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DOCILES

envahir la cicatrice (Delpech, Zeiss), BoIpv) (I). Si la plaie siùgo sur l'induration spécificiiie ni^me, il y a relard dans la guérison, jusqu'après la disparition de rinfiltralion.

A la période des manifestations secondaires, les plus l^res excoriations de la peau, les plus miniaies solutions de continuité peuvent se transtonner d'emblée en ulcérations spécifiques ; les plaies par instruments tranctiants, les plRies contuses, tantùt présentent des complications (liémorrliagies, tntlamniation, gangrène et névralgies, etc.), suppurent, s'ulcèrenl, et ne guérissent pas ; d'autres fois la cicatrisation i|ui a une évoUilion normale, se modifie tardivemeni, s'arréle et prend l'aspect d'une syphilide ulcéreuse. Par contre, J.-L. Pelit, Langenbeck, Thomann, Dusterlioiï, Neudorfer, etc., ont vu chez des syphililiquos en pleine floraison des accidents secondaires, des plaies d'amputation, des plaies par armes à (eu, etc., guérir sans aucune complication et diins le même espace de temps, pour ainsi dire, que chez des individus sains.

La période tertiaire comprend la plus grande partie de la durée de l'intoxication syphilitique, et, â cette phase, tout l'organisme est susceplible d'être atteint par le mal ; aussi faut-il s'attendre à voir le traumame accidentel ou chirurgical faire sentir son influence aussi bien sur les parties superficielles que sur les parties profondes, sur les parties molles que sur le squelette. Les observations relatives à la marche des

(t) Ikilpy. Ilr t'inpufncf d« traiirnieitt imiiiM%at du cltancre » l'^olution ticondaire de (a lyphilis (Tli. tlf Ntncy, I8H3).

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lésions traumatiques chez les syphilitiques qui ont des manifestations tertiaires au moment même du traumatisme sont assez rares. Nous trouvons cependant plusieurs cas d'ulcération de gommes incisées dans la thèse de Jannot. Dans l'observation de Guillemin {Gazette hehiL, 18G3), le malade porteur de tubercules cutanés, qui se fait soigner pour une ulcération insignifiante du talon, ne voit celle-ci se cicatriser qu'après Tinstitution d'un traitement spécifique. Mais c'est surtout pendant la longue période latente de la syphilis (ju'on a l'occasion de rencontrer le traumatisme sous toutes ses formes, et que l'on peut apprécier le retentissement sur celui-ci de la maladie constitutionnelle. Cette étude est en même temps pleine d'enseignements pour le chirurgien appelé à intervenir pour remédier aux pertes de substance créées par la syphilis.

A cette période, comme à la période secondaire, les plaies traumatiques ou opératoires peuvent évoluer normalement et ne pas réveiller la diathèse, surtout lorsqu'elles siègent dans des régions qui ne sont pas des lieux d'élection de la syphilis. Hallopeau (loco citato, p. 28), dit avoir vu des plaies contuses, parmi lesquelles un bec de lièvre traumatique, se réunir par première intention chez des syphilitiques en pleine évolution secondaire. Verneuil, Friedberg, Folinea, Magiotti, ont fait avec un plein succès, chez des syphilitiques avérés, des opérations de cheilorra[)lne, de rhinoplastie, d'ablation d'un carcinome du sein, d'éh'phantiasis des grandes lèvres, etc. D'autres fois, au contraire, le traumatisme

DBS LESIONS TRAUMATIQ0E8 CKUPLIQUEES

sot

appelle la syphilis et le travail de réparation s'arrête, ou bien la plaie cicatrisée (oui d'abord par première intention s'ulcère tardivement et devient le siège de chêloïdes, ou bien encore la surface cruenlée prend d'emblée la forme ulcéreuse ou se transforme en gomme syphilitique. Billroth, Jobert de Lamballe, Verneuil, etc., ont vu ainsi plusieurs opérations d'autoplastie échouer complètement ; dans ces cas une médication appropriée a toujours amené une amélioration notable dans la marche de la cicatrisation, et a permis d'intervenir de nouveau avec de bons résultats. De là la nécessité d'un traitement spécifique longtemps continué, et la disparition, depuis six mois au moins, de tout accident avant d'opérer un malade qui a déjà présenté des manifestations syphilitiques (Vemeuil).

Un des sièges d'élection de la syphilis et sur lequel le chirurgien ne devra porter l'inslrumenl qu'avec une extrême prudence, c'est l'iris. Une îridectomie pratiquée par M. Abadie trois mois après la disparition des accidents échoua complètement et fut suivie de complications graves. Une deu.\iéme opération ne réussit qu'après un nouveau traitement des plus sérieux et une nouvelle attente. Cependant Bos (1) parle d'une cataracte opéi-ée en pleine période d'accidents secondaire sans qu'il en soil rêsullé aucune entrave à la guérison.

Enfin, lor.'^que les syphilitiques sont porteurs d'allèralions viscérales graves (cerveau, rein, (oie), les lésions

(1} Doa. Dr» ealaratUn nyiiMiUque^ (Th. de Bordeaux, 1684).

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traumatiques s'aggravent en général de toutes les complications (héniorrhagies, gangrène, etc.), communes aux divers états cachectiques.

Si la syphilis secondaire ne parait pas exercer à elle seule d'influence fâcheuse sur les lésions traumatiques des os, il est incontestable que la syphilis héréditaire et la syphilis tertiaire favorisent la production des fractures et jouent un rôle important dans leur consolidation. Les lésions osseuses de la syphilis héréditaire, peu connues il y a trente ans, bien qu'entrevues par Valleix, ont été surtout étudiées par Parrot, Wegner, R. Taylor, et dans ces dernières années par Fournier, Lannelongue (1). Parrot distingue deux ordres différents de fractures. Jusqu'à l'âge de trois ou quatre mois, on les observe dans le voisinage de la ligne chondro-calcaire de séparation de l'épiphyse et de la diaphyse, et comme dans le décollement épiphysaire, les symptômes sont ceux d'une pseudo-paralysie (Thèse de Patey, Paris 1878). A un âge plus avancé, la solution de continuité siège à la partie moyenne de Tos et s'accompagne en général de peu de déplacement. C. Pellizzari et Taflani ont observé des fractures spontanées des côtes ; Hutchinson, Parrot, Waldeyer, etc., la fracture de l'humérus, de beaucoup la plus fréquente ; Volkmann, une fracture du radius, et Lannelongue une fracture du maxillaire inférieur. Ces fractures spontanées, dues à des productions gomnveuses ou à des ostéopériostites suppuratives (cas de Lannelongue), guérissent quelquefois

(1) Lannelongue, in Bull, de la Soc. de Chir., 1881, el tfi Th. de Celle, Paris, 1884.

DK9 LEH10H8 TRAUMATIQCE5 COUPLIQUBÏ

SOUS l'iuHuence d'un traitement approprié. Mais on peut aussi les voir suppurer et ue pas se terminer si favorablement. En dehors de ces cas de fractures spontanées, on peut encore observer chez les oouveau-ués eyphili tiques héréditaires des fractures trauniatiques qui se consolident dans un temps normal.

Parmi les lésions que détermine la syphilis acquise au niveau du système osseux, nous citerons l'ostéite et l'ostéomyélite gommeuses localisées qui prédisposent à la fracture spontanée des os longs (humérus, fémur, radius, cfltes). Cet accident que l'on a longtemps, sans preuves anatomiques à l'appui, attribué à une sorte d'atrophie et de fragilité généralisées à l'ensemble du squelette (Vcnot), serait plus souvent, d'après de récentes recherches (1), le résultat d'une lésion locale (ostéite gommeusc, raréfiante), ainsi que l'avaient soupçonné Volkmann, Lanceraux, etc. il résulte cependant de nouvelles expériences de Charpy que, dans la syphilis tertiaire, le squelette présente en dehors des lésions gommeuses, un certain degré de fragilité. Des péronés absolument sains se sont brisés sous une pression de moitié moindre que celle à laquelle ils cèdent chez un sujet non syphilitique (Lannelongue). Quoi qu'il en soit, les fractures s|<ontanées sont assez rares chez les syphilitiques; il n'en existe qu'une quarantaine d'observations appartenant pour la plupart à la période tertiaire de la maladie; ces fractures sont parfois mul-

(1) Diiltar (Th. il'agn^.. Paris. ISKI). — Gangolphr, OiUomyiliU gomwfmt de» o« Inngii. Paris. IBfô. — Perret (Th. du Lyon. I8&^). - Prévost (Th. de Lille, im\). —P. Simon ITb. d'agrég. diji cil«>').

tiples ; sur 39 malades on a relevé S2 fractures (Gangolphe).

Si quelques faits concluants établissent que par la simple immobilisation et sans traitement spécifique» des fractures chez des syphilitiques à la période latente se sont consolidées à peu près dans le même espace de temps que chez les sujets sains (Bérenger-Féraud, Cazenave, Despré^, Folinea, etc.), d'autres faits de non consolidation démontrent aussi que la syphilis empêche ou retarde le travail de réparation (Lannelongue), en cachectisant l'organisme et en altérant localement le foyer de la fracture (ostéite et ischémie par oblitération des vaisseaux). La statistique de Gangolphe mentionne 6 cas de pseudarthrose et 4 cas de suppuration * du foyer de la fracture. Dans le cas de fracture compliquée, la syphilis ne modifie parfois en rien l'évolution de la plaie, mais le plus souvent celle-ci prend le caractère de Tulcère spécifique. D'autre part, contrairement à l'opinion des anti-niercurialistes (Wirchow, Gurlt, etc.), pour qui le mercure est coupable non seulement de la fracture mais aussi de sa non-consolidation, les chiffres prouvent que, grâce au traitement spécifique, les pseudarth roses ont marché rapidement vers la guérison, et que des fractures traumatiques n'ont guéri que par le traitement interne. Ajoutons enfin (ju'un point fracturé constitue un hcus minoris resistentiœ, sur lequel pourra se manifester de préférence, un jour, l'intoxication syphilitique à ses différentes périodes.

DES LÉSIONS TRAl-MATIIÏUES COMPLIQUÉES

4or.

Le traumatisme accidentel (morsure) ou opératoire (saignée, vaccine, ventouses scarifiées), sert quelquefois <)e porte d'entrée à la syphilis, mais son iniluence doit être surtout envisagée lorsqu'il atteint un syphilitique qui se trouve en puissance d'accidents spécifiques secondaires ou tertiaires, ou, au contraire, dans une période latente de la maladie. Dans la première alternative, la lésion traumatique détermiue une poussée el aggrave les manifestations existantes ; dans le second cas, la diathèse se réveille sous la forme d'accidents secondaires ou tertiaires, au niveau du foyer traumatique même (i)ériostose , gommes , etc.) ou bien au niveau des éléments anatoiniques de nouvelle formalion et du vitalité amoindrie qui constituent les tissus de cicatrices dans d'anciens foyera traumatiques ou inflammatoires. Parmi les nombreuses observations signalées dans les travaux relatifs au sujet qui nous occupe, il nous suffira de citer le fait suivant rapporté dans la ttiëse de L.-H. Petit. Chez un vieillard de 8S ans qui se luxe l'épaule, la syphilis restée latente pendant plus de soixante ans se manifeste par des plaques de rupia à la région deltoïdienne (Verneuil). Dans une autre Bérie de faits beaucoup plus rares et moins probants, l'intoxication s'est manifestée à dislance et sous forme d'accidents généraux (ecthyma (Cazcnave, Merkel), gommes sous-cutanées (Verneuil. Gross, etc).

La diathèse réagit sous l'influence d'un léger trau-

latîsroe comme une piqûre de sangsue, l'application d'un vésicatoire (Cazenave) et la piqâre de la seringue

! Pravaz, mais beaucoup plus fréquemment cependant

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SOUS raction d*une grave opération (autoplastie, amputation, etc.) ou d'un violent traumatisme (fracture, contusion, etc.). Les accidents apparaissent généralement entre 3 et 20 jours, évoluent de même que s'ils étaient survenus spontanément et cèdent facilement au traitement approprié. Certaines syphilides, les ulcérations des gommes, en particulier, sont pourtant plus rebelles.

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