Symptômes généraux. — Comme l'ensemble des phé
IAomènes Tébriles qui caractérisent la fièvre traumatique li'apparaît pas dans tous les cas de traumatisme, et que depuis les travaux de Vemeuil et de ses élèves, celle-ci paraît résulter de l'introduction dans le sang de substances •eptiques, au niveau du foyer traumatique, la plupart des auteurs, et nous ferons de môme, décrivent la fièvre traucaatique parmi les complications.
3. Symptômes distants. — Ainsi que le fait remarquer le professeur Venieuil {i), l'action à dislance n'appartient pas exclusivement aux lésions Iraumaliques , mais aussi bien aux lésions spontanées d'ordre médical ou chinirg;ical. K Accidents localisés , les symptômes à distance s'expliquent
^^L tantôt par continuité de tissu [tissu conjonctlf), (eccliymoses B^B- superficielles et éloignées des fractures profondes) ; tantôt par connexion vasculaire (adénites épitrocliléenne et axitlaire, plaie des doigts, embolies) ; tantôt par l'inlermédiaire du sys- ^^^ tème nerveux (ophtalmie sympathique, troubles réflexes), etc. ^^^k Sans parler de l'intérêt qu'ils présentent au point de ^^^Pvne physiologique, leur importance séméiologique ne sau- I mit *tre contestée.
La section ou l'oblitération des gros troncs artériels sera suivie d'ischémie, et prfois de la gangrène des parties auxquelles ils se distribueni, loisque la circulation ne pourra se rétablir, ou bien se rétablira difficilement. Celle
page 763, et
216 PATHOLOGIE GHIRURGICALB GÉNÉRALE
des veines donnera naissance à des embolies et à des infarctus simples, ou septiques, suivant ia nature du foyer traumatique (Voyez Thrombose et emboîte). La lésion des lymphatiques sera le point de départ d*adénites. Signalons enfin, parmi les phénomènes distants d'ordre circulatoire^ les congestions pulmonaires consécutives à la kélotomie, la congestion rénale, à la suite de l'uréthrotomie, etc.
Les blessures du système nerveux produisent des troubles multiples portant sur la nutrition, la motilité et la sensibilité. Immédiats ou tardifs, les symptômes distants de cette catégorie sont directs, c'est-à-dire qu'ils s'observent au niveau des parties innervées par le filet lésé, ou bien indirects, c'est-Jt-dire qu'ils se montrent par la voie des centres, dans une zone éloignée, sans relation directe avec le tronc intéressé.
Les troubles nutritifs ou trophiques dont il a déjà été question au chapitre gangrène, sont relativement fréquents à la suite des blessures de la moelle épinière et des troncs périphériques. Des eschares précoces, de l'herpès, une arthrite, etc., se montrent à la suite des traumatismes médullaires. Quant aux altérations trophiques consécutives à la blessure des troncs périphériques, elles sont aiigourd'hui bien connues , grâce aux travaux de Weir-Mitchell, Gharcot, Yulpian, Samuel, Yemeuil, etc.; on peut dire qu'elles s'observent sur presque tous les tissus : ce sont des atrophies musculaires, des lésions ulcéro-gangréneuses^ de l'érythème des pieds et des mains, des vésicules d'herpès ou des bulles de pemphygus, Tépaississement de l'épiderme, la déformation des ongles, des pseudo-phlegmons, des arthropathies, etc.
DES LÉSIONS TRAUMATIQUES 217
Des exemples de paralysie indirecte ou réflexe de muscles non innervés par les filets nerveux blessés, ont été cités par Legouest, Larrey, Terrier, Le Dentu, etc. ; une lésion du nerf crural, par exemple, a été suivie d'une paralysie des deux membres inférieurs et d'un bras (Mitchell, Morehouse et Keen(i). A la suite de la section d'un nerf sdatique (Heurtaux), des troubles atrophiques, de sensibilité et de motilité, ont envahi successivement les quatre membres, la vessie, le rectum. Quant aux paralysies à distance de muscles dont les nerfs moteurs sont intéressés, elles sont d'observation journalière. Complètes lorsque le tronc' est entièrement coupé, elles font place à une parésie ou à des spasmes, des convulsions cloniques et toniques (épilepsie traumatique) (2), lorsque la section est partielle, dans les cas de piqûres, de plaies par armes à feu, de blessure du cerveau. (Weir-Mitchell, Terrier, Duplay, etc.)
Dans le cas de section complète d'un nerf, la douleur immédiate plus ou moins vive, parfois presque nulle (ivresse, émotions), disparaît rapidement, et les téguments innervés (à moins d'anastomoses) (3) deviennent absolument insensibles. L'anesthésie sera partielle, c'est-à-dire que le blessé conservera la sensibilité tactile, ou thermique^ ou douloureuse, selon les cas, lorsque la section nerveuse sera incomplète.
D'autres fois, enfîn^ dans les piqûres, dans les plaies contuses ou par armes à feu, lorsque le nerf blessé est irrité
(1) MitcbcU, Morehouse et Kcen, Gumshot Wands and others injuries of nerves, 1864.
(2) Briand, Thèse de Paris, 1871.
(3) Les anastomes expliquent les cas dans lesquels la inotilitu et la sensibilité ont été conservées dans la zone do nerfs entièrement sectionnés.
par un corps étranger, la souffrance persiste, sourde, ou sous forme d'élancements dans la plaie du nerf blessé et dans des régions éloignées. Cette hyperesthésie est tantôt précoce, tantôt tardive, et n'a besoin pour être réveillée que du moindre choc, du plus léger frôlement.
Lorsque ces troubles réflexes de sensibilité (névralgies traumatiques), de nutrition (atrophie), et de motilité (paralysies), sont tardifs, ils sont amenés par des altérations inflammatoires et dégénératives des centres (moelle et encéphale), à la suite de névrite ascendante, ainsi que Tout démontré les travaux de Hayem , de Yulpian et de Brown- Séquard (1).
Citons, pour terminer, les troubles des sécrétions diverses (sueurs, urine, salive, etc.), dans le cas de traumatismes portant sur le crâne, la colonne vertébrale, la bouche, les reins, etc. Les observations de polyurie, d'anurie, de glycosurie, etc , d'origine traumatique, sont nombreuses dans la littérature médicale.
\. Diagnostic.
Le diagnostic des lésions traumatiques est, dans la majorité des cas, relativement facile ; une plaie par instrument tranchant, une contusion, présente, en effet, généralement, des caractères assez nets pour que le chirurgien, aidé des commémoratifs , ne commette pas d'erreur. Par contre, rien n'est aussi difficile, dans certains cas, que de
(1) Charcot, De la névrite trautnatique et de ses conséquences en chirurgie {Archives de Médecine, 1885).
DBS LBSIONS TRAUKATIQUR8
déterminer les limites précises de la zone Irautnatique , de îùie la part exacte, dans une plaie contuse, par exemple, (le ce qui est mortifié et de ce qui est stupéfié. De même, dans une contusion violente , qui a frappé l'abdomen en respectant les téguments, il sera indiqué de faire les plus grandes réserves sur l'étendue des désordres dont les viscères peuvent élre le siège , surtout si le blessé présente les phénomènes généraux graves qui caractérisent « le choc ».
Les commémoratiCs, l'examen de l'agent vulnéranl, des vêlements du blessé, la connaissance de la position de celui-ci au moment de l'accident, la configuralion apparente de la solution de continuité, l'écoulement de liquides spéciaux, certaines perturbations fonctionnelles, la notion anatomique exacte de la région, etc., permettent de juger avec quelque probabilité de la profondeur d'une plaie, de sa direction, de la blessure de tel ou tel organe, et de la pré- Bence d'un corps étranger, etc.
De ce que, nombre de fois, l'agent vulnéranl brisé dans les tissus y séjourne inofTensif, et souvent ignoré à la fois du malade et du chirurgien ; que, d'autre part, une exploration, même prudente el habilement faite, peut entraîner des inconvénients, doit-on renoncer à ce complément d'examen à l'aide du doigl ou d'un instrument approprié ? Certes , les anciens fouillaient trop com plaisamment et trop minutieusement les plaies, lorsqu'ils présumaient la présence d'un corps étranger qu'il fallait à tout prix extraire. Aujourd'hui l'on est plus circonspect , el, à moins de cas particuliers, le stylet n'est employé que lorsque la suppuration établie et persistante rend la présence du corps éinager fort probable, Des indices précieux sur l'importance
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du traumatisme peuvent cependant résulter d'une manœuvre exploratrice faite antUeptiqu^ment, avec méthode, et en temps voulu.
C'est surtout dans le cas de plaies par armes à feu, que Texploration du trajet du projectile a été conseillée. Sédillot, Larrey, Legouest, etc., la pratiquaient aussitôt que possible, et dans presque tous les cas. Aigourd'hui, les chirurgiens militaires ne la jugent utile que lorsqu'il y a lésion osseuse ou articulaire (1). Elle doit être complète, c'est-à-dire qu'il faut la prolonger jusqu'à ce qu'on se soit rendu compte des particularités de la blessure, de la présence ou non de projectiles, de lambeaux de vêtements, d'esquilles osseuses, de corps étrangers de toute nature, etc. Le doigt et, lorsque l'ouverture trop étroite ne permettra pas son usage, le stylet, ou l'un des ingénieux instruments inventés pour cet usage (stylet de Nélaton, stylet électrique de Trouvé, stylet-pince de Lecomte, etc.), seront soigneusement trempés dans une solution antiseptique, avant leur introduction.