V . Analomie paUiologique
Les lésions locales de l'érysipèle sont celles d'une
(1) Remarques sur les cas d't'rysiptle survenus h l'Hôpital gén&al de Vienne, de ^882 a I88i {Sem. méd., août 1887).
lions TRALMATIQtlES COUrUQUÉBS {\%
rutile exsudative spil-cifiqiie, c'est-à-dire d'une inflammation spéeifiqaf des éléments de !a peau due à la présence de bacléries spéciales (sti-eptococcî erysipelatis).
L'exsudat sèro-fibrineux qui occupe les diverses couches de la peau et le tissu cellulaire sous-cutané renferme une grande quantité de cellules lymphatiques (Vutpian) émigrées des capillaires (Volkmann, Steudner), très turgescents au niveau du corps papillaire (Cadiat). Ces cellules migratrices accumulées tout d'abord autour des capillaires sanguins gagnent rapidement les lymphatiques, les lacunes et les vaisseaux qu'ils eugorgent (Liouville), les interstices des faisceaux du tissu cellulaire dont les cellules fixes, lumériées se multiplient (J. Renaul), et la périphérie des lobules adipeux. Si la poussée érysipélateuse décline, les globules blancs métamorphosée en détritus granuleux sont rapidement repris par les lymphatiques, et il n'y a plus trace de lésion. En eau contraire les phénomènes exsudatifs, la diapédèse, la prol itéra lion des cellules fixes, des globules blancs continuent : de là l'œdème qui, sous forme de bourrelet, circonscrit la plaque érysipélateuse; de là aussi ces indurations, ces épaississenients persistants de In peau, ou bien encore les abcès que l'on observe dans le cours de la maladie.
Les vaisseaux lymphatiques et les petites veines ap|tarteuanl à la région érysip<!-Ialeuse parlici[ient également au travail infliimmatoire. La lymphangite précé<le même souvent la dermile, et dans ce cas une adénite corresiKindante précède aussi la rougeur des lé^ments. Quant à la phlc^ose des veinules elle passe souvent
inaperçue, à moins qu'elle n'occasionne des thromboses dont le siège (érysipèle de la face) et rétendue peuvent être le point de départ d'accidents graves (embolies, gangrènes, etc.).
Fehleisen et Cornil, dont les recherches ont été confirmées tout récemment par M. Denucé, ont décrit avec beaucoup de soin les bactéries signalées en 1S68 par Hueter, Nepveu et Orth dans les plaques et les bulles érysipélateuses ; par Recklinghausen et Lukomski dans les espaces et vaisseaux lymphatiques de la région. M. Denucé, dans son travail, a démontré que les bactéries pouvaient passer des ganglions lymphatiques dans le sang, contrairement à ce qu'avait avancé Fehleisen (1).
Les micrococci de l'érysipèle sont très petits ; leur diamètre est de 0 fji, 3. Associés deux par deux ou en chapelets sinueux, ils se groupent dans les espaces interfasciculaires, dans les lymphatiques ; on les trouve aussi à la périphérie des follicules pileux, dans le protoplasma des cellules adipeuses, dans les capillaires du rein et du foie (Cornil et Babès). D'après Fehleisen, les bactéries sont inégalement réparties au niveau de la plaque d'érysipèle. Dans une première zone périphérique au bourrelet, les microbes remplissent les lacunes et les réseaux lymphatiques; au niveau du bourrelet, des leucocytes englobent les bactéries qui disparaissent ccmplètement au centre de la plaque érysipélateuse infiltrée uniquement de jeunes cellules.
(1) Denucé, Étude sur la palhogênie et l'anatomie pathologique de l'érysipèle (Th. de Bordeaux, 188o).
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Quant au liquide des bulles et des phyctèues, il contient beaucoup de leucocytes et de fibrine; mais M. Cornil n'y a pas trouvé les bactéries signalées par Nepveu et Orth.
Les lésions générales observées surtout dans les cas graves sont moins précises. Elles ont été en partie décrites par Ponfick qui les a étudiées exclusivement sur des cas d'érysipèle chirurgical pendant l'épidémie de Ileidelberg (i86()). Les plus fréquentes sont des lésions dégénératives du foie, des reins, de la rate, des muscles, du cœur; l'entérite avec ulcérations au niveau de l'intestin grêle déjà indiquée dans les Archives de Médecine par 0. Larcher, en 1864, et par Malherbe en 1865. Verneuil a rencontré la stéatose rapide des viscères et Jaccoud a noté les lésions de l'endocardite mitrale et de la péricardile sèche.
L'étal du sang a aussi attiré l'attention des auteurs. Borsieri et Desprès l'ont trouvé fluide. La leucocytose observée par Northon Whiteney dans les cas graves, est loin d*étre const^mte, mais le même auteur, dans sa thèse inaugurale (1881), a insisté sur certaines altérations des globules rouges (diminution du diamètre, perte d'élasticité, décoloration, crénelures, etc.)