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DE L*EMBOLIE

OU détruite par une inflammation suppurative du foyer traumatique, par des accidents pyohémiques ou septicémiques, par un mauvais état général du sujet (alcoolisme, vieillesse), et par ce qu'on a appelé le scorbut local, c'està-dire Tatrophie que présentent les membres longtemps renfermés dans des appareils, et privés d'air et de lumière. (Cloquet, Berger).

Une circonstance accidentelle amène fréquemment la mobilisation de la totalité ou d'une partie des caillots ; de la part du cbirurgien, c'est tantôt la simple palpation du vaisseau thrombose (cas d'Esmarck); tantôt les manipulations directes qu'exigent la pose, l'enlèvement d'un appareil de fracture, et les pansements variés; du côté du malade, ce sont les mouvements brusques et intempestifs, les contractions musculaires involontaires qui ébranlent directement le thrombus, ou bien les efforts qui accompagnent toujours plus ou moins la défécation, le vomissement, etc., et qui augmentent fatalement la tension intra-veineuse.

Les diverses lésions traumatiques qui ont été signalées dans le chapitre précédent, comme causes de la thrombose, sont par le fait même des causes prédisposantes à l'embolie. Sur 30 cas d'embolies veineuses rappoilées dans sa thèse d'Agrégation, Levrat signale 19 fractures dont 14 du membre inférieur (9 de jambe), une luxation, une entorse, des contusions, des injections coagulantes dans des varices ou des nœvi, etc. La déchirure des veines propres du tissu osseux ou des veines du voisinage, leur compression par un épanchement sanguin, et la fréquence des varices du membre inférieur (Le Dentu) , expliquent

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sufGsamment la complication de thrombose et d'embolie, à la suite des fractures en général, et de celles de la jambe en particulier. Durodié a relevé 1 cas d'embolie sur 300 cas de fractures, et 1 cas sur 900 cas de contusions.

Dans quelques faits exceptionnels, des amas de globules blancs (leucocythémie , pyohémie), ou de granulations pigmentaires développées dans la rate (intoxication paludéenne), ont pu, d'après certains auteurs, déterminer l'obstruction des capillaires dans le foie ou l'encéphale, et des infarctus hémorrhagiques.

Les parcelles emboliques, fournies par les parois vasculaires, sont constituées par des fragments de valvules, de végétations de l'endocarde, et de plaques calcaires ou athéromateuses.

Lorsque l'origine de l'embolus est extravasculaire, il s'agit de particules provenant de tumeurs diverses, (1) ou de foyers purulents, septiques et gangreneux, ou bien de corps solides et gazeux (embryons de parasites^ micro-organisme, molécules d'acide urique ou d'urates (Wagner), fragments d'esquilles (Ollierj, corps étrangers, air atmosphérique(2)

(1) Paget (Medic. chirurg, Transact., 1855), C. O. Weber, Birch- Hirscbfeld, etc., ont trouvé des embolies cartilagineuses dans les artères pulmonaires, dans la veine cave inférieure, dans les lymphatiques, etc., à l'autopsie de malades atteints d*enchondrome avec métastases (Michaloff, Contribution à l'étude de Venc?iondromef avec métastases, Genève, 1882).

(2) Le mécanisme de la mort, à la suite de la pénétration de l'air dans les veines sectionnées, prête encore à controverse. D'après les uns, l'air mélangé à un liquide (ici le sang), ne peut traverser les capillaires (Tillaux, Weber, Jamin) ; pour Morgagni, Couty, il s'agirait d'une distension cardiaque; pour d'autres, enfin, l'air aurait une action directe, toxique, sur le cœur (Oré, Magendie), ou sur le pneumogastrique (Arloing et Tripier).

etc., ces Hivers élémeots emboliques pénètrent dans le courant sanguin, soit par ulcération ou plaie des parois vasculaires, soit par absorption; c'est dans celte catégorie que nous devons ranger les embolies graisseuses constatées dans le poumon, le cerveau, les reins, le foie etc., à la la stiite de lésions, fractures comminutives , inflammation, intéressant la moelle des os, ou les tissus riches en éléments adipeux (Wagner, Bergmann, Busch, Lucke, Feltz, Vulpian et Déjérineilletc).

L'embolus détermine l'oblitération d'un vaisseau, au point oA le calibre de ce dernier empêche sa progression ; relativement volumineux, quand il provient d'un thrombus, il s'arrête dans les divisions de 2<°< et S"** ordre ; tandis que v.lei embolies purulentes, putrides ou graisseuses pénètrent

josqfii'aux plus uns capillaires. D'après les recherclies de O. Wel>er, Wagner et Gosselin, certains emboles, grâce à leur ténuité, pourraient franchir le réseau capillaire du poumon, rentrer dans la grande circulation, par le cœur , el venir échouer dans les division-s vasculaires 1er-

minales des reins, du œrveau, des membres, etc., pour y former des abcès (embolies purulentes et graisseuses). C'est sur celte donnée que repose Tune des théories pathogéniques des foyers métastatiques que nous aurons à étudier plus loin. (Voyez Infection purulente). Fig. 23.

En résumé, si nous distinguons les embolies d'après leur siège anatomique (point d'arrivée de l'embolus), nous pouvons en distinguer trois catégories (1).

A. Embolies artérielles. — Ce sont les plus fréquentes (Bertin). Elles ont leur point de départ dans le système à sang rouge (veines pulmonaires, cœur gauche, artères), pour aboutir, le plus souvent, dans les divisions des artères encéphaliques gauches, des artères du rein, de la rate et du membre inférieur gauche. On les observe à la suite des maladies du cœur gauche (endocardite) et des gros troncs (artérite), ou bien dans le cancer et d'autres affections générales qui entraînent la cachexie.

B. Embolies pulmonaires, — Nées dans le système à sang noir général (cœur droit, veines), consécutivement à une thrombose traumaiique ou marastiqtie (cancer, tuberculose, état puerpéral, ûèvre typhoïde), elles s'arrêtent dans les capillaires de l'artère pulmonaire, et en particulier dans ceux du lobe inférieur (action de la pesanteur) et de la périphérie de l'organe ; de là, le siège d'élection des foyers métastatiques à ce niveau.

c. Embolies hépatiques. — Constituées dans l'une des branches d'origine de la veine porte, elles sont emportées vers les ramifications terminales de ce vaisseau, dans le

(1) Voyez Feltz, Traité expérimental et clinique des embolieë capillaires, 2^ édition, Paris, 1870.

DE l'embolie

. Ces embolies, d'ailleurs assez rares, proviennent génératlement de Ihrombus développés, dans des cas d'hémorrhoïdes Kenflamniées, de tumeurs (Schuti, Jœssei)(lt ou de phegniasies MiontiDales, d'opérations sur le rectum, etc. Il existe, en ■outre, des différences sensibles dans le calibre des capillaires ■des divers organes, et l'on s'explique ainsi, en partie, la rédisposition anatomique (étroilesse) de certains d'entre eux, particulier de ceux du cerveau , pour les foyers wliques.

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