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IV. Pathogénie

A cet • exposé rapide des données étiologiques se rattache celui des théories pro{>osées pour expliquer le déveloi)|>emenl des néoplasmes : nous indiquerons successivciiMMit les plus inïf)ortantes: 1^* tliéoriedes blastèmes; ±' Ihéorlt' rellulaire: .> théorie de Tanomalie du déveh)ppeim»nl einbryoj^énicpie ; i^ lliéorie parasitaire.

A. Thnn'ir drs hlasthtn's. Sons l'inlluence d'un processus incomiu dans son essence, lelément patholo^^ique spéciiMiiicqui caractérise la luineur nait par génése du hliLKtèmi' ou liquide amorplie interposé entre les éléments anatoniiques préexistants de la réj^ion ; ceux-ci se modilient peu à p(ui (»t sont remi)lacés par le tissu pathologique de nouvelle fonnalion. On sait ((ue Broca admet autant de blastèmes patholoj;i(iues (|u'il y a de variétés de tumeurs.

H. Thrnrii' du dnrhippemrnt cellulaire continu (1). A

(I.) l/(M*i;;iiM» l(M]rory(i(|(i(' <!<» la rellule cancéreuse a été soutenue par Sa|)|K\v <*t Nedopil, etc. ; voir plus loin: Mécanisme de la généralisation

Virchow revient le mérite d'avoir appliqué au développement des tumeurs le principe de la génération cellulaire continue établi par Remak. Ses recherches et celles de MùHer ont fait abandonner les hlastèines cellulogènes et démontré Torigine des tumeurs par multiplication ceUiirluire des déments préexistants irrités spécifiquement, théorie à peu près généralement adoptée aujourd'hui avec quehiues nuances. C'est ainsi que les anatomo-pathologistes, combattant la manière trop exclusive de voir de Virchow qui fait du tissu conjointif un véritable Protée anatomique susceptible de se transformer en tous les tissus, admettent pour les tumeurs la permanence des espèces vaguement indiquée dans la loi de Mûller, et Thypergénèse des cellules adultes ou dilTérenciées par modification directe. Dans un reinar((uabie et récent mémoire M. Bard vient de soutenir avec de solides arguments la spécificité absolue des éléments anatomiques différenciés et leur inaptitude à se transformer les unes dans les antres: théorie absolument contraire à la notion classiciue jusqu'ici de l'évolution des tissus normaux et pathologiques d*après la loi suivante : « Les cellules diflérenciées ou fixes des tissus adultes dérivent de cellules embryonnaires indillérentes. Les cellules dilTérenciées, en proliférant, font un retour à l'état embryonnaire et ces éléments embryonnaires indiflérents tendent à reproduire le tissu matriciel ou de la région ; mais ils peuvent aussi en changeant de type évolutif, se transformer en tissus différents (métaplasie de Virchow). »

Comme conséquences de cette donnée de la fixité et de la spécificité des types cellulaires, on peut tirer

(kMi pathologie chirurgicale GENERALE

du travail de M. Banl quehiues conclusions ( 1 ).

c. Théorie de V anomalie du développement embryogénique des tissus, Cohnhein pour expliquer le développement des néoplasmes a proposé une théorie qui repose sur des arguments d*une grande valeur et s*appli- (pie piirfaitemcnl à certaines catégories de tumeurs hétérotopiques, congénitales, mais reste insuffisante sur plusieurs points.

Diaprés cet éminent patliologiste, il s'agit d'une ano-

(1) • t* Tne tumeur dérive d'un im>me ty|)e ceUulaire correspondant de ronranisme normal. I^s cas exceptionnels de néoplasmes hétérotopiques (enchondrome de la |K'irotide, etc.), sVxpliquent |iar inclusion fœtale.

t^ I^t sptrillcité dn tissu mM>plasique se traduit par la structure, la disposition de la cellule et de la substance inten*ellulaire. par son origine, son évolution, ses dégénérescences reproduisant la même constitution anatomiqne et clini(|ue, la même évolution et les dép:énérescences corres|H)ii(lanU's du ti>>n normal.

