VI. Diagnostic
Lorsque la gangrène occupe les parties superficielles du corps, accessibles à la vue et au toucher, le diagnostic ne saurait présenter de difficulté qu'au début. Certaines teintes ecchymotiques (plaies par armes à feu), ont en efi'et quelque ressemblance avec la coloration d'une plaque en imminence de sphacèle, mais cette dernière est plus terne, grise, mélangée à des taches roussâtres, et enfin, point important, la région est hisensiblCy froide^ et l'épiderme est fréquemment soulevé par des phlyctènes, à contenu rouge-bleuâtre, caractéristique.
Il ne faut pas oublier qu*à la suite d'une contusion violente, comme à la suite de la ligature d'une artère principale, un membre peut être, pendant quelque temps, refroidi et insensible, sans être, pour cela, voué à une mortification certaine ; dans ces cas particuliers, il est prudent de ne précipiter ni son pronostic, ni surtout toute intervention radicale.
DE LA OANOBÈNE 181
Est-il facile, en cas de gangrène conlîrmée, île prévoir
I quelle sera la limite du travail destructeur? L'appréciation
I de l'état général, de la cause, et de la forme île gan-
rgrëne, penneltra seulement d'avoir quelques présomptions
t cet égard.
Beaucoup plus embarrassé se trouve le médecin pour établir l'eiiatence d'une gangrène viscérale. 11 n'a, le plus souvent, pour se guider, que les symptômes fr^néraux et fonctionnels, à moins que le processus n'ait son siège dans les organes accessibles à l'air atmosphérique, comme la partie supérieure du tube digestif ou l'appareil respiratoire, ou bien que les produits sphacélés puissent être \ expulsés au dehors; dans ces cas, l'odeur gangreneuse, cadavérique, fétide de l'haleine et des matières éliminées avec les crachats, les Belles, etc., et l'examen analomique de ces dernières constituent des signes presque pathogno-
^^K» nwniqaes
VII, Pronostic.
A part le cas de foyers gangreneux très limités et tuperficieU, le pronostic est toujours grave.
La mort est la terminaison fréquente de l'alfeclion que
I nous venons d'étudier. Elle peut survenir subitement dans
la gangrène humide profonde des membres, à marche
rapidement envahissante, et surtout dans la gangrène
gazeuse foudroyante. D'après Panse (1), qui en a étudié
lile dan$ la gangrène
avec soin et compétence le mécanisme, la terminaison &tale serait, comme dans le cas d'introduction de l'air dans les veines, la conséquence de l'action mécanique des gaz putrides que l'on trouve souvent dans ces vaisseaux. La gangrène tue encore, ainsi que nous l'avons vu, par infection putride (résorption du poison putride, embolies gangreneuses), par hémorrhagies, perforations, inflammations purulentes de voisinage (arthrite, pleurésie, péritonite, etc.), par fièvre hectique (suppurations prolongées et étendues), etc. Le pronostic n'est certainement pas toujours aussi sombre, et la guérison peut être obtenue, mais avec des pertes de substance, des mutilations ou des difformités irréparables. Inutile de nous appesantir sur cette donnée banale qu'il faut tenir compte de l'état général antérieur du malade, de l'importance fonctionnelle des parties mortifiées, aussi bien que de la cause et de l'étendue de la gangrène.