IV. Pathogénii
Son mode de développement, sa contagiosité, son épidémicitéy son évolution clinique et ses complications ont fait considérer depuis quelque temps déjà Térysipèle non plus comme une inflammation simple du derme, mais comme une maladie infectieuse engendrée par un agent spécifique sur la nature duquel diverses opinions ont été émises. Ainsi, pour Hiller (1) qui considère avec Hayem les bactéries de Térysipèle comme des globules sanguins modifiés, la substance infectante serait un poison chimique provenant de la décomposition des matières albuminoïdes, mis en contact avec une solution de continuité ; le ferment morbigène prend deux voies : une partie s'introduisant dans la circulation sanguine, produit les phénomènes généraux, Tautre partie passant dans les lymphatiques donne naissance à Tinflammation locale ou dermite érysipélaleuse.
D'autre part, Tapparition, en môme temps que Térysipèle dans les mêmes lieux, de septicémies diverses et en particulier de la fièvre puerpérale, les relations étroites de parenté entre ces deux affections si bien établies par les observations de Holmes, de Todd, de Retzius, de Trousseau, (2) de Pihan-Dufeuillay, avaient porté à les considérer comme de nature identique, mais de récents travaux ont fait connaître les microbes sp^'îcifKiues de
(I» HilliT. Der crtj.<ipel(tloAe IUntzumliing^tprorfiia. in Herliner klin, Win'hni:trh , IH74.
(2) Trousseau, Clinique méd. de lHotel-Dieu, if édition, 18Kj.
ces dillérentes maladies infectieuses. L'érysipèle est sans contredit Tune de celles dont la nature parasitaire est le mieux établie. Les recherches de Nepveu, de Tillmanns, de Fehleisen, de Cornil, etc. ont en effet démontré que le microbe de Térysipèle bien différent de celui du phlegmon ou autres suppurations traumatiques simples, est un micrococcus rond, immobile, isolé, groupé par couple ou en chaînettes ondulées, parfois rectilignes ( streptococcus erysipelatus ). Cultivé et inoculé à Thomme, il reproduit un érysipèle type, et non un furoncle, un phlegmon ou une autre maladie. L'érysipèle à son tour ne saurait être déterminé par Tinoculation de bactéries analogues, ni par celles de substances putrides. Les topiques les plus irritants peuvent bien produire un érythème, un phlegmon, mais non un érysipèle.
Aux différentes variétés de la maladie correspondent vraisemblablement des micro-organismes particuliers ou différents états de développement du môme microbe, mais la démonstration n*est pas faite jusqu'aujourd'hui que les choses se passent d'une façon plutôt que d'une autre. Ajoutons que M. Kaposi (1) pense que dans la plupart des érysipèles traumatiques, il existe d'autres microbes que celui de Fehleisen, et que des produits de décomposition peuvent lui donner naissance.