‹ Elements de pathologie chirurgicale generaleChapitre 98 sur 135 · II. Eliolo^ie. Palhogcnie · texte numérisé non relu

II. Eliolo^ie. Palhogcnie

Nous retrouvons la plupart des causes énoncées à l'occasion (le la forme suraiguë.

Ia's l('\sions traumatiques nVentes, anfractueuses, profoiuii's, intéress<int des nagions abondamment fournies de réseaux veineux, telles que les plaies par armes à feu, les fractures exjïosées ave<* fragments multiples, celles du maxillaire inférieur, en particulier, dont le foyer est en oommuniration avec la bouche (Richet) ; Tencombrement, le séjour dans des salles habitées antérieurement par des septicémiques, un mauvais état général, le surmenage constituent les conditions les plus favorables au développement <lu vibrion septi(|ue, microbe anaérobie ; de là, la fréciucnce de cette complication chez les blessés et les opérés en lem[)sde gucTre.

Les plai(»s ran'tain's forment aussi un excellent terrain l)Our la pulréfaclion el la septicémie. Lorsqu'elles intéressenldes orgîines sécréteurs, des réservoirs ou des conduits excréteurs, telles permelleiil l'absorption des produits sécrétés ou cxirémentiliels, altérés ou non, et donnent lieu à des symptômes particulièrement graves (septicémie stercorale, urineuse, etc.) ; par contre, les plaies déjà recouvertes de bourgeons charnus, et les tissus chroniquement enllammés sont moins exposés, mais il suffit d'une minime excoriation pour donner accès aux germes putrides.

Parmi les états constitutionnels, nous citerons le diabète

lËSIONS TKAl*UATIQI'ES COMPUQUÉEfi

et l'alcooliBine qui, en prédisposant aux hi^morrhagies el au sphacèle, facilitent lii putréfaction à la surface de la plaie et par conséquent la septicémie. D'autres étals pathologiques, l'étal uritiaire par exemple, ajoutent uoe intoxication spéciale à l'empoisonnement septicémique. Longtemps cette complication a été confondue avec les autres fièvres chirurgicales, et nous avons vu dans l'historique qu'elle a en effet les plus grandes aniuilés avec la fièvre traumatique, la septicémie suraiguê et la pyohéniie. Nous avons dit aussi précédemment que la fièvre traumatique résultait du passage dans le sang d'un produit seplique issu de la putréfaction des liquides organiques de la surface de la lésion traumatique, et que cette fièvre cessait lorsque l'organisation des l>ourgeoiis charnus mettait une barrière à l'absorption de l'agent scptique (I). Que des causes variées retardent cette oi^anisatioD et facilitent la putréfaction des liquides extruvasés, la fièvre traumatique aggravée et prolongée deviendra la septicémie aiguë. Dans la forme suraiguë, il y a celle différence que les élémejits analomiques mortifiés par la violence du traumatisme sont envahis par la putréfaction en même temps que les liquides de la plaie ; de là, la gravité exceptionnelle de cette redoutable complication, On admet donc aujourd'hui, bien que des objections puissent encore être formulées, que la septicémie aiguë résulte de la pénétration (ordinal-

(1) Mmb et Hack auraienl déinonU^ récfmmeDl que MrUiint tHMiris chartiuH résorbenr avec un pouvoir varintili: ]pi mkro-or^nii>iii(« ^ Mplog^nrs ou |p« toluUons de suln[ani-ea |iuU'i(ln< IBiUrath. Path. chir.

0i8 PATHOLOGIE CHIRIRGICALE GÉNÉRALE

rement par une plaie extérieure, exceptionnellement par les muqueuses dig:estive, génito-urinaire ou aérienne) et de la multiplication dans le sang et les tissus du vibrion septique découvert par|Pasteur.

Rap])elons toutefois qu*il y a encore des partisans de rem])oisonnement du sang par les produits de la putréfaction fse[)sine, ptomaïnes ou autres alcaloïdes) élaborés ou non par les microbes. Quelle (|ue soit d ailleurs la nature des éléments septicpies, ou bien leurs solutions se diffuseront à travers les parois des vaisseaux, ou bien les vibrions passant du foyer putride dans les éléments anatomiques voisins seront absorbés par les leucocytes et pénétreront directement dans les capillaires lymphatiques et sanguins.

m. Anatomie |)atholo(;iquo.

Los lésions îmatomo-palliologiciuesde laseplicémie aiguë nont rien de bien spécial : notons une décomposition rapide du cadavre comme dans la forme suraiguë. La plaie présente un peu d'œdéme, des fusées purulentes, les lésions de Ifi phlébite, de hi lymphangite, etc., lorsque ces complications se sont ajoutées à la maladie principale. Le sang noinUre, poisseux, diflluent ressemble à du goudron ; ses globules sont crénelées, le sérum coloré par rhémoglobine décèle des bactéries (I). Les principaux

(I) ZioinHoki a toujours ronconlrê dos baclérios dans les visc<*n*s, à l'autopsie de seplieémiques, mais il les regarde comme la transformation post morten des corpuscules geruies contenus dans le sang pendant la vie (Ueitrage zur kenntniss der MicrococcencoUmien.... etc., in Zeitsch. f. Ueilknnde, 1883).

DKS LESIONS TRAUUATIQCBS COUPUQttn

viscères (orlement congestionnés présentent des sulTusious sanguines à leur surface ; les séreuses renferment de la sérosité louche, parfois du pus. La lésion la plus importante est la sléatone dissémim'e du foie (Vemeuil) qui nous rend compte des lèsious intestinales (entérite liémorrhagique), de la ditTiculté et de la longueur de la convaleeoencâ.

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