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VIII. DiagnosUc

Le plus souvent, les signes fournis par les tumeurs sont si caractéristiques que le diagnostic ne saurait présenter de difficultés (2) ; celles-ci commencent, quand il s'agit de déterminer leur espèce histologique et de rechercher si des dépôts de généralisation n'existent pas dans les viscères.

Dans tous les cas, en dehors des symptômes locaux, il est nécessaire de tenir le plus grand compte des antécédents et de l'âge du malade, de la marche, du siège, et de l'indolence ou non de la lésion. Ce sont

(1) Quelques-unes de ces tumeurs, les flbro-myomes utérins, par exemple, peuvent se n^sorber complètement, soit après Taccouchement, soit en pleine activité sexuelle: Guéniot, Gross, Gussctow, etc., en ont cité plus de trente observations.

(2) Des anomalies congénitales de conformation d*une région ou d'un organe ont pu faire croire, dans quelques cas, à Texistence d'un néoplasme; nous ne parlerons pas des tumeurs imaginaires qui amènent nombre de malades dans le cabinet du chirurgien.

ces divers éléments réunis qui établissent le plus sûrement le diagnostic.

Les tumeurs cartilagineuses, les polypes fibreux nasopharyngiens, les exostoses, les sarcomes appartiennent plus spécialement à la jeunesse ; le carcinone et Tépithéliome à Tâge mûr et à la vieillesse.

Une ulcération labiale ne remontant qu*à quelques semaines et accompagnée dès le début d'adénopathie sous-maxillaire, chez un jeune sujet, est une lésion syphilitique et non un épithélioma. Une tumeur rénitente lisse du testicule acquiert-elle en quelques mois le volume du poing? Il s'agit probablement d'un sarcome et non d*une hématocèle vaginale. La lenteur ou la rapidité d'évolution prend surtout de l'importance dans le diagnostic des tumeurs bénignes et des tumeurs malignes. La douleur du névroine est pathoguomonique; le carciuonu' est spontanément douloureux, tandis que radénoine et le chondrome ne le sont jamais. Mais, nous avons dit précédemment que d'une façon générale les néoplasmes deviennent seulement douloureux lors- (ju'ils prennent une marche envahissante ; Tapparition (le la douleur est donc un signe de généralisation.

Les néoplasmes bénins, en particulier, se distinguent assez facilement des tuméfactions intlammatoires parce (|u'ils sont généralement mieux circonscrits, plus mobiles, qu'ils s'accroissent d'une façon insidieuse, continue, sans manifestations phlegmasiques et sans tendance à la suppuration ; quant à l'hypertrophie pure, elle envahit et modifie habituellement tout un organe, tout un segment de membre, taudis que les tumeurs sont

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mieux limitées. Cependant, des indurations, des empâtements persistants du sein ou des glandes lymphatiques d'origine inflammatoire, peuvent simuler une tumeur et il sera parfois nécessaire d'attendre et d'observer la marche de la lésion, avant de se prononcer sur la véritable nature.

Une variété de sarcome est souvent prise au début pour un abcès, et est traitée comme tel ; nous voulons parler du sarcome myéloïde du maxillaire supérieur. Une tumeur, molle, rougeàtre s'est développée rapidement, accompagnée de violentes douleurs ; on croit percevoir de la fluctuation, et l'incision ou la ponction ne donne issue qu'à du sang et non à du pus.

L'étude de la consistance d'une tumeur constitue un élément essentiel du diagnostic. A ce point de vue, on peut diviser les néoplasmes en deux groupes, les liquides et les solides; la consistance de ces derniers est molle, ferme ou dure. Les tumeurs liquides sont fluctuantes, c'est-à-dire que leur exploration donne la sensation parfois d'un flot, mais le plus souvent, d'un corps qui cède à la pression digitale et se déplace pour rebondir ou revenir aussitôt ; tels sont les kystes. Nous verrons plus loin que cette sensation est parfois diflicile à percevoir, et qu'elle ressemble beaucoup à celle que donnent les tumeurs molles; dans ces cas, une ponction exploratrice avec un fin trocart est nécessaire.

Si la fluctuation, la consistance bien uniforme et l'indolence autorisent à considérer la tumeur comme un kyste, il faut ensuite préciser la nature du contenu liquide. La tumeur est-elle superficielle et saillante?

