à l*àge adulte, de la suture métopique, les mamelles
surnuméraires, Tutérus double, bifidei bicorne, le pilosisme, etc., sont des cas de réversion ancestrale pour les Darwinistes. Sans remonter aussi loin, on voit un vice de conformation sauter une ou deux gênérations successives pour reparaître à une troisième.
On hérite, 'd*une façon générale, des aptitudes pathologiques de ses antécédents, comme de leurs aptitudes physiologiques et intellectuelles. De ce fait, l'enfant peut reproduire plus ou moins faiblement une difformité dont seraient atteints le père et la mère. Il est certain que Tovule et le spermatozoïde peuvent présenter des anomalies de constitution, que la conjugaison de ces deux éléments peut aussi ne |>as se faire normalement, d*où une perturbation de révolution embryonnaire, mais ce sont là des iiilluences qui ne sont pas déterminées, et sur lescjuelles il n'y a pas lieu d'insister. Quoiqu'il eu soit, lorsque ces deux facteurs (ovule et spermatozoïde) apportent, par exemple, au même point un état pathologi(jue, il est prol>able que cet étal se traduira chez rtMifant par une .monialie de développement (arrêt, ralenlissemeiil, vU\). Si un des facteurs peut neutraliser l'antre dans 1:( transmission de l'aptitude pathologique, (le sorte (|u'uu père sain et une mère affaiblie puissent donner naissance à un enfant robuste, il doit en être <le même des vices de conformation ; par contre, on a vu des parents exempts de toute difformité procréer des malformés.
L'hérédité transmet-elle une déformation ou vice de conformation acquis, et une mutilation n'est-elle trans-
missible que lorsqu'elle a lieu pendant la vie intrautérine ? Les mutilations en usage depuis un temps immémorial chez certaines tribus sauvages, la circoncision des Juifs (Broca), etc., ne se transmettent pas héréditairement, de munie qu*un amputé des deux jambes ne donnera pas naissance à un enfant privé de ses membres inférieurs. Cependant, en 18oi, Scoutetten rapportait un cas de difformité des pieds et des mains se reproduisant chez quatre générations, depuis qu'un des ascendants,, à la suite d'une chute d'un lieu élevé, avait perdu des doigts de pieds; et plus récemment, Volkmann (1) a cité les cas de deux femmes atteintes de luxation traumatique et dont les enfants naquirent avec une luxation congénitale de la hanche.
Certaines difformités, la syndactylie et le sexdigitisme (nègres sexdigitaires de la Guadeloupe, llomani sexdigitati, sexdigitaires de l'Isère, etc.), Talbinisme, le bec de lièvre (2), celles (jui se produisent plus près de la naissance semblent mieux transmissibles ; mais l'hérédité est si loin d'être la règle que M. Daily, pendant trente années consacrées à l'étude des dysmorphies, « n'a pu en rencontrer un seul cas qui fut manifestement et
(1) Volkmann, Ilandbuch der Àllg. und »pec. chirurg, Erlaugen,
(i) Sproude rapi>orte un cas de Ih'c de lièvre avec fissure du voile du palais transmis pendant un siècle dans la même famille; et d'apn»s Draper- Mackinder, Tabsence d'un doigl aurait été observée dans une même famille |)endant six générations {Brit. Med. Journal, IKm. IKCrf)). Fritzs4*he a constaté rhénnlité dans âO pour 100 des cas de bec de lièvre, tandis que M. de Saint-<îerniain n*a eu que très ran'ment Toccasion de relever des cas où l'hérédité du bec de lièvre fut manifeste (Chirurgie orthopédique, p. iiO, l*ari», 188»'J).
dirertement héréditaire » ; ce qu'il attribue, comme Lucas, à I antagonisme d'action des parents directs et des ascendants.
