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VII. Traitement

Il comprend : a. la prophylaxie; b. le traitement curatif.

A. L'étude des causes et de la nature de Taflection commande au chirurgien un ensemble de mesures propres à prévenir le développement de l'érysipèle; le véritable traitement de cette complication est le traitement préventif. Mais il y a des régions au niveau desquelles il est difficile de mettre les solutions de continuité opératoires ou accidentelles complètement à l'abri des germes extérieurs ; nous citerons par exemple les plaies de la bouche. Dans d'autres cas, le blessé ou l'opéré est déjà en puissance d'érysipèle déclaré lorsqu'il s'adresse au chirurgien; ou bien encore le malade est sujet à l'érysipèle à répétition. Pour prévenir ces récidives si tenaces, Verneuil a insisté sur la nécessité de désinfecter et de nettoyer aussi complètement que possible l'érysipélateux. La surface té^mentaire, les régions pilifères, le cuir chevelu, le sillon rétro-auriculaire et le conduit auditif externe seront

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CD l'articiilier lotîoanés à plusieurs i-eprisos avec des solulious parasitin'des (sublimé au 1/1000°). Les cavités muqueuses (pharynx, fosses nasales) seront soumises aux pulvérisatioDs antiseptiques, non irritantes (biindure d'hydrargyre, 0,05 eenlig-, alcool 20 gr., eau 1,000) et les vêtements passés à la vapeur d'eau â 1^".

Les érysipélitleux blessés et opérés seront isolés (1), c'est-à-dire transportés dans une autre salle, ou si la saison le permet, sous une tente, et le local évacué subira une ventilation prolongée, un nettoyage complet. On évitera autaut que possible le voisinage des salles de chirurgie avec les salles d'accouchements, el en temps depidéuiie, le service d'un cdté (élèves et garde - malades) n'aura aucun rapport avec l'autre. De même le médecin qui soigne des érysîpélateux prendra les plus grandes précautions, s'il doit en même temps visiter de nouvelles accouchées. Il s'abstiendra pendant un certain temps, s'il le peut, de toute opération sanglante, et en cas de nécessité il aura de pnl'lérence recours aux caustiques (Gosselin).

La méthode de pansement a aussi son importance, et si les pansements antiseptiques n'ont pas fait disparaître entièrement cette complication, du moins, ainsi que l'a démontré la récente discussion à l'Académie de médecine, leur application l'a-t-elle diminuée dans des proportions marquées- Il en est de même de l'hygiène hospitalière, d'une (açon générale.

B. TraiUmtnl caratif. — Un grand nombre de méthodes dites curatives se sont succédées un peu au

(t) Bull- de iiead. dt ïaMtrinf. 14C>.

hasard des théories régnantes mais aussi sans succès, dans le traitement de Térysipèle; telles sont les médications substitutive, antiphlogistique, etc. Lisfranc appliquait des sangsues loco dolenti, Josse le froid en permanence, Piorry et Dupuytren de petits vésicatoires, Larrey le fer rouge, Jobert de Lamballe le nitrate d'argent, etc., afin de circonscrire Tinflammation ou même de s'opposer à son début. Robert de Latour vantait dans le même but le badigeonnage des plaques érysipélateuses au collodion, moyen adopté par Nélaton, Broca etc., mais qui n'a jamais eu d'autre avantage que de soustraire les parties malades au contact de l'air, d'exercer sur elles une compression modérée et de masquer l'inflammation. Tous ces remèdes ont été à juste titre délaissés et l'on s'en tient aujourd'hui à à la thérapeutique rationnelle des symptômes.

L'adniiiiistralion d'un léger éméto-cathartique au début a l'avantage de combattre l'état saburral et de faire le lavage de la surface intestinale, mais l'indication fondamentale est de soutenir les forces du malade pendant toute la durée de l'affection. Jaccoud prescrit depuis longtemps avec succès le vin de quinquina à la fois comme tonique et comme défervescent. La dose moyenne est de 250 grammes en 24 heures, et elle est poussée jusqu'à 400 à 500 grammes, si le délire (par anémie cérébrale) est ï)ersistant. Chez les blessés alcooliques on pourra sans crainte donner cette dose d'un vin généreux et y ajouter au besoin de l'alcool.

Comme les érysipélateux se plaignent surtout de picotements, de brûlure, de tension au niveau des par-

tJes atteiales, on devra mettre ces dernières à l'abri de l'air, en les recouvrant de substances inertes, adoucissantes et de ouate. Les uns saupoudrent les plaques endaminées de poudre de riz, après avoir pratiqué des onctions avec la vaseline boriquée, d'autres recommandent les compresses de fleurs de sureau.

Dans ces dernières années, sous Tinlluence des doc trines microbiennes, on a fait usage de l'acide phénique en injections au niveau de l'érysipèle, dans la pensée de détruire sur place le principe infectieux (Hueter, Bœckel, etc.). Heppel (1) en badigeonnant la plaque éryaipélaleuse et son pourtour à l'aide d'une solution alcoolique d'acide pbénique à 10/100 aurait réussi 7 fois à enipècber la propagation de l'aflection. Les pulvérisations pbéniquées prolongées (Verneuil), les applications d'huile térébenthinée (Lûcke) ou phéniquéo ont 6të également préconisées dans le même but.

Enfin, dans le Centralbl. {. chirurgie (7 Mai 1887), iiiedel (d'Aix-la-Chapelle) prétend avoir enrayé la marche de l'érysipèle chirurgical au moyen de scarifications recouvertes de compresses trempées dans une solution au sublimé au 1/1000 et renouvelées 3 fois par jour. Ce procédé est une variante améliorée de la méthode de Kraske dans laquelle des scarifications contact avec des liquides antiseptiques sont |)ratiquéti3 sur toute l'étendue des plaques érysipélateuscs (2).

ri) ll«p[«l, ÀTch. of DtrniaUiUigy. 1S81.

(S) Lm Tonnes roniplii)néet lie l'érysipèle (pbIPRmon «ryKipélnlPUi , lymphangite g«ngr#n(!UtM'. eb-.) donnpnl liru à itrs iwlicalrnnï ■pAcialca, pornii InMjUL'Uei les 4lébnili'nicalj au thcrmo-cautorc.

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