!{"* Tandis (|iie dans rév(»liiti(>n normale des (issus, les cellules (yites passent régulièrement de l'élat embryonnairt' ù Tétat adulte, dans les tumeurs, les crlbiles prolifén'i's |K*uvenl s'arrêter aune pbase du dévelo|)|HMiiriit forme embruonnairr-. ou en atteindre les dernièr<»s limites forme tuhille . A des dej^rés variables les fonnes embryonnaires sont malifjnra. **[ b*s («uMues aduliez MUit hrut(jn*',<.

In lisMi piiiiionlial unique dérivanl d'un seul f///)C cellulaii*e constitue la j'éiH ralilé des tumeurs appelées /j/mci/rx simple.'^.

l'n tissu primordial uniipie dérivant de plusieurs tyiH^ cellulaires distincts mais ayant une origine comuunie caractérise les tumeurs comjtle.vea (anjîionu's).

Fjiliii les tumeurs mixtea ou rnmpo.'i*'e,< ivnferuu'nt plusieurs tyfM^s cellulaires ju\(a|H)sés riiez le fietus, mais <pii ont plus tard une tendance à diverpT.

1^1 transformation d'ime tumeur a<lulte en une tumeur embryonnaire d'un ty)>e dilTérent est im|K»ssible, de même que la transformation directe des cellules adultes ou lixes en cellules embrj'onnaires ; mais l'incitation proliférative |Kitbologique peut s'altérer de façon à ne plus produire qu*un tissu embryonnaire au lieu d'un tissu adulte. »

malie de l'organisation embryonnaire, ou si Ton veut d'un trouble dans le plan de l'évolution; en d'autres d^autres ternies il n'y a plus de diathèse, ni de causes dé termina nies; la tumeur a une origine tératologique; toutefois la prédisposition à cette anomalie du développement embryogénique peut être transmise par voie héréditaire. Dans cette hypothèse, un noyau de cellules embryoniiaires ne subit pas l'évolution normale ; celles-ci restent inactives, indifférentes, isolées par une sorte d'inclusion, jusqu'au moment où Tactivité formatrice anormale sera mise en action, à l'occasion d*un traumatisme, parfois à Tépoque d'un changemenf physiologique important (puberté, ménopause, etc.), souvent aussi sans cause connue.

Cohnhein fait observer que cette évolution a son analogue dans le développement t^irdif des organes génitaux au moment de la puberté, et que les lieux d'élection des néoplasmes sont précisément les points de jonction, au moment de la période forniative d'éléments anatomiques différents (anus et rectum, orifice externe du col utérin), et ceux où Tinclusion des cellules embryonnaires a plus de chance de se jiroduire (fentes branchiales).

La théorie de Cohnhein et le mécanisme de l'inclusion accpiièrent toute Unir valeur lorsqu'ils s'appliquent aux tumeurs hétérotopiques, tels que les chondromes de la parotide et du testicule (Arthaud), aux tumeurs dcrmoïdos congénitales, aux kystes et tumeurs perlées de l'iris; on voit ces dernières tumeurs n'apparaître qu'à 15, 20 ans ou plusieurs années après le traumatisme (jui a transplanté sur l'iris les cellules épithéliales de la cornée.

