, gangrène, etc.).
Pour cela, le chirurgien veillera à l'accomplissement régulier des fonctions de nutrition ; l'état général sera traité avec soin, et la fièvre combattue, s'il y a lieu, par les agents thérapeutiques que nous indiquerons plus loin ( Voyez
36 PATHOLOGIE CHIRUROICALE GÉNÉRALE
Fièvre trauniatiqiie). S'agit-il d*une plaie t nous emploierons les moyens que l'expérience clinique a démontré être les meilleurs pour mettre la blessure à Tabri des irritants extérieurs, et pour amener la guérison (inflammation réparatrice). Ce sont : les pansements antiseptiques, l'immobilité, la position, etc.; nous insisterons en temps utile sur ce point.
4'' Enfin, dans les inflammations dites externes ou chirurgicales, nous disposons de remèdes efficaces pour en combattre et modifler les manifestations locales exagérées.
A. Position, — Moyen excellent, applicable surtout aux membres supérieurs et inférieurs ; il exerce une influence favorable sur tous les symptômes locaux, et diminue en particulier la tuméfaction et la douleur, à condition de faciliter la circulation en retour et d'amener le relâchement musculaire {élévation et position du repos physiologiqtie),
B. Immobilité, — En même temps qu'il place la partie blessée ou enflammée dans une position convenable, le chirurgien doit, non seulement recommander au malade le repos et l'immobilité absolue de cette partie, mais assurer celle-oi à l'aide d'un pansement ou d'un bandage approprié. Nous devons, en effet, ajouter peu de oonfiance, en général, à la docilité des malades, cl c'est sagement procéder, que de les mettre dans l'impossibilité matérielle de désobéir.
c. La coynpression, — Associée à Télévation des régions atteintes, la compression régulière et élastique, obtenue au moyen de l'ouate (Velpeau, Panas, Guérin, etc.) et, dans certains cas, par l'application d'une couche de collodion, constitue un très bon agent antiphlogistique. La compression.