i. Théorie pathologique, — Créée par Morgagni, adoptée par B. Bell, Rudolphi, etc., et défendue, jusque dans ces dernières années, par Jules Guérin (1), qui expliquait, grâce à elle, toutes les difîormités des membres, cette théorie attribue les anomalies à des états morbides dont le fœtus peut, comme l'adulte, être affecté, lors<iue les éléments anatomiques sont ou non différenciés en tissus défmitifs. « L'altération primitive des centres nerveux produit deux grandes classes d'effets, suivant (ju'elle atteint, chez l'embryon, le grand régulateur de l'organisation, le système nerveux, à telle ou telle époque de son développement; si c'est dès l'origine, elle trouble l'harmonie préalable de l'ensemble, bouleverso les rapports des parties, modifie le développement des organes, leurs dimensions: elle entraîne les vices de conformation les plus disparates. Si, au contraire, elle n'arrive que lorstpie le plan général est réalisé, lorsque toutes les parties ont reçu leur impulsion, chez le fu'tus, par exenq)le, elle ne fait (ju'inlluencer la forme des parties, d'où des difformités seulement (J. (îuérin)(2;. » Ainsi (jue nous l'avons dit précédemment
(ti J. (inôrin. Recherches aur les difformités congénitales chez tes monstres, le ftvtus et l'enfant, Paris, 1880.
(i) I*. iVlpIaiKiiic, qui adopte les idées de J. Guérin, ajoute que la ronl raclure nuisrulaire peiil aussi résulter d*une affection de nature tétanique du système nerveux périphérique ;Des difformités congéititnles produites sur le fœtus par la contraction musculaire, Thèse de Lilh-, 1885).
et que Tont démontré Ch. Robin, Dareste, etc., Thypothèse, comme cause des monstruosités et des difformités, d*un processus pathologique des centres nerveux amenant la. rétraction musculaire, n'est réellement applicable qu*à des cas restreints. Toutefois, il est probaI)le qu'il existe des altérations pathologiques de Tembryon et du fœtus (hydropysies, organes supplémentaires, etc.) qui sont la » cause déterminante d'un certain nombre de vices de conformation congénitaux (spina-bifida, bec de lièvre, etc) (1). 3. Théorie mixte embryoyéniqne ou des arrHs de développement, et mécanique ou de la compression, — Entrevue par Haller, Wolff, elle fut bien établie par les travaux des Geoffroy-Saint-Hilaire, de Meckel, de Serres (2), etc., et confirmée par les recherches expérimentales de Dareste, qui a ajouté la notion de compression à celle de Tarrét de développement démontrée par ses devanciers. Dans cette théorie, les vices de conformation congénitaux résultent d'un accident ou d'une maladie de rébauche embryonaire ou de ses annexes cpii en arrête le développement, de même que M. Dareste, en manipulant les œufs de poule par des procédés divers, trouble leur évolution. Quant à Torigine ou à la cause première de ces anomalies de l'amnios, de ces arrêts de dévelopiMjment, elle est diverse, et elle réside peut-être dans un des générateurs (hérédilé) atteint d'affection virulente (sypliilis) ( Lannelongue), mais elle n'est
(\) lannelongue. Quelques exemples d'anomalie* congcnilales nu point de vue de leur palhngrnie \Arch. génér. de Mvd. . IHKJ el Soc. de chirurg„ IH79. IWi).
(2) Serrer», Principes d'embryogénie, de zoogénie et de léralologie Mémoires de l'Académie des Sciences, ISoll).
pas, jusqu'à présent, démontrée. « Mes recherches, sur la production artificielle des monstruosités, m'ont appris, dit M. Dareste, que dans Tembrj'on des oiseaux un grand nombre de monstruosités gimples résultent de la compression partielle du corps de l'embryon ; que l'agent de cette compression partielle est l'amnios arrêté dans son développement; enfin que cette compression partielle ne peut déterminer d'événements tératologiques ^ qu'autant qu'elle s*exerce de très bonne heure, lorsque l'embryon n est constitué que par des cellules homogènes, et ne présente pas encore ses éléments histologiques définitifs. J'ai signalé depuis longtemps cette loi générale comme devant s'appliquer également aux mammifères et à l'espèce humaine. » (Dareste) (1).