(Vis PATHOLOGIK CHIRURGICALE GÉNÉRALE

D. Théorie parasitaire. Les découvertes récentes sur le nM(» des microbes pathogènes, Tanalogie de structure entre certaines néoplasies infectieuses, parasitaires (tul>erculose, lèpre, actinomycose etc.) et quelques néoplasmes ; révolution clinique et en particulier les phénomènes dMnfection ganglionnaire et de généralisation ont poussé à se demander si Tirritation proliférative discontinue des tissus animaux (tumeurs) comme des tissus végétaux (galles) ne serait pas due à leur pénétration par des agents inertes ou vivants venus de IVxtérieur (1). Dans cette théorie, la multiplication cellulaire, Taccroissement discontinu des tumeurs et leur généralisation ne seraient plus le résultat d'une activité propre inhérente à la cellule et de sa transplantation par voie embolique, mais seraient la conséquence de l'intervention d'un parasite dont les germes sans (Tssr rcpnllulanl ot le reproduisant se répandraient (ifins lorganisine pour l'iiifecter. Mais si d'un ccMé, des considérations inulliples mililrnt en faveur de cette hy|)othés(\ dautn» i)art de puissantes objections peuvent lui étn» faites (2), sans compttT (pril reste à faire la preuve complète de la présence dans les tumeurs de micro-organismes, de leur inoculabilité et de leur contagion. La chose» a été tentée et de nombreuses expériences ont été faites ; nous résumerons aussi

(1) iNiMlof»iI, Cfircitinni vnd infrctinti Mrfiizinisrhf Jahrbiicher , ISKi. l.edoiix Lrbanl. Le roncer, waladir paraaitaire (Àrch. gén. de Ml' fi., iss;i).

ci) nniiill. Ih' iorifjinc non hacU'ricnne dv carciname {Àrch, de Méd., 18Ki).

succinctement que possible Tétat actuel de cette question (jui reste à Tétude.

Tout d'abord les tumeurs nettement parasitaires diflèreut essentiellement de la plupart des néoplasmes par la présence d'une capsule ou enveloppe de nature conjonctive résultat d'un étal inflammatoire provoqué par répine parasitaire. Do plus, toutes les fois que les bacilles envahissent les tissus, les éléments anatomiques plus ou moins violemment irrités suppurent, secaséifient, se détruisent, ou bien il y a substitution d'un tissu fibreux cicatriciel ; d'autres fois , parasites et tissus modillés s'enkystent et se calcifient, mais nulle part il n'y a substitution, édification d'une masse néoplasique persistante. Quant à l'analogie de structure entre certains néoplasmes (sarcomes, tumeurs épithéliales, etc.) et le lymphosarcome du poumon chez les mineur^^ de Schneeberg (mines de cobalt), le fibro-adénome du rectum (1), lactinomycose, le rhinosclérome, elle ne repose cpie sur quelques caractères grossiers et nest ((u'apparente ; rexameii microscopique révèle en effet des différences notables dans la structure histologicpie. M. Brault (|ui conteste cette analogie, regarde les polypes glandulaires du rectum observés dans la dysenterie chronicpie comme la consé(|uence de Tin- (lammation de la couche sous-muqueuse intestinale habitée par les œufs de Bilharzia ; de même, les altérations anatomiques particulières à l'actinomycose et au rhinosclérome ne seraient pour cet auteur (jue

(1) BoUeli, Du rôle ttex parasites dans le développement df certaines tumeurs {Progrès médical, issîi).

GiO PATHOLOGIE CHIRI'RGICALE GÉNÉRALE

dos lésions irritalives de causes spécifiques (I). Enfin, nous viTPons plus loin, en ce qui concerne les phénomènes de ^généralisation el d'infection, <|u'il n'est nullement indis|)ensahle d'aiïlnner la nature |mra«itaire des tumeurs malignes pour les expliquer.

Si l'on n'^fléchit à la dilTiculté des expériences et des investigations nécessaires pour constater la présence des microbes là où l'on est srtr de les trouver, on ne sera |>as surpris du résultat négatif de la plupart df»s examens de tumeurs faits jusqu'ici dans ce but. (Cependant, MM. rialip|>e et Landouzy ont décelé la présence de parasites dans des myomes utérins et dans le licpiide de kystes ovariens. Les liquides de culture ensemencés directement avec des fragments pris au centre d(»s tumeurs ont servi à ensemencer de nouveaux bouillons, (|ui, devenus à leur tour fertiles ont montré les mêmes micro-ori^îMiismes. (le sont : I" Des inicroc(M|ues snlirri(iues, réunis deux à deux en amas volumineux on (Ml lon^s ehîipelels: 2.'' Des micro-organismes plus pelils, en rh;i|)elels. plus rares : *\^ Des bâtonnets isolés, on réunis deux à deux, ou formant de longs lijjiinents iSoc. de Biologie, 1887).

Knlin, tout récemmenf, le D»* Seheurlen a constaté au microscope comme au moyen de cultures la présence des hncilles du canccM' «pTiJ a inoculés au chien avec succès, el le 1)»^ Schill a fa il à la Soc. dt» Médec. interne de Herlin une communication : Sur la prcsrmr conatante lU' Uàlmnii'ts m Jonin' dr (hnthlt''jKHnt ({ans les ti.ssns car-

(I) P.illîiiif rt risrlsInTj; ont toiijoiii's roncoiiln» W pnoniiKK'CHTns (laii> lr> i>;irti('> ath'intos i\v rliinosiiêronie.

KTfDE DES TIMEURS EN GÉNÉRAL 641

cinomatcHX et sarcomateux (Dullet, méd., déc. 1887). Eli résumé la question de rinorulabililé et de la contagion du carcinome et des tumeurs malignes n'est pas résolue ; elle doit élre reprise avec une connaissance plus précise des microbes et des milieux de l'organisme qui leur sont favorables (1).

(1) \a\ non réussite (l(*s nonil>ivns(*s tcntativt^s d'inrH'iilation s>xpli<|iie ÔKalPinont In^s hien \m\y rif^noninco dans laquelle on esl de la nature du parasite et des conditions de milieu favc»ral)les à son développement. Os inmMiIations ont été praiiiiuées de riiomuie à riuunme, de l'homme aux animaux, d'animal à animal de la même esiNVe, et enfin d'animal à animal dVs|MVes dilTénMites.

I^>s pnN*édés d'in<N*ulation ont consisté dans rintnNlurtitm sous la p«'au, dans la ravilé |KTit(méaie, de itarrelles cancéreuses (gn»lTes), «le sur. cancénMix : dans l'iiijtvtion intraveineuse de ce même suc cancéivux addititmnédVan. de san^.de fibrine. et enfin dans l'ingestion de substances cancénMisfs. A l'aide de ce dernier pro<*édé, les ex|N'M'imentateurs (Clialin, etc.) n'auraient réussi qu'à rendre les animaux tulM*rculeux; AlilMTt, etc.ont comftlètemenl échoué dans leurs tentatives d'inoculation sur eux-mêmes et sur d'autres personnes. D'autre |»art» les faits d'Myvert, Lûcke, KU'l)s, Waldeyer. Nicaise, lk>r^mann, etc., dans lesquels un épitliéjioma de la joue. <le la lèvre supérieure, un cancer <le l'estomac MiccédènMit à un épithélioma de la lèvre inférieun», à un cancer de la langue, et une tumeur s'est dévelop[N''e au niveau de la pi(|i^re d'une {Kinction alxlominah' (probablement {lar le mécanisme de la ^n^lTe intravasculaire dans h>s capillaires divis4's) |H*uvent être interprétés comme des exempb's de contagion directe, d'auto-inoculation, à moins ipron ne les considèn* comme le début d'une f^énéralisation.

I>>s e\|x''riences louchant la tnmsmissibiiité du can*inome de l'hommi* aux animaux ont réussi dans (pi(>lr|ues cas qui sont loin d'être entièn*menl prolKinls ( l<iin};enbe<*k. ^uinquaud, etc.): mais les insucci's s(»nt de beaucoup plus nombreux (Billroth, L<'bert, Liouville, Ikuitn*- Ie|M»nt, llyvert). I^e plus souvent, on n'a pnMluit que des tumeurs |»assa- ^ères. des lésions inllammatoires. et les animaux sont morts d'accidents septicéiui(|ues, de ]M'ritonite, etc. 1^^ seuls faits |M)sitirs sont ceux de (ioujon, de Klenke, de S4*heurh'n (Voyez liuU. médit'., loro ritntn, et Ledoux-Lebard, Le cancer, maladie parasitaire (Arch. de Méd., iJ^Ki).

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