GtiS PATHOLOGIE CHIRURGICALE GiNÉRALE

Od recherchera la transparence à Taide du sthétoscope, puis le frémissement hydatique. La ponction exploratrice, en vidant la tumeur, servira à déterminer si Ion a affaire à un kyste simple ou à un kysto-sareome, à un liquide séreux, ou sanguinolent, etc.

Des battements, des mouvements d'expansion, un bruit de souffle indiquent une tumeur vasculaire, une tumeur érectile ou un anévrisme. Ce dernier est réductible, tandis que les sarcomes ou carcinomes vasculaires ne le sont pas ; les angiomes sont bien un peu réductibles, mais ils sont diflus et ont un mode de développement particulier.

La consistance très dure appartient aux chondromes, aux ostéomes, aux tumeurs qui, comme les sarcomes, sont encapsulées dans une atmosphère osseuse, et aux épithéliomes calcifiés indépendants du squelette.

Au noinl)iv des tumeurs très molles, nous placerons le inyxonie, le cancer et le sarcome encéphaloïdes. La première est (ruii diagnostic diflicile, qu'éclaireront parfois la ponction exploratrice et l'examen microscopiiiue de la substance trouvée dans la canule du trocart: les deux autres sont des néoplasmes à marche rapide; le sarcome s observe plus particulièrement dans la jeunesse, l'enfance, et infecte moins rapidement les ganglions et réconomie que le carcinome. Enfin la consistance élastique ou rénitente est un signe propre aux adénomes, aux fibromes, aux lipomes, aux sarcomes fascicules, aux épithéliomes, au cancer squirrheux, et aux myonies.

Les épithéliomes comme les adénomes naissent dans

une région pourvue de glandes (peau, muqueuses, mamelles, etc.); mais les adénomes progressent très lentement pour n'atteindre qu'un volume médiocre, restent bien mobiles, et ne retentissent ni sur le système lymphatique, ni sur l'organisme ; tandis que les épithéliomes sont des néoplasmes à marche envahissante s'ulcérant et gagnant rapidement les ganglions. Le squirrhe n'apparatt jamais primitivement là où il n'y a pas d'éléments épithéliaux, et rarement avant rage de 30 ans ; son évolution clinique est suffisamment caractéristique pour qu'il n'y ait pas doute prolongé sur sa nature.

Le myome, le lipome et le fibrome pur sont des tumeurs à marche très lente ; leur ulcération, leur propagation et leur récidive sont d'une rareté extrême; le fibrome est d'une dureté caractéristique et complètement indolent; le lipome, lobule, pùtcux est le type de la tumeur bénigne ; quant aux myomes, ils n'ont pas de signes objectifs propres, et il faut le secours du microscope pour déterminer exactement leur structure.

La consistance du sarcome fascicule bien que généralement rénitente, est parfois inégale, ferme dans un point, molfe dans d'autres. Né dans la peau, le tissu cellulaire sous-cutané, le périoste, les os, le tissu fibreux, les glandes, il se développe rapidement, mais il est moins malin que les autres variétés de sarcome.

Quelle que soit l'espèce de tumeur, il faut reconnaître les connexions qu'elle affecte avec le voisinage et déterminer à quel point elle retentit sur les ganglions et sur l'organisme : notions très importantes

au point de vue de rinterventîon opératoire. D'une façon générale, les néoplasmes qui sont mobiles sur les parties environnantes sont bénins ; leur fusion avec les parties voisines est, au contraire, un signe de malignité. Nous avons déjà parlé de l'adhérence du carcinome à la peau dont Faspect déprimé, capitonné rappelle celui de la peau d'orange. Les rapports d'une tumeur avec les muscles et les aponévroses sont indiqués par sa mobilité ou sa fixité, lorsqu'on fait passer les muscles et les aponévroses de l'état de relâchement à Fétat de tension ou de contraction; quant aux connexions vasculaires et nerveuses, elles sont prévues et indiquées par les rapports anatomiques de la région. Enfin, l'immobilité absolue d'un néoplasme est un signe d'adhérence au squelette, à moins qu'il ne soit bridé par le périoste ou fortement enclavé dans une cavité (exostoses des sinus de la face, etc.) (i).

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