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INFLUENCE IIÉCIPROQUE DES MALADIES ET DU TRAUMATISME

Ce chapitre, de date relativement récente, ainsi que nous l'avons dit dans notre introduction, esl i'œuvre presque exclusive du professeur Verneuil et de ses élèves. Toutefois, il serait injuste de ne pas signaler les travaux qui ont précédé la première et importante communication sur cette question au Congrès international de Paris.

Dès 1843, Norman Chevers, dans un excellent mémoire traduit par Mal^^aigne (1), signalait Tinlluence fâcheuse des altérations viscérales et en particulier des lésions hépatiques sur l'évolution des traumatismes chirurgî- ■ciux ou accidentels ; quelques années plus tard H847), L. Boyer (de Montpellier) mettant à profit les iODoées générales formulées avant lui dans les thèses

3 Dussurgey (â), Andrieu (3), AIquié(4), Strauss, etc..

(1) Journal de Chirurgie. I. Kl, t8«.

(2) DuMurgey, Dr* dialhiset dan» Irt malndin répuléet tHirgiealts rTh. de Paris. 1»1T).

(3) Andrii-u. De finflafnce de* épidimie* ri de» comlilviiont ^HUdiealft »ur le caractère et le traitenient dei maladies ehi-

ntrgicaki (Th. ije Monlp«lUer. nW).

(4) Alquié, De V influence den conutilutiont , de» Ump&amfnt» et det (iiathèiee «ur h taracftrt et le traitement de» maladie* ehirurgiealet (Th. d'agrég., Munlp«Ilier. l83Dj.

présentait et soutenait sa thèse d'Agrégation sur « les diathèses au point de vue chirurgical. »

La môme année (1867), un élève de Verneuil, M. Clipet, s*efiorçait de mettre en relief le rôle que jouent les maladies générales sur la marche des lésions traumatiques (1) ; Sir J. Paget (2) parlait, dans ses leçons, des risques que font courir aux opérés les états diathésiques, et Verneuil exposait magistralement ses idées sur le même sujet, au Congrès de Paris, dans un mémoire qui a pour titre : « Des conditians organiques des opérés ; de Vinfluence des états diathésiques sur le résultat des opérations chirurgicales, » Depuis lors, le savant professeur, soit par son enseignement, ses écrits et ses communications aux Sociétés savantes (3), soit par la série de travaux qu'il a inspirés, n*a cessé de contribuer à éclairer ce point si intéressant de pathologie chirurgicale générale. Enfin, dautres chirurgiens, dont nous citerons au fur et à mesure les publications (4) ont apporté leur part de documents ; aussi, possédons -nous aujourd'hui des notions précises sur les indications et contre-indications des opérations, sur leur pronostic et sur celui des blessures accidentelles chez les sujets atteints d'états morbides ou diathésiques. Le professeur Verneuil a fait ressortir, qu'au point

(1) Clipet, Des rapports des lissions iraumatiques avec les maladies générales (Th. de Paris, 1807).

(2) J. Pajel, The varions risks of opérations (The Lancet, 1867).

(3) Verneuil, Encyclopédie internationale de ChirurgiCy t. I", et Mémoires de Chirurgie, t. III et IV, etc.

(4) Berger, De l'influence des maladies constitutionnelles sur la marche des lésions traumatiques (Th. d'agrég., Paris, 1875).

de vue cHoique, les états constilulioniiels et iiiorb étaient fort dissemblables, à marche aiguë ou lente, graves ou bénins, prfeenlant une tendance à l'aggravalioii ou il la giu-rison, etc., i-éagissant dilléremment sur le trauma ou subissant diversement l'influence de ce dernier, suivant la pliase à laquelle on les observe.

A la période dijscrasique ou de début caractérisée par un état patbologique mal délini des liquides organiques, les lésions traumatiques évoluent presque de la même façon que chez les blessés ou opérés sains; de même les manifestations de l'état dialliésique ou de la maladie générale, sous l'iufluence du traumatisme, sont minimes et de peu de durée.

Les lésions périphériques, de peu d'importance, de la deuxième période, (ont des organes secondaires sur lesquels elles portent des lieuj^ de moindre ri!sistatice, au niveau desquels se i-éveillera ou s'aggravera l'état constitutionnel ; quant au foyer traumatique, il pourra présenter quelques troubles du processus réparateur.

Euliu, à la troisième période, les altérations des grands viscères porteut à son maximum la gravité de l'étal morbide. Le travail de cicatrisation est entravé ; ce qui est réparé se détruit; des complications diverses (lymphangite, hémorrbagie , érysipéle, inllamination, gangrène, etc.) envahissent le foyer traumatique, y produisent un poison septique qui, ne pouvant s'éliminer par les organes glandulaires altcrés, s'accumule dans l'économie et détermine une septicémie aiguë rapidement mortelle. De son cdlé, lu traumatisme donne im coup de fouet à des lésions déjù fort graves, en

raison de leur siège au niveau de parenchymes essentiels à la vie, et précipite la terminaison fatale.

De ce qui précède, il résulte que, lorsqu'il a affaire à un diathésique, le chirurgien, avant d'opérer, doit peser avec la plus grande attention les indications et contre-indications, choisir le moment favorable pour intervenir, et instituer un traitement médical anti-diathésique qui sera continué après l'opération. Ajoutons que le choix du procédé opératoire et de la méthode de pansement a une importance capitale, et mérite la plus grande attention.

Pour étudier Tinfluence réciproque des états morbides et du traumatisme soit accidentel, soit chirurgical, nous adoptons un ordre quelque peu différent de celui qui a été suivi jusqu'ici, en faisant une classe à part des maladies nettement infectieuses que nous divisons en aiguës et en chroniques. Ces affections ont, en effet, une étiologie spéciale bien connue pour un certain nombre d'entre elles, encore à l'étude pour les autres. Il en est qui se généralisent d'emblée et toujours; d'autres marquent plus de tendance à la localisation ; mais elles peuvent également se généraliser sous l'influence de causes variées parmi lesquelles le traumatisme joue un grand rôle.

lo Maladies diathésiques : Arthritisme (herpétisme, goutte, rhumatisme) (1) et cancer.

(1) Le rhumatisme articulaire aigu est regardé comme une afiection parasitaire par Klebs; il présente une symplomatologie qui a une grande analogie avec celle des maladies nettement infectieuses (état puerpéral, scarlatine, etc.), mais il n*est ni épidémique ni contagieux.

DN listons TRAUIUTIQUES COMPUQL'EES

2" Dysirophi'-s consHtiititimiflUs fjarroutl) : DialiMe, scorbut et purpura, leucocythémie et lièmophilie.

3" Maladies infectieuses : 1" aiguës (fièvre typhoïde (1), scarlatioe, rougeole (2), variole (3), pacumonie (4) ; 2" ckroniqufs (tuberculose (bacille de Kocli), sîTihilis et paludisme (dont l'agent infectieux n'est pas encore bien connu).

4" Maladies chroni(]ws: AITections du système nerveux, du rein (albuminurie), du cœur et du toie (3).

5" Maladies aiguës, intercurrentes: Embarras gastrique, angines, pleurésie.

6« Intoxieatiom, Phosphorisnie, arsenicisiiic. hydrargyrisme. saturnisme, morpliiiiisme cl alcoolisme.

i* Maladie» diathésiqui

L'arthrittsme (Bazin) comprend deux él<ils

^V L-ai

^^^^ft (1) C'est k Ebertb que l'on doit la premif.TE ilescriplion rxi ^^^^■écUIiv d«s la tkbvrB typhoïde.

^^^^1 (S) L'ag«al inipctieux Av In TotigtoU et ite la Karlatîtir n ^^^^^neocv bim ilAtrrmiiuï {Voir .- î» Semaine mMicale. 18 oct. 1N87, p. 12f . Keehrrches tur te bacille de la gearlattne. et in Cutnpte*-ren/lu» de l'Aeiul. de» Seienee». oct. 1887, RecKerehe» twr l'origine animale bovine de la tfarlatine],

(3) Les mirrohrs varioliiiiiM (licrils jiar Kùhpr, Weîgprt, Cumil et Babés, etf.. onl élé inoculés avM sufcH par Barogiti ISuU'esten^a drl fonlagio i-ajohso et su allri puntt netla eïiologia e detla patogenesi del rnjoh) (Gaz:, degli osp. IHHfi).

(i) t.rs mhpn-lies •]» Frlf^llvailer (1X82), Talanion |INKI), ek.. nal démonlr^ la natur-v iiiicrubienne de lu pneumonie libriDeitw. Cepeadunl quelques auteurs adinelleot eneore iin>- (orme |ilile)|;nuisiqiie simple Hallopetiu . etc.).

>) Certainni néphrites (Ch. Boucliard et Comil) cl cndorimlil'^ Bnlnot dans la classe des maladies inlecUeusn aisiië».

350 patiiologif: chirurgicale générale

siques (goutte et rhumatisme) fort semblables dans plusieurs de leurs lésions et de leurs symptômes, pouvant, d'ailleurs, évoluer séparément ou coïncider; et un troisième (herpétisme), dans lequel prédominent des manifestations sur la peau et les muqueuses (Verneuil).

l® Herpétisme. — C'est à la suite d'opérations portant principalement sur les organes génito-urinaires (taille, circoncision, ovariotomie, etc.), que les exanthèmes (rash, scarlatine, etc.) et les dermatoses d'origine traumatique ont été remarquées et mentionnées d'abord incidemment par Civiale, Scanzoni, et surtout par les chirurgiens anglais (Maunder, Lee, Spencer Wells, J. Paget, Harrinson, etc.), soit à la Société pathologique de Londres (1), soit dans les journaux périodiques (2). En 1868, dans une revue clinique (3), Verneuil signale l'apparition d'éruptions diverses (érythème simple, papuleux, etc., zona gangreneux, urticaire, etc.) au cours de la pyohémie comme présageant une terminaison fatale ; et, successivement, de nouvelles observations de dermatoses septicémiques (pyohémie, infection putride, infection puerpérale, intoxication urineuse, etc.) sont publiées, avec la même signification pronostique fâcheuse, par Champouillon, Braidwood, Tremblez (4), Bristowe,

(1) Médical Times and Gazette, Dec. iH(î3.

(2) Brit. Méd. Journal, 1863 et 1864.

(3) Verneuil, Des symptômes cutanés dans la pyohémie {Gaz. hebd. p. 7^, 18(»).

(4) Tremblez» Des éruptions cutanées survenant dans le cours des affections chirurgicales {Gaz. hehdom., 1870 et th. de Paris, 1876).

Reynes, DupUy (1). Gousset (2), Terrillon (3). Bryant. Aillas (4), Géneix (3).

En 1873, parait le mémoire de Verneuil sur l'herpès trauraa tique (6), suivi, â quelques auaées de distance, des thèses de Bertrand (7), Maupetit, Roux (8),

' Frilet (9), sur le même sujet: de celles de Picaud (10), Tremblez ; des notes, articles ou communications de Peter, Dieulaloy, Ferrand, Verneuil (11), Laveran, etc.,

[ sur les différentes dermatoses (urticaire, eczéma, érythème ecarlatiniforme, etc.), dans leurs rapports directs ou

r indirects avec les lésions traumatiques.

A l'exemple de M. Picaud, nous diviserons, au point

I de vue palhogénique, les dermatoses consécutives aux

h lésions traumatiques en quatre catégories :

i" Les éruptions dues à la lésion directe d'un nerf

[ (plaie, contusion, compression, etc.) : bulles, vi'.'ienlen.

{I) Daplay (Archiv gén& de Xédtdw, 187*). (S) Cnussrl, Contribution à l'élwU A'érupt\Q<M eulunéfn itan* Irt matadUt ekirurg. (Th. de Paris, ISTti), CM Terrillon. AoK et ob»trvation pour serrir à thittotre de» ' Awptions cutanée» dan» le cours de» affections teipticémiquea chirurgicale» {Fratxee UMicale. 1877).

lil AuIhs. Sur ('S énipliont neptieémiijues (Th. d« Paris. )S78>. I.ll lîénpix, ttf» éruptions cutanées àana l'inf. puerpérnle, et m particulier de lérylkhne polymorphe (Th. de ParU. 1883).

') Verneuil, De l'heriiès Irauniatîqae (Mémoires de la Soc. dt I Biolog.. <X7J).

(7) Bertrand. Zona ou herph Iraumalique (Tli. Paris. 187S). (»( Roux, CoAlrib & l élude de I herpès traumatique {Th.Pari^, l«7!l|. (0) Frilel, Contrit, à l'étude des manif. herpél dans, leur» rap- |yor(« avec le iraumalisnu (Tb. pHris, I8SD).

(10) Picaud. Cm éruptions cul. eontétut- aux lésions Iraiimaliqwt \ (Th. Pari». 1875).

(11) VenieuU iHémoirt» de Chirurgie. I. IV, 1886).

etc.. Ces dermatoses, dont nous avons déjà parlé dans un chapitre précédent (voir page 216), se montrent après plusieurs semaines ou plusieurs mois, sur le trajet du nerf, périphériquement à la solution de continuité, et ont une évolution spéciale sur laquelle nous n'avons pas à insister.

29 Les éruptions par action réflexe (urticaire et herpès à distance) apparaissent dans une région quelconque quelques heures après le traumatisme opératoire (ponction de kystes hydatiques du foie, circoncision, etc.) ou accidentel sans occasionner de lésions de la plaie, et disparaissent généralement très vite.

30 Les dermatoses diathésiques (eczéma, herpès, érythèmes (simple, circiné, papuleux), zona, psoriasis, prurigo, ecthyma, etc.), provoquées ou rappelées par le traumatisme chez les syphilitiques et surtout chez les herpétiques, siègent de préférence sur les parties découvertes et débutent souvent par la région blessée, plus rarement à distance et périphériquement (Esmarch , Verneuil). S*il existe une éruption contemporaine de la blessure, celle-ci lui donne un coup de fouet et Taggrave.

Ces éruptions diathésiques sont le plus souvent précédées de prodromes fébriles, de troubles digestifs (langue saburrale, inappétence, nausées, vomissements), et, parfois, d'accidents nerveux qui pourraient faire croire à la menace d'une complication grave ; mais en même temps se montrent du côté de la plaie des phénomènes caractéristiques, et bientôt l'éruption apparaît, évoluant d'habitude comme si elle était spontanée, c'est-à-dire favorablement. Elle peut cependant se repro-

DBS LÉSIONS TBALtUATtQUES COMPLIQUÉES

Idnire à diverses reprises (observ. de Veraeuil); guérir d'un cAté pour s'étendre ailleurs, lés ac( d'à hyi

L'influence réciproque de l'état diatbésique sur la lésion traumatique se traduit par des symptômes bien accusés, permettant au chirurgien attentif et exercé d'annoncer une prochaine éruption herpétique.

A côté de bourgeons charnus normaux, d'autres sont hypérémiés, œdémateux, et la membrane granuleuse présente par places des tacbes ecchymotiques, des ulcérations à l 'emporte-pièce, ou des plaques blanches, adhérentes, d'aspect diphtéroide; la suppuration diminue ou se supprime. Toute la surface de la plaie congestionnée est le siège d'une hypcresthésie des plus vives, iatermitteute ou continue, en même temps que des névralgies, des spasmes ou des contractures se produisent à distance, et qu'un gonflement luisant et violacé s'étend plus ou moins autour de ses bords (W. Mitchell). 4" Des éruptions seplicémiques (érythèmes scarlatinilorme ou simple, urticaire, etc.), qui sont précédées d'un

[frisson intense et des autres signes des infections septicé-

'viiques se manifestent chez les opérés, les blessés, chez les lenimes en couches dont le sang est intoxiqué par le

'pus ou par le ))0Json septique, et présagent la termi-

'naison fatale (I).

354 PATHOLOGIE CHIRUHGICALE GÉNÉRALE

pas, d'une manière sensible, influencer défavorablement la réparation des plaies accidentelles et des fractures, ni celle des plaies chirurgicales (taille), à condition, bien entendu, que les blessés ou opérés ne soient pas arrivés à la période cachectique de ces deux afiections. Dans ce cas, en effet, les goutteux, par exemple, sont souvent en même temps glycosuriques, albuminuriques, etc., et exposés aux hémorrhagies, aux inflammations difiuses graves, aux accidents septiques, aux phénomènes d'adynamie et de coUapsus que Ton observe dans les états cachectiques, en général. Toutefois, des accidents particuliers ont été décrits dans la zone traumatique, comme étant sous la dépendance directe de ces deux états diathésiques : ce sont, pour le rhumatisme, différentes éruptions (urticaire, érythème noueux, etc.), des inflammations aiguës et douloureuses des téguments, à la suite des plaies superficielles (Paget) (1), des épanchements séreux (hydarthrose, synovites), les lésions de Tarthrite sèche et de Tarthrite plastique, à la suite de contusions ou entorses des jointures ; et, pour la goutte, des congestions violentes simulant l'inflammation franche (pseudo - phlegmon) , l'arthrite goutteuse avec productions tophacées, l'exubérance du cal, à la suite des fractures , etc. Des congestions hémorrhagiques accompagnées de douleurs névralgiques fixes ou fugaces, intermittentes, rémittentes, irradiées (Berger, Verneuil), certains néoplasmes, etc., sont d'autres manifestations de ces deux formes d'arthritisme.

(1) J. Pajel, On goui in some of ils surgical relations {Brit. medic. J., 1875).

LtHSIOXS TIt A UMA TIQUES COMPUQI'E

Chez les goutteux opérés de la cataracte, il survient ' quelquefois des complications qui oot été signalées A plusieurs i-eprises et en particulier par W. Budd, Galézowski (1), etc. Du 3" au 8° jour, au moment oi'i la plaie se trouve presque entièrement réunie, la cicatrisation déllnilive peut éli-e entravée par une iritis avec h)-phœma et chémosis séreux.

Enfln, en raison de leur état graisseux et de leur

fragilité (Garrod), les os des goutteux âgés semblent

prédisposés à des fractures spontanées, mais les quelques

faits relevés par les auteurs (Matgaigne, Gnrit, etc.),

I paraissent plutôt dépendre de l'osléoporose sénile.

Les observations ne font pas défaut pour démontrer I le rappel d'accès goutteux ou d'accidents rhumatismaux I (arthrite aiguë mono ou polyarliculaire, rhumatisme I Doueux. névralgies, cystite, etc., sous l'influence du j traumatisme (Scudamore, J. Pagel, Watson, Charcot (2), ' Potatn, Verneuil (3), Besnier (4), Desprès, etc. ; à

la suite d'une contusion articulaire ou d'une entorse, I aussi bien qu'après une fracture, une luxation, une

opération importante (ablation de tumeur, taille) (5), etc.,

Il) GbuU. Df l'influeiut de la goatU sur Ici alTectioni et opération» de fait (Th. de Paris, IS«I).

|â) P. Foiirnit'r. Influence de iraamatiniiie aur tes vianifeetalitmg \ 4e la dialhfte rhumatitm. (Th. di^ Paris, 1878).

(3) Vrmeiiil, Dv rhumattëme dan» tet rapport/ avec le iraHmal.

i (Bititet. de l'Acad. de MM.. I87(J). — ArthritUme et trattmal. (Ketue

i*.,d* KM. ei de Chirurg., 1B79. — Itarbe. De finfluenee du

traum. sur le rhumat. art. aigu (Th. dr Pari». 1885).

(*) Besnwr, Art. Bhtimat. {Diet. Eneycl. de» Sciences méd.J.

(5) Coiirly, Sur le» manifeitation» du rhum et de la goutte ektt

I h» caUuteur. à la mite de l'opération {Bull, de t'Acaà. de UAL, 1B76).

OU minime (ponction d'hydrocèle , extraction d'une dent), une piqûre de mouche (Heberden), la section de Tongle du gros orteil (Scudaroore), un panaris, un phlegmon.

Le plus souvent, ces manifestations restent localisées dans l'articulation directement blessée ou proche du point traumatisé (observ. de Charcot, Potain, etc.); mais, parfois, elles se généralisent à toutes les jointures ou bien se portent sur les articulations au niveau desquelles elles siègent de préférence. Dans sa thèse (1), Ferrand cite deux cas de péricardite rhumatismale chez une dame opérée du sein et chez un malade contusionné à la rotule.

Un choc général, une entorse, une fracture, peut aussi déterminer la première manifestation de rhumatisme dans des organes ou des articulations jusque-là indemnes, et dans ce cas, lorsqu'il s'agit d'une entorse du gros orteil, par exemple, le chirurgien peut être induit en erreur et faire un faux diagnostic. Enfin, le traumatisme peut frapper une jointure actuellement atteinte d'arthrite rhumatismale subaiguë, comme dans l'observation de Berger (loco citato), et provoquer une attaque de rhumatisme articulaire généralisé.

D'ordinaire, l'action du traumatisme est pour ainsi dire immédiate ; l'arthrite ou les autres manifestations diathésiques (névralgies, péricardite, etc.) se montrent au bout de quelques heures; mais, l'évolution peut être plus tardive (quelques semaines), et il existe des

(1) Ferrand, Contribution à l'étude de la péricardite rkumat. (Th. de Paris, 1880).

iSIONS TRAUHATIQUES COHPUQUÉES

faits dans lesquels, le trauma crée un locus minons resistentiœ où la goutte et le rhumatisme ne feront qu'ultérieui-ement leur première apparition.

Au point de vue symptoma tique, l'attaque rhumatismale d'origine traumatique évolue comme une attaque spontanée, lorsque la contusion a porté sur la jointure qui en est le siège ; mais, d'autres fois, on n'a alfaîre qu'à des douleurs vagues, rhumatotdes au niveau de l'articulation voisine du point blessé, ou bien à des névralgies disséminées irrégulièrement en diOërentes régions.

Nous verrous plus loin que, pour le professeur Verneuil et ses élèves (thèse de M. Ricard), la diathèse cancéreuse n'est qu'une variété d'uu état constitutionnel plus complexe (diatliése néoplatique), laquelle est sous la dépendance de l'arthritisme ; et c'est à propos de l'étiologie et des indications opératoires des tumeurs en général, que nous devons surtout parler des rapports qui exislent entre le traumatisme et les néoplasmes.

. Aussi, nous en liendrons-nous ici à quelques considérations particulières sur l'influence réciproque du cancer et des lésions traumatiques (t).

11 est incontestable qu'une violence extérieure, une

I contusion, par exemple, en altérant des tissus prédisposés par la diathèse néoplasique maligne, peut donner

(I) l« ClRK, Contution et néoplat . tumew* (Th. de Paris. 1»»).

; de la pn'ûinpiisiliiiT

358 PATUOLOGIE CHIRURGICALE GÉNÉRALE

naissance, in situ, à un cancer, et cela avant ou peu de temps après la guérison du foyer traumatique (Broca, Verneuil, Paget); la statistique de Langenbeck accuse cette influence pathogénique dans la proportion de 14 p. 100.

Lorsque le traumatisme accidentel (froissement, contusion) ou chirurgical (dans une opération incomplète), atteint directement une masse cancéreuse, celle-ci prend rapidement un accroissement considérable ; de même le traumatisme à distance, le plus bénin, une fracture simple de jambe, par exemple, aggravera rapidement un cancer viscéral jusque là latent, hâtera la généralisation et entraînera la mort en fort peu de temps (1). Chez une ancienne opérée du sein par M. Weiss (de Nancy), une fracture du fémur a marqué le début d'une récidive suivie de mort en Tespace de trois semaines (2). C^est aussi par la même action excitatrice à distance que des ganglions petits et indolents avant Tablation d*un cancer se tuméfient aussitôt Topération et bientôt s'ulcèrent. Toutefois, Tintervention chirurgicale semble, dans quelques cas, arrêter les progrès de la généralisation, mais cet arrêt n'est que momentané et la cachexie apparaît d'autant plus vite que l'opéré a perdu plus de sang, ou que la plaie opératoire a suppuré plus longtemps.

(1) De l'aggravation dett propathies par le tranmatisme, par A. Verneuil {Revue de Chirurgie, 1884). — E. Schwarlz, Faits pour servir à l'histoire de l'influence du traumatisme sur les diathèses {Revue de Chirurgie ^ 1884).

(2) P. Simon, Des fractures spontanées (Th. d'agrég., 1886).

Chez le cancéreux qui possède encore des viscères

sains, les opérations précoces et largement exécutées

réussissent généralement; le travail de réparation évolue

bien et Ie3 cicatrices solides sont respectées par la

kidive; nous en avons tous les jours des exemples,

i c'est à peine si l'on observe quelques complications

^us ou moins importantes (rappel de la goutte, du

iiumalisine, de névralgies, etc.). Mais il n'en est plus de

l:méme lorsque les viscères sont atteints de dégënè-

trescence, soit cancéreuse par suite de la générali-

|sation, soit graisseuse par suite de la cachexie; la

t plus petite opération, la moindre blessure peut entraîner

lone lerininaisoi) fatale, ainsi que nous l'avons dit plus

■lisut. Dans ces cas, la mort survient souvent très rapide-

(Btent sans complicalious locales autres que l'absence

phénomènes réparateurs; l'opéré pris de fièvre

tnlense tombe dans l'adynamie et succombe par épui-

lemmit. D'autres lois, au contraire, le cancéreux est

ii|>orté par la septicémie, la pyohémie, un érisypële

^rave, etc.. ayant son point de départ au niveau de

lia plaie opératoire (Ij.

Parmi les Iractui-es s|K>ntauée8 les plus (réqueutes, ftflgurent celles que détermine la diatUëse cancéreuse. l'D'aprés les slalistiques publiées par Gurlt et Boichox (2), l'ces fractures s'observent à la période de cachexie, et

(1) Munier. hpuencf de» étati contlihUi'yMittt r ^titeérales sur le traumatUme, »oit aeeidentel,

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