CHAPITRE DEUXIEME
DES PLAIES CAVITAIRES (i) 1. Dênnilion. Division.
Les plaies ou lésions traumatiques catitaires sont celles dont le foyer est en communication avec une cavité naturelle ou accidentelle (Verneuil, Mouronval, Mascarel, Jeannel, etc.).
Mouronval divise les cavités en plusieurs catégories: A. Cavités naturelles; b. Cavités pathologiques; c. Cavités naturelles, devenues pathologiques.
Nous n'avons à nous occuper ici que des premières, un chapitre étant réservé aux lésions traumatiques des tissus malades.
Au point de vue du degré de leur communication avec Textérieur, on distingue : [^ les cavités qui sont constamment et directement en rapport avec l'extérieur par un orifice largement ouvert (voies aériennes, conjonctive, conduit auditif externe, etc.), ou temporairement et par une ouverture étroite (urèlhre, rectum,
(1) René Mascarel floco citatoj. — Mouronval, Considérations sur les lésions traumatiques cavitaires (Th. de Paris, 1872).— Jeannel, De la fièvre consécutive aux plaies cavitaires et de l'application de la méthode antiseptique au traitement des plaies des cavités muqueuses {Rev. mens, de Méd. et de Chirurg., 1880). — Verneuil (Mémoires de Chirurgie, l. IV, Paris, 188G).
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etc.); 2" ceux qui n'ont avec l'extérieur que ries rapports éloignés et par l'ioterinédinire des cavités précédentes (sac lacrymal, oreille moyenne, vessie, intestins, elc,); 3» les cavités closes (plèvres, tunique v;if;inate, etc.)
EnvisRgées au point de vue de la forme et de la structure analomique de la paroi qui les circonscrit, les cavités naturelles sont iérruset, miiqufu»M, iflavthilairci ou tusculaim : de forme simplf (vessie), ou anfrartueusf et irrégulièrf (synomles, cavités glandulaires, etc.): d'où, au niveau de ces dernières, uul> certaine difficulté d'écoulement des li(|UJdes pntholo* giques qui tendent au contraire à stagner.
Les séreuses considérées comme des mrx san» ouverture par Bichat, et comme de simple» surfaces par Velpeau, constituent un ensemble de cacith doses (à l'exception du péritoine de la femme), limitées, taul6t par des membranes distinctes et complètes (grandes séreuses), tantôt par une membrane incomplète et par la surface des tendons, des cartilages, etc. (synoviales tendineuses et articulaires). Emanées du tissu conjonctif, les séreuses, élastiques et extensibles, sont essenlielleuient formées par des cellules endotbéliales larges, à noyau volumineux, se renouvelant incessamment, et par une lame conjonctive unie à des fibres élastiques et que parcourent des réseaux vasculaires. Elles se correspondent deux à deux par une surface libre, onctueuse, lisse, qui sécrète un liquide destiné à les luhrélier, et à faciliter le glissement des oignes avec lesquels elles font corps sur une grande partie de leur étendue
par une face adhérente. Ce liquide est, d'ailleurs, de composition et d'aspect difîérents pour chaque classe de séreuses. A Tétat normal, il n'y en a guère d'accumulé, si ce n'est dans les synoviales articulaires où il existe en très petite quantité, filant et visqueux comme du blanc d'œuf: tandis qu'il est fluide et de couleur citrine, analogue au sérum sanguin, dans le péritoine, le péricarde, les plèvres, etc. Très irritables, les membranes séreuses présentent, surtout lorsqu'elles sont à l'abri du contact de l'air, une grande tendance à s'agglutiner (inflammation adhésive de Hunter), propriété que nous mettons à profît dans certains cas ; d'autre part, l'inflammation, qui prend une allure extensive envahissante des plus accusées, y produit rapidement un liquide abondant, riche en flbrine, disposé à s'organiser en néo-membranes ou à former du pus.
D'une manière générale, les muqueuses forment un revêtement interne à certains organes profonds, et comme le tégument externe, elles possèdent en outre des fonctions de sécrétion et d'absorption. L'analogie de structure n'est pas moindre : elles ont un derme tantôt dense et fibreux, comme à la voûte palatine, aux fosses nasales, etc.; tantôt très mince, comme à la conjonctive; elles sont munies de papilles et de plusieurs couches d'épithélium pavimenteux (muqueuses de revêtement); ou bien, elles sont déjjourvues de papilles, n'ont qu'une seule couche d'épithélium prismatique, etc. (muqueuses, glandulaires); ajoutons des glandes propres, un réseau vasculaire et lymphatique et des nerfs. Leur irritation, ordinairement suivie d'hypersécrétion muqueuse
considérable, est en rapport avec leur degré de sensibililé, exquise au nivi^au des orifices naturels (conjonctive, anus, etc.), et obtuse dans les régions profondes (intestin, vagin). Contrairement à ce qui se passe au niveau des séreuses, l'inflammation a plutôt une tendance à se limiter qu'A se propager (I).
Ces cavités contiennent des liquides de loni position,
de réaction chimique diverses, et dont l'action sur les
tissus ou les autres tluides de l'économie avec lesquels
ils ne sont pas en contact habituel, est des plus variables ;
c'est ainsi, par exemple, que le passage de l'urine dans
le rectum (fistule recto-vésicale), enflammera la muqueuse
de celte cavité, et que les sécrétions alcalines, en s'op-
posant à la coagulation du sang, en cas d'bémonbagie
dans u)ie séreuse, par exemple, formeront obstacle à
t'hémostase ; nous rappellerons enfin, que certaines
i cavités communiquent phjsiologlqiiement (pt''riloine et
l-cavités des trompes; gaines tendineuses, l)Oiir.ses nui-
[ queuses et synoviales articulaires, etc.).
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corps étrangers introduits ou formés dans une cavité et qui la décliirent ou Tulcèrent, pour migrer dans les tissus ambiants ou au dehors, les ruptures, réalisent le second. Dans les deux cas, il peut y avoir communication : lo entre la cavité blessée et l'air extérieur, à travers les téguments et les tissus sous-jacents traversés par Tagent vulnérant (plaie externo-cavitaire ou pénétrante) ; 2® entre deux cavités (plaie inter-cavitaire) muqueuses (rectum et vagin), muqueuse et séreuse (utérus et péritoine), séreuses (péritoine et plèvres), ou dont Tune est close et Tautre en rapport immédiat ou éloigné avec Tair extérieur, etc. ; 3® entre la cavité et les tissus voisins (plaie cavito-interstitielle). Cette communication, ou bien se produit au moment même du traumatisme, est temporaire, comme dans certaines plaies par instruments fins et piquants, permanente, comme dans les plaies contuses, ou bien elle est la conséquence tardive de la chute d'une eschare, de l'ouverture d'une collection sanguine ou purulente. Ajoutons que le traumatisme peut intéresser, en même temps que la cavité, des viscères, des os, des vaisseaux, des nerfs importants, etc.