IV. Anatoroie pathologique. Symptomatologie
L'étude anatomo-pathologique du tétanos est pleine d'incertitudes, et les principales lésions des centres nerveux n'ont rien de pathognomonique ; la plupart des auteurs les regardent comme secondaires sans compter qu'elles peuvent souvent faire défaut ou bien qu'elles sont contradictoires.
L'encéphale souvent indemne a été trouvé congestionné par Le Fort et Huguier ; des altérations variables ont été signalées à l'origine des nerfs bulbaires, au niveau de l'épendyme (Poucet), etc. L'hypérémie des méninges et des centres gris de la moelle, avec coloration hortensia caractéristique de ces derniers, ou bien des foyers de ramollissement, d'inflammation ou de sclérose, des hémorrhagies rachidiennes extra-méningées (Bouchut), la névrite ascendante des cordons émanés du foyer traumatique, telles sont les principales lésions qui ont été tour à tour décrites puis niées. Enfin, du côté des muscles on observe parfois des ruptures des fibres et des vaisseaux (hémorrhagies) consécutives à l'exagération de la contraction, ou bien des îlots de myosite avec dégénérescence séreuse ou colloïde. La
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plupart des viscères sout congesUonnés et Venieiiil a signalé la fréquence de la broncho-pneumonie.
L'aHection apparaît, dans la moyenne des cas, du sixième au douzième jour, exceptionnellement quelques heures après le traumatisme ou après la cicatrisation de la plaie ; des phénomènes prodromiques l'aunoncenl parfois; ce sont des douleurs sourdes ou fulgurantes (Bégin), des secousses convulsives douloureuses (Dupuytren, Gosselin, Colles, Verneuil, Blain (d'Êpernay), etc. parlant de la blessure et s'irradiant dans les groupes musculaires voisins où elles restent rarement localisées. C'est dans ces cas qu'une intervention hâtive, la névrotomie, l'excision de bourgeons charnus, l'amputation, etc., a pu enrayer la marche fatale de la maladie.
Ou a vu aussi la plaie présenter, au début, quelques modirications peu importantes dans la marche de la suppuration ou de la cicatrisation. Le plus souvent le blessé se plaint d'une espèce de torticolis ou bien il a de la difficulté et soufli'e à ouvrir la bouche (Irismus) et à avaler (dysphagie). Si l'on veut écarter les mâchoires, la contracture augmente ainsi que la douleur. Presqu'en même temps, les autres muscles de la face se prennent, et il en résulte une sorte de grimace, de ■ rire sardonique n, qui contraste ëtraugemeut avec les gémissements du patient. Le tétanos lié à la blessure d'un nerf crânien (Rose) ou à une autre lésion, peut se limiter à la télé. Dans ce cas, le trismus et les spasmes pharyngiens deviennent parfois que, comme cela a lieu dans la rage, les li([uides sauraient être déglutis (tétanos hydrophobique).
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D'ordinaire, les contractures douloureuses gagoen' rapidement (en 12 ou â4 heures) les extenseurs de h nuque, du tronc et des membres inférieurs, puis lei fléchisseurs (1) du membre supérieur, et en&D lei muscles des doigts et ceux du globe oculaire. A o moment, les arcades dentaires se serrent d'autant plui violemment qu'on cherche à les écarter, la face es convulsée, le thorax bombe, le ventre s'excave ei bateau et le corps est immobile daus l'extension droite bien arqué en arrière, il ne repose sur le lit que pa: les talons et le vertex : c'est Vopiatkotono». Des variété plus rares, Vemprotthotonos et surtout le plenrothotonoi sont caractérisées par la contracture des Qëcbisseur ou des muscles d'une moitié latérale du corps, d'oi incurvation du blessé eu avant ou latéralement.
Quoiqu'il en soit, les contractures sont permanentes et à des intervalles pendant lesquels leur intensité dou loureuse faiblit et donne quelque répit au patient succèdent des exacerbations sous forme d'accès convulsifi atrocement douloureux , provoqués par le moindr mouvement volontaire ou communiqué, à la suite d'un émotion, du plus faible courant d'air, etc. C'est pendan ces redoublements convulstfs qu'on observe des rupture musculaires, la morsure de la langue, la projectioi violente du tronc en avant, avec enfoncement de la tét dans les oreillers, etc. Plus ou moins tardivement, seloi la marche de la maladie, les muscles inspirateurs s
(i) On sait, d'après les travaux de Budge, elc-, que l'excitabilité d( aerla de flexion l'emporte dons la moelle cervicale, et ceUe des nen d'exIensioD dans la moelle lombaire.
coût racle roui à leur tour el le blessa asphyxiera progressivement, le corps couvert d'une sueur Iroide et profuse, le visage violacé, etc., à moins que dans ud accès de redoublement couvulsif un spasme du cœur, de la glotte et du diapliragme n'amène brusquement la mort,
Les désordres fonctionnels sont multiples ; au début de Tallection dans la lorme suraiguë el surtout dans 1» (orme chronique, le pouls reste presque normal, de même que la température. Mais bientôt It- pouls bat de 1^ à 140 et le thermomètre marque 4), 42° et plus (Wunderlicb), surtout pendant les accès et ù la période ultime. On a beaucoup discuté sur les causes de cette hyperthermie, les uns l'attribuant â la rièrre (G. Bichelot) aux congestions viscérales (broncho-pneumonies) (Verneuil), d'autres à l'asphyxie (Péter), et aux cuatractrons inusculaires(Billroth, Leyden, Béclard, Jaccoud cl Muron). Les urines seraient d'autaut plus rares et chargées en urée que lii température serait plus élevée.
L'appétit est généralement couservé mais le resserrement des mâchoires et les spasmes du pharynx el de l'œsophage rendent presque impossible l'alimentatioD ; aussi conseil le-t-on d'introduire dès le début un coin de bois entre les dents, ou môme de passer la sonde Œsophagienne, afin d'assurer l'absorption des médicumeuls el des aliments. La constipation est habituelle, la défécation el la miction très difficiles à cause de la contracluro des muscles abdominaux et des sphincters volontaires ; quant à l'intelligence, elle reste complète jusqu'à la tin ; |K:ndaut les accalmies, tous les blessés se plaignent surtout de »oulIrir el de ne pouvoir dormir.
Ou a plusieurs observations de tétaniques tués en (|uelques heures et en un ou deux joui*s, par contracture du cœur, de la glotte et du diaphragme (tétanos suraigu ou foudroyant (Bérard, Billroth, Terrier, etc.). Habituellement, sa marche est rapide (aigu) ou lente (chronique, discontinu ou rémittent). Dans le premier cas, la durée varie entre 3 et 10 jours et les malades sont emportés par l'asphyxie progressive que hâteront des complications viscérales. Dans le tétanos chronique, la terminaison fatale retardée de i)lusieurs semaines est amenée au moins autant par l'inanition et lepuisement nerveux que par l'asphyxie. Mais dans quelques cas, le malade peut guérir; ici les symptômes sont dès le début très atténués et les contractures n envahissent de nouveaux groupes musculaires ([u'après avoir cessé dans les précédents ; les rémissions sont de plus en plus longues, puis les contractures disparaissent ; peu à peu, le sommeil revient et le blessé reprend ses mouvements volontaires, que limitent tout d'abord la raideur et quelques spasmes.