‹ Elements de pathologie chirurgicale generaleChapitre 89 sur 135 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

DOL'LEIR ET NÉVRALGIES TRAUMATIQUES (I)

Nous avons dit, en traitant de la symptomatologie des lésions traumatiques (voyez pages 206 et suivantes), que l^cuité de la douleur était en rapport avec la nature de Tagent vulnérant, avec les conditions dans lesiiuelles se produit le traumatisme, avec la richesse en filets nerveux de la région blessée, et enfin avec Tétat général et la sensibilité propre du blessé ; que cette douleur diminuait plus ou moins vite pour disparaître ooinplèlenient au l>oul d'un temps variable.

Comme pour lliémonhagie, la persistance et la violence du phénomène douloureux constituent une complication sérieuse du Iranmalisme. Ces douleurs qui sont souvent localisées au siège . même de la lésion traumalicjue, peuvent aussi se montrer sous forme d'élancements sur le parcours de lilets nerveux en communication directe ou non avec la région blessée: de plus, elles revêtent fréqueuîment la forme périodicpie; de là le nom de néiralijics traumatiques qui leur est communément donné. On distingue des névralgies traumatiques primitives et secondaires; ces der-

(1) Niraiso, De la névralgie en général (Encyci intern. de Chir., t. III, 1884).

uiëres, bien étudiées par le professeur Verueuil, se subdivisent comme les hémorrhagies en pivcocus et en tardives.

La persistance de ia doulviii' liée au traumatisme est due le plus souvent à la lésion d'un nerf ou à présence d'un corps étranger daus le foyer traumatique. Moins souvent que dans les névralgies secondaires précoces, les phénomènes douloureux alTectent la forme intermittente et prêsenlent des irradiations périphériques. Parfois, on no constate qu'une hyperesthésie limitée à un |x>int de la plaie avec des exacerbH lions provoquées par le moindre contact.

Les névralgies xecoiidaires pr^cocfx surviennent ordinairement un certain temps après la disparition de la douleur primitive, quand le travail de réparation commeuee. Le professeur Verneuil n'attribue qu'une importance secondaire dans leur production aux conditions locales de la blessure, à la rélention du pus ou du sang, à l'inflammation exagéi-ée du foyer traumatique, jar exemple, parce que les douleurs ressenties dans ces cas ne prennent pas l'allure de névralgies, et que, d'autre part, les conditions locales iudiquées ci-dessus font défaut dans nombre de véritables névralgies précoces. On ne saurait nier cependant l'irritation produite dans ces conditions sur les fibrilles nerveuses, aussi bien que par le fait de l'application d'un panscinuut défectueux. Une inlluenee mieux démontrée serait celle du tem- I)érament nerveux, de névralgies antérieures au niveau du point blessé, d'anlécédenis rhumatismaux, herpétiques, syphilitiques, et d'empoisonnement paludéen.

518 PATHOLOGIE CHIRIRGICALE GÉNÉRALE

La douleur moins vive dans la névralgie secondaire précoce (|ue dans la névralgie primitive se manifeste dans la première semaine qui suit le traumatisme, sous (orme d'accès le plus souvent irr^uliers, parfois aussi nettement intermittents.

Les phénomènes douloureux consistent dans des pulsations, des brûlures, des élancements, des piqûres, parfois du prurit, etc. Us se manifestent le plus souvent dans le foyer traumatique et périphériquement dans un territoire plus ou moins étendu; dans d'autres cas, la douleur locale est séparée d'irradiations névralgiques à distance par une zone indolente ; parfois, mais exceptionnellement, la douleur est exclusivement localisée au foyer traumatique ou bien elle ne se manifeste qu*à distance; ou bien enfin, comme chez les névropathes, elle est à la fois localisée, distante et périphéri<iue (Verneuil, Mémoires de chirurgie, t. III).

En outre des phénomènes généraux communs à toutes les formes de névralgies traumatiques (insomnie, embarras gastrique, fatigue, nervosisme, etc.), les névralgies secondaires précoces se compliquent fréquemment de spasmes et de contractures, ou bien d*hémorrhagies légères, parfois même d'un état diphtéroïde des bourgeons charnus, en même temps que des poussées herpétiques apparaissent dans le voisinage.

Les névralgies traumatiques secondaires tardives se montrent après que le travail de cicatrisation est achevé, quelquefois même un grand nombre d'années après Taccident, et, dans ce dernier cas, spontanément ou à la suite d'un nouveau traumatisme (contusion,

DKa LÉSIONS TI1AUHAT1QUIIS COHPLIQl'KES

clioc, pression de la cicatrice). Ces névralgies, oxlri*mement douloureuses procèdent par accès irr^^uliers {que semble favoriser riminidïté de l'atmosphi-re), à («ine interrompus par une rémission, s'irradient dans le voisinage et s'accompagnent de spasmes, de contractures parfois généralisées (Weir-Mitcbell) ; on a aussi observé des lésions tropliltines di' Ui cicatrice ou du voisinage.

Dans certains eus le point de <iépart de lu névralgie parait Ctre l'inclusion des filets nerveux dans une cicatrice vicieuse, dans un cal, un névrûme, ou bien la dialhèse rhumatismale et l'influence paludéenne.

D'une façon générale, le pronostic des névralgies traumatiques n'est grave que dans la forme secondaire tardive, à cause de l'existence de névrite ou de lésion des centres nerveux.

Le traitement médical ou palliatif devient véritablement cnratif lorsque la névralgie traumatique est sous l'inlluence de l'intoxication paludéenne ou de la diatiiëse rliumatismale par exemple. Ici te sulfate de quinine et le salîcylate de soude donnent d'aussi excellents résultats que l'ablation d'un corps étranger, le changement d'un pansement irrilant. l'excision d'un névr6me, la résection, l'écrasement ou t'élongation d'un nerf dans d'autres cas où l'on peut ainsi faire disparaître la cause de la maladie. Mais lorsque la névralgie est liée à des altérations des centres nerveux, toutes les médications échouent et l'on en est réduit  l'emploi I des calmants, parmi lesquels les injections hy^KHlcrmi- !s de morphine et lo chloral tiennent te premier rang.

